jeudi 24 avril 2008

Les sachets magiques

Placez la plante fraîche ou séchée dans un sachet en tissu cousu et fermé à la main lors d'un rituel approprié éventuellement en association avec des pierres précieuses, des morceaux de métaux (prenez garde à leurs relations d'amitié ou d'inimité avec les plantes choisies !) ou autres petits objets du Pouvoir.
A porter autour du cou ou dans une poche de vêtement. il n'y a donc pas de contact interne avec la plante, mais ce moyen permet d'entretenir autour de soi son empreinte magique : celle-ci exercera une influence discrète mais constante correspondant à la nature du simple, comme une alliée toujours présente.

Sachet de chance
Sachet de tradition amérindienne.
Ingrédients :
- Un sachet de tissu vert
- des pépins de pomme séchés
Placez les pépins dans le sachet de tissu, refermez-le, et portez-le toujours sur vous.


Les plantes qui parlent, qui chantent, qui indiquent ce qui se passe au loin

Les plantes qui parlent sont beaucoup plus rares que les arbres doués de cette faculté, et le plus ordinairement elles chantent.

L'héroïne d'un conte gascon part à la recherche de l'herbe bleue, qui chante nuit et jour, et d'une autre herbe bleue, qui ne cesse aussi de chanter, mais qui, de plus, coupe le fer.
Un coureur d'aventures va cueillir dans une île de la mer la Fleur Dorée, la fleur du baume, la fleur qui chante, comme un rossignol ; quand elle a été plantée dans le parterre du roi, la peste noire qui désolait le pays cesse aussitôt. Cette même Fleur Dorée, la fleur qui chante au soleil levant, figure dans un conte gascon ; elle est gardée par cent loups.

La fève qui monte au ciel répond plusieurs fois à celui qui l'a plantée et qui s'impatiente de ne pas la voir croître assez rapidement. Des magiciennes, pour que leur fuite ne soit pas découverte, font parler à leur place les fruits de ce légume. Dans un conte champenois, des fèves mises sur le feu par la fille d'un ogre répondent à son père tant qu'elles ne sont pas cuites. Dans un conte littéraire du XVIIe siècle,une fève qu'une princesse fugitive a touchée de sa baguette parle également jusqu'au moment où sa cuisson est achevée.

Dans un parallèle de la légende de Midas, recueilli à la fin du XVIIIe siècle, le roseau ne devient révélateur que lorsqu'il a été transformé en instrument : le roi de Portzmarc'h faisait mourir tous ses barbiers, de peur qu'ils ne racontassent qu'il avait des oreilles de cheval. L'intime ami du roi qui venait le raser avait juré de ne pas dire ce qu'il savait, mais ne pouvant résiter à la tentation d'en parler, il fut, par le conseil d'un sage, le dire aux sables du rivage. Trois roseaux poussèrent en ce lieu : les bardes en firent des anches de hautbois qui répétaient : "Portzmarc'h, le roi Portzmarc'h a des oreilles de cheval !"

Des plantes chantent pour dénoncer un coupable ou pour révéler un secret : un enfant assassiné par son frère est enterré dans un jardin rempli de fleurs magnifiques ; un berger qui passe un peu après, cueille la plus belle, et elle se met à chanter aussitôt que ce n'est pas lui qui l'a tué.
Dans un conte de la Haute-Bresse, la fosse d'un petit garçon tué par sa soeur se couvre de plantes, parmi lesquelles sont des roseaux qui chantent sans intervention humaine ; une bergère en coupe un ; dès qu'elle l'a porté à ses lèvres, il parle du crime, et quand la soeur coupable est forcée de l'approcher à son tour de sa bouche, il l'accuse du meurtre.

L'âge d'or des montagnes


Suivant des légendes, populaires dans toute la Suisse, les montagnes aujourd'hui les plus isolées furent jadis d'une fertilité exceptionnelle.

On disait dans la partie romande qu'au temps de cet âge d'or, les vaches étaient d'une grosseur monstrueuse : elles avaient une telle abondance de lait qu'il fallait les traire dans des étangs qui en étaient bientôt remplis. C'était en bateau qu'on allait lever la crème sur les vastes bassins. Un coup de vent fit chavirer la nacelle d'un berger qui faisait son ouvrage et il se noya. Les jeunes gens de la vallée cherchèrent longtemps son corps ; il ne se trouva que quelques jours après en battant le beurre au milieu des flots d'une crème écumante qui se gonflait dans une baratte haute comme une tour, et on l'ensevelit dans une large caverne que les abeilles avaient remplie de rayons de miel grands comme des portes de ville.

A cette poétique description qui ne se piquait pas d'une exactitude rigoureuse, on ajoute que la prospérité des montagnards était si grande, qu'il leur arrivait de prendre des mottes de beurre en guise de boules pour leurs jeux de quilles, et qu'ils jouaient au palet avec des fomages ; les fruits eux-même avaient des proportions gigantesques, si bien que pour couper la queue des poires, on était obligé d'employer la scie. Cette période fabuleuse prit fin à la suite de diverses circonstances surnaturelles.

Les paysans de la Furca disent que lorsque le Juif errant, chassé de Jérusalem, dut se choisir un itinéraire, il voyagea particulièrement d'Italie en France. La première fois qu'il franchit les Alpes, il trouva leur sommet couvert de moissons. Dieu, voyant la route qu'il avait prise, changea les champs cultivés en forêts de sapins ; puis, comme en dépit de cette transformation, l'éternel voyageur reprenait toujours le même chemin, parce qu'il lui plaisait, il recouvrit les sapins d'un glacier : "Bah ! dit le Juif, la neige et la glace fondront, je repasserai l'an prochain". Mais Dieu l'entendit et dit : "Rien ne fondra et jusqu'au jour du jugement dernier, la neige y restera". Voilà pourquoi le Juif errant ne voyage plus d'Italie en France.

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Image : Jonathan Earl Bowser
http://www.jonathonart.com/

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