lundi 31 mars 2008

Les fées et la flore du rivage marin

Des fées ont propagé ou créé des espèces particulières au rivage marin.

Une jeune fille de Guernesey, qui était allée voir les bonnes dames dans leur caverne du Creux, et avait fini par rester avec elles, apparut en songe à sa mère, lui dit qu'elle ne la reverrait plus, mais qu'elle était heureuse et qu'en souvenir de son affection, elle avait apporté sur la dune une jolie fleur du pays des fées qui devait pousser toujours : c'est le lis de Guernesey, rouge, parsemé de points dorés, mais sans parfum, qui croit sur les dunes de la baie de Vazon.

La méchante belle-mère d'une jeune fille de la Haute-Bretagne la conduisit un jour sur la falaise et lui remit une sorte de graine noirâtre en lui disant de la semer sur le rocher, et de ne rentrer à la maison que lorsque cette graine aurait produit une plante bonne à manger. La pauvre fille pleura si abondamment, que la mer en devint, dit-on, plus grande ; sa marraine, qui demeurait dans une houle du voisinage, ayant appris la cause de ce phénomène, vint trouver sa filleule et lui ordonna de jeter la graine sur le rocher : aussitôt de toutes ses fissures, on vit sortir la saxifrage, que les gens de la côte mangent avec du vinaigre, et qui a la propriété de guérir les fièvres.

Les dragons

Les dragons qui répandaient la terreur dans tout un pays, et dont parlent tant d'anciennes légendes, avaient souvent leur repaire dans les marais. Beaucoup furent détruits par des saints, dans des circonstances miraculeuses, racontées longuement par les hagiographes.

Un des plus célèbres est celui qui vivait dans les marécages aux environs de Rouen : il surprenait les hommes et les dévorait, il tuait les chevaux et corrompait l'air par son haleine pestilentielle. Saint Romain, ayant fait le signe de la croix, lui passa une étole autour du cou, et le donna à conduire à un meurtrier qui l'avait accompagné, et qui pour cela obtint sa grâce.

Maintenant, on ne parle plus de monstres aussi terribles ; toutefois, les étangs de la Brenne sont la demeure de grands serpents donneurs de fièvres, cousins germains des cocadrilles, que l'on aperçoit quand les eaux sont basses, mais que l'on ne peut détruire qu'en desséchant les marécages où ils résident depuis que le monde est monde.
Les mares et les puits d'Auvergne sont habités par une sorte de diminutif de dragon qui se rapproche encore davantage du basilic ; c'est un reptile qui s'appelle le souffle ; s'il voit le premier un homme, il le tue par son regard ; mais celui qui peut l'apercevoir le premier n'a rien à craindre.

La tradition des monstres de l'eau est resté vivante jusqu'à ces derniers temps dans les régions lacustres de la Suisse. Pendant l'hiver un dragon colossal se cachait dans les eaux des lacs alpestres, et c'est lui qui, au printemps, à son réveil, faisait craquer la glace sous laquelle il était enfermé.
Sur les bords du lac de Chavonnes, un dragon aussi blanc que neige faisait la guerre aux petits oiseaux ; mais lorsque de jolies filles s'approchaient du bord, il accourait en nageant, et si elles lui donnaient quelque nourriture, il les remerciait en se livrant à des ébats gracieux.
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