vendredi 16 mai 2008

Légende secrète du muguet

Notre histoire commence dans une famille qui vivait dans un petit village.
Même s’ils étaient pauvres, l’amour profond qui réunissait la mère, le père et leur petite fille les rendait heureux. La fille jouait et chantait dès l’aube jusqu’au soir. Mais un accident affreux mit fin à ce bonheur en tuant ses parents.
La petite resta seule au monde.
Un matin, la Reine des Fleurs qui surveillait leur merveilleux jardin, fut étonnée de la voir solitaire et accablée de tristesse, en cueillant les fleurs qu’elle avait tant soignées. Marchant sur ses pas, elle la vit s’arrêter face au tombeau de ses parents, le couvrant de fleurs et de chaudes larmes.
La Reine envoya vers elle un parfum qui la fit s’endormir sur place. Puis, elle parut dans son rêve en lui disant :
“Grâce à ta gentillesse envers la Nature et parce que tes parents te manquent tant, je vais te transformer en fleur, au printemps, pour rester avec eux.”
Se réveillant, la petite se souvint du rêve et elle en fut très contente. Elle alla à la maison, attendant avec impatience l’arrivée du printemps.
En effet, au mois de mars, tout le village constata sa disparition.
Et les gens ne furent pas moins étonnés de voir sur le tombeau de ses parents une petite fleur unique au monde. Les petites floraisons étaient blanches et ressemblaient à des larmes d’enfant. De plus, elle était enveloppée de deux grandes feuilles vertes.
Seule la Reine des Fleurs savait qu’elles étaient les deux parents de la fille qui la protégeaient, en l’embrassant de part et d'autre.
C’est ainsi qu’une nouvelle fleur parut au monde. Elle fut appelée LE MUGUET.
Dans certains pays, son nom est “ PETITE LARME ” ; elle ne vit que pendant le printemps et maintenant nous savons bien pourquoi.

Les Hojemaennel et les familiers du potager

Quelqu'un de mince dans l'herbe
Passe au hasard,

Tu l'as sans doute rencontré
(Emily Dickinson)

Les Hojemaennel ont quitté les forêts d'Allemagne il y a bien longtemps et se sont installés dans les potagers et les enclos des campagnes. Autrefois, ces nains ridés, vêtus de vert, aux cheveux et à la barbe de mousse grise, s'ébattaient parmi les fougères lourdes de rosée, enivrés par une décoction d'endymion penché, d'ehrenpreis et de lichen de lune qui leur insufflait une inaltérable vitalité.
Fusion des "attirances" de la semence secrète des mousses, de la sève des arbres, de l'évaporation féconde de la rosée, riches des effluves émanant des milliers de dépouilles elfiques dissoutes dans le conglomérat des humus millénaires, les Hojemaennel était plus végétaux que charnels. Cette constitution leur permettait d'avoir connaissance de tous les secrets et ressources de la nature. Ils partageaient non seulement la vision de l'animal mais bénéficiaient d'autre part du "regard de l'herbe", ce qui leur permettait de discerner et récolter l'invisible et rarissime "lichen de lune" qui se dissipe à la lumière solaire et à l'approche des êtres humains. On sait que ce lichen pousse aux troncs que la lune caresse, à ces branches auxquelles les rayons lunaires s'appuient pour descendre et marcher dans la forêt.
... Peut-être est-il né de la poussière soulevée jadis par les pas de Séléné lorsqu'elle venait rejoindre le bel Endymion, son bien-aimé. De leurs amours sont nés cinquante enfants, dont on ne dit pas les noms ni la descendance. Tout au plus devinons-nous parfois leurs petits-fils ou petites-filles parmi les Beaux et les Belles endormis des légendes....
C'est à ces lichens phosphorescents, dont la racine s'alimente à même les puisssances lunaires, que les licornes, les bêtes malades ou blessées viennent se guérir en s'y frottant, que les Etres Bienheureux puisent l'éternité, que les fées "s'énergétisent" les pieds avant d'aller danser et dont les premiers Hojemaennel tiraient les sucs pour l'élaboration de leur breuvage.
Présentement, comme la plupart de leurs semblables expatriés, ils demandent peu au jardinier qui accepte ce voisinage. Un coin de terrain en friche, une coupelle de lait laissée près de la cabane à outils suffisent à monnayer leurs services, vestiges de leur ancien savoir : écarter la grêle, préserver les légumes des ravages de la lune rousse, fertiliser la terre, chasser la vermine et charmer les fleurs.

Les Hojemaennel

Mesurant près de 30 cm, les Hojemaennel ont le visage tout ridé et tout gris, les cheveux et la barbe de mousse grise, le nez long et mince, les yeux phosphorescents. Leurs oreilles sont longues, très écartées, aux extrémités pointues, au cartilage veinulé et presque transparent. Le corps est un tronc vermoulu auquel s'adaptent quatre membres grêles et noueux semblables à des branches.

Vêtus de tunique de moussse, feuillage et lichen avec de gros brodequins à boucles, ils portent un casque à écailles qui n'est pas sans rappeler la pomme de pin.

Ils se nourrissent de légumes et de lait... autrefois de tisane de vie...

Peuple des vastes forêts, ils demeurent aujourd'hui dans les jardins de campagnes d'Allemagne et d'Autriche qu'ils protègent et aident à cultiver. Ils vivent à une ou deux familles paisibles par potager et évitent les vergers occupés par d'autres Esprits.
Des fleurs gorgées de pollen, de nombreuses abeilles, une abondante récolte au rucher annoncent une grande activité de Hojemaennel particulièrement adaptés et heureux. Il est alors recommandé de leur laisser quelques rayons de miel, de tenir les ruches très propres, de les fleurir le 21 mars et de les avertir de chaque décès survenu dans la maisonnée en nouant un crêpe noir à la plus ancienne des ruches.

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