mercredi 16 avril 2008

Le hibou

Comme la plupart des animaux nocturnes, le hibou n'a pas bonne réputation. Il vole silencieusement, pousse de longs hululements sinistres et se plaît à vivre en solitaire dans des endroits inquiétants : un arbre mort, une vieille bâtisses, un donjon abandonné…

Il symbolise la nuit, donc la mort et le malheur, et pour détourner son côté maléfique, on a longtemps pensé que le mieux à faire avec lui était de le clouer, ailes écartées, sur les portes des maisons ou des granges (comme sa cousine la chouette). C'était méconnaître les réelles qualités du hibou, excellent prédateur de petits mammifères qui ruinent les cultures : souris, mulots, musaraignes…

D'ailleurs, le hibou (ou la chouette) est le symbole d'Athéna, déesse grecque de la sagesse. À ce titre, on voit parfois des porte-bonheur en forme de hibou et l'on entend courir ce bruit intéressant : trouver une plume de hibou apporte la chance et la sagesse. Si vous en possédez une, il ne faut surtout pas vous en séparer.

Tendance au chapardage


Est-ce parce que les Elfes ont des ailes qu'ils volent les humains ? Non. Cette mauvaise habitude peut-être à relier à certaines disparitions inexplicables de menus objets dans les maisons) s'apparente au fait que les Elfes n'ont aucun sens du bien et du mal. Ce sont des créatures presque animales, ne l'oublions pas.

Forfaits des Elfes mutants

Ils sucent la nuit les doigts des enfants humains pour contrarier leur croissance
Parade : faire une fumigation de valériane dans la chambre où dorment les enfants car les Elfes détestent cette odeur.

Ils infligent des cauchemars aux dormeurs
Les terreurs nocturnes sont souvent dues à la présence invisible d'un Elfe aux côtés du dormeur. En langage surnaturel "cauchemar" se dit "maléfice de l'Elfe".
Parade : le millepertuis protège de l'influence des Elfes. Appelé aussi l'herbe de la Saint-Jean, il s'utilise principalement en baume.

Ils soufflent au visage des humains pendant leur sommeil
Il en résulte une maladie plus ou moins grave. Urticaire, colique et couperose figurent parmi les plus bénignes, épilepsie et folie sont parmi les plus sévères. En langage surnaturel, "fou" et "épileptique" se disent : "elfique. On devient "elfique" par les attouchements nocturnes d'un Elfe qui se jette sur vous la nuit et vous possède.
Parade : tous les jours, avant de se coucher, s'enduire d'eau bénite, faire le signe de la croix et réciter les paroles suivantes :
"Elfe au nez crochu
Je te défends de ma souffler au visage
Je te défends, Elfe, de fumer
De ramper, d'aspirer !
Fils d'Elfe, démons,
Éloignez vos griffes de moi".

Remède quand on a été atteint :
Mélanger de l'eau bénite, de l'absinthe, du fenouil, de l'encens, la" moitié inférieure de l'ombre d'un enchanteur" (de la mandragore), du lichen et dire le Credo suivi de Notre Père.

Ils soufflent sur le bétail
On impute aux Elfes la maladie connue sous le nom de "tournis des moutons"

Ils tirent des flèches
Il s'agit du fameux "trait de l'Elfe" ou "Elf-shot", flèche que les Elfes décochent aux hommes, mais surtout au bétail. Ces projectiles sont confectionnés à partir de matériau terrestre, à l'exclusion de fer, généralement en pierre (probablement du silex jaune de Spa). Après les avoir taillés en pointe, les Elfes les lancent avec violence, comme des dards. Étant fabriqués avec l'art de la magie, ils blessent mortellement les parties vitales sans endommager la peau. Des témoins ont rapporté qu'ils avaient "la force de la foudre" et "la subtilité du tonnerre". Une fois leurs victimes terrassées, les Elfes en retirent la plus pure substance – les parties aériennes et éthérées – pour se nourrir, laissant de côté les parties terrestres des bêtes. Jadis, pour prévenir les attaques sur le bétail, les paysans labouraient leurs champs de façon rectiligne, puis ils aiguillonnaient leurs animaux pour tracer des courbes. De cette manière, l'Elfe visait à côté.
Parade : avoir toujours sur soi (ou placer sur l'animal que l'on veut protéger) de la graine d'oseille pétrie avec de la cire écossaise
Défense : les armes des Elfes ne sont pas tout à fait invincibles. Un voyant, en état de crise, a coupé, un jour, en deux l'un de ces êtres en se servant d'une arme de fer.
Remède : mettre de l'eau bénite sur la blessure et prononcer ces mots :
"Si tu fus touché dans ta peau ou dans ta chair
Si tu fus touché dans ton sang ou dans tes os
Si tu fus touché dans ton bras
Jamais ta vie ne sera menacée
Que ce soit le trait d'un Ase
Que ce soit le trait d'un Elfe
Que ce soit le trait d'une sorcière
Maintenant je vais t'aider
Voici, pour guérir le trait d'un Ase
Voici, pour guérir le trait d'un Elfe
Voici, pour guérir le trait d'une sorcière
Thir s'enfuit vers la montagne
Il avait un double caractère sacré
Puisse le Seigneur te venir en aide"
Autre solution
: ouvrir largement la plaie avec ses doigts de manière à faire sortir les esprits qui s'y trouvent enfermés.

Elégie contre les bûcherons de la forêt de Gâtine


Ecoute, bûcheron, arrête un peu le bras,
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas,
Ne vois-tu pas le sang lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la rude écorce ?

Sacrilège meurtrier, si on prend un voleur
Pour piller un butin de bien peu de valeur,
Combien de feux, de fers, d emorts et de détresses,
Mérites-tu méchant, pour tuer les Déesses ?

Ronsard , 1584

L'armoise

Armoise ou : Artemisia vulgaris, Herbe de la Saint-Jean, Herbe des Feux, Herbe aux sorcières, Remise, Afrane, Aluine;
Floraison : juillet à octobre

L'armoise doit son nom à Artémis, soeur d'Apollon, et déesse associée à la Lune. Il s'agit d'une plante très féminine, à l'inverse du thym par exemple et peut être de grand secours dans les rituels magiques spécifiques aux femmes. Artemisia signifie "saine et bonne", et ses propriétés magiques sont en effet nombreuses et bénéfiques.

Selon Albert le Grand, l'armoise chasse le poison et "rien ne peut lui nuire". De plus, si l'on en tient dans sa maison "le tonnerre ne tombera point dessus, ni aucun air vénimeux ne l'infectera pourvu qu'on en mette à l'entrée". Son pouvoir protecteur était bien connu et il était d'usage de se confectionner une couronne ou une guirlande d'armoise avant les feux de la Saint-Jean : on les portait pour danser autour des feux, puis on les faisait brûler pour s'assurer une bonne santé toute l'année.
C'est aussi un puissant talisman contre la fatigue et l'alliée des voyages : après s'être tressé une ceinture en marchant, "qu'on fasse cuire cette herbe et qu'on s'en lave les pieds, on ne s'en lassera jamais" (Petit Albert).
Portée autour du cou, elle garde les longs voyages des périls et des accidents.
Cette plante est également associée étroitement à la divination : en placer des feuilles sous les cartes de tarot renforce leurs présages .
Son suc est utilisé pour le nettoyage délicat des miroirs magiques et des boules de cristal.

Armoise absinthe : cette variété d'armoise fut utilisée pour parfumer une boisson interdite en France depuis 1915 ; cet alcool aussi précieux que venimeux était également la "Fée verte", mais la beauté des images qu'il faisait surgir masquait un puissant poison pour le corps humain.

Toutefois cette plante a toujours été appréciée des mages, qui savaient en faire un usage plus modéré et attentif à ses subtiles vertus.
On dit ainsi qu'une infusion d'absinthe consacrée à la Terre est toujours bénéfique après la pratique de la magie : celle-ci permet de rassembler ses forces et de compenser une perte d'énergie trop importante.

Les fumigations d'armoise absinthe sur des braises ardentes développent également les capacités médiumniques et constituent une bonne introduction pour une cérémonie d'invocation d'esprits. Les sorciers du Sud en faisaient d'importantes récoltes et emplissaient leur paillasse de fleurs fraîches pour appeler les rêves.


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