jeudi 22 mai 2008

Coussin aux herbes magiques


Ingrédients :
- deux carrés de lin de 20 cm de côté
- du fil vert
- plusieurs poignées de plumes blanches
- une bougie mauve
- un bâton d'encens à la lavande
- une tasse de pétales de roses
- une tasse de verveine
- une tasse de milleperthuis
- une tasse de lavande
- une tasse de tilleul
- une bonne once de tendres pensées.

Allumez la bougie et l'encens qui brûleront pendant que vous remplirez lentement les morceaux de tissu avec les plantes et les plumes, tout en gardant à l'esprit des images douces et paisibles ; vous pouvez également écrire une chanson pour l'occasion que vous fredonnerez pour donner plus de force au rituel en refermant soigneusement la couture.

Pas de précipitation !
Le rituel doit se faire lentement, avec application et concentration.
Quand l'ouvrage est terminé, remerciez la belle Kirielle et soufflez la bougie d'un coup.
L'oreiller de Kirielle adoucira vos nuits pendant une année entière et sera encore plus efficace si vous l'offrez à quelqu'un en gage d'amour ou d'amitié.

"Douce Kyrielle, la bien nommée,
Mère des soupirs légers
Et tendre soeur de la voie lactée,
Que ce charme clairet
Tisse des liens argentés
Vle Royaume des belles gens
Et des Coeurs apaisés.


Les Pillywiggins


Dame, ne cueillez plus de fleurs.
Pourquoi Janet couper la rose
Si belle aux feuilles des buissons,
Et tuer ainsi le bel enfant
Que nous avons ensemble ?
(Francis Jammes, Child)


C'est surtout en Ecosse, en Irlande, dans toute l'Angleterre, à l'exception des Midlands - où ils se font plus rares - que les Pillywiggins ont gardé leur divine authenticité...
"Ils sont devenus petits, ils ont perdu leur puissance, mais ils demeurent", note dans son journal Lady Trossop au détour d'une longue promenade dans "le jardin bordé de topiary [buis taillé], bruissant de leur Heureuse Présence".
Il faut dire que les parcs et jardins anglais, verts vestiges de l'Eden, sont des séjours idéaux pour eux.

C'est dans la paix et l'harmonie des pays anglais qu'ils ont préféré se réfugier. Là où l'absence de grilles et de murs laisse la pelouse rejoindre la lande, où le massif de rhododendrons, de rameau en rameau, retourne naturellement au sauvage, où l'if de ses branches et racines étendues se prolonge en forêt... où le bassin aménagé remonte à la source, le canard domestiqué à la sarcelle et l'idée de jardin à son rêve...
C'est au détour de ces allées que "l'Etre en approche" peut les appréhender... quand la promenade traverse une durée sans commencement ni fin.
C'est l'heure du "mirage réel", lorsque se lève le voile des yeux... que le regard découvre les réalités de l'invisible et s'étend sur l'allée lumineuse menant aux jardins verts et vierges de Féerie, parfois sensiblement perçus à travers la fine pellicule des peintures visionnaires des préraphaélites. C'est alors que deviennent vivants, voletants, bruissants les créatures
d'Arthur Rackham, les enfants-fleurs des imageries de Cécily Mary Broker et palpable toute la faune enchantée d'un voeu enfin exaucé.

Miaux vaut s'abstenir de s'essayer à traduire l'indescriptible beauté de leurs libres ébats au sein de leur paradisiaque biotope. Le plus banal décor au contact de l'elfique présence retranscende !
Tous aussi vite aperçus et sitôt disparus que la raison "charmée" doute de la réalité de cette fugitive et pourtant indélébile expérience...
Déjà les Hotties de l'Essex sont devenus hirondelles aux yeux verts, le Pillywiggin est devenu crapaud, caillou ou libellule, le chant des Nymphes n'est plus qu'une turlutaine de pinson, la Vassalerie radieuse un tison d ever luisant dans la brume nocturne.
"... Et au déclin de l'air fruité reste le sillage flexible du vol d'un Pillywiggin" (Petrus Barbygère)

Les Pillywiggins - description

Les Pillywiggins, derniers maillons de la descendance elfique, sont, avec les Tiddy Ones du Lincolnshire, les plus minuscules : un centimètre. Mais tous ont le pouvoir de rapetisser encore, ou de grandir, de changer de taille et d'aspect.

Les Fairies, Vairies, Pillywiggins aussi bien féminins que masculins sont merveilleusement beaux. Leurs mariages avec les libellules, les papillons le sont pouvus d'ailes, d'antennules et de diverses autres parties qu'ils arborent comme d'élégantes pièces d'armures naturelles.
Eternellement jeunes, ils ont tendance à prendre avec le temps certains caractères et colorations des lieux qu'ils occupent, des fleurs, des plantes dont ils se nourrissent.

Ils sont vêtus de mousselines légères, de pétales de fleurs, avec des justaucorps très ajustés de velcherette, ou en peau de lézard ou de couleuvre. Glands, corolles et clochetons de fleurs leur servent de bonnets.

Ils habitent les parcs, mais aussi les jardins d'agrément d'Irlande, d'Ecosse et d'Angleterre. On trouve des Alvens, cousins des Fairies, en Hollande et quelques familles dans le Nord de la France, à la frontière des Ardennes belges.

Ils se nourrissent de pollen, suc et quintessence des fleurs, de rosée adamantine et de la beauté d'Eden.
Les "Verts" sont ainsi appelés car ils se nourrissent de tendrilles, bourgeons, surcules, jeunes feuilles et s'ils restent immobiles, ils se confondent aux herbes. Les "Gris", amateurs de lichens, sont moirés de vert et de gris... et le Tiddy a la couleur veloutée des mousses.

Le "Chasseur Sauvage" est leur seul ennemi. Les Fairies et les Pillywiggins sont très pacifiques mais ne supportent pas qu'on abîme la flore et peuvent faire mourir les humains qui la détruisent sans raison ou pour des intérêts douteux. Mais il suffit de planter une fleur ou un arbre pour leur être aussitôt agréable.


Ils hibernent de novembre à avril, c'est l'appel du coucou qui les réveille.

Ils dansent, butinent, s'aiment, volettent, gambadent et protègent la petite faune et la petite flore qu'ils fortifient, mais laissent aux autres Esprits sylvestres le soin de s'occuper des plus hautes futaies et de leurs habitants.

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