mardi 25 mars 2008

Aubépine


Floraison : avril-mai
Autres noms : Crataegus monogyna ; épine blanche ; noble épine ; cenellier ; épine de mai ; bonnet de nuit ; herbe tranquille ; valériane du coeur....

Son nom latin vient du grec Kratos, force et annonce le pouvoir insoupçonné de ce délicat arbuste aux fleurs immaculées et aux baies d'un rouge profond.

La blanche épine est depuis toujours porteuse de lumière et d'innocence : les démons, les serpents et toutes les créatures de la nuit l'évitent et la craignent, mais aussi la foudre qui ne peut se résoudre à frapper le buisson béni... Elle a donc de puissants pouvoirs de protection mais elle est aussi signe d'espoir et de prospérité, c'est pourquoi on en faisait des torches et des flambeaux pour les jeunes mariés :


"Les lieux froids fournissent aussi l'Epine,
dont le storches portent bonheur le jour
des noces parce que, selon masurius, le sbergers
ravisseaurs des Sabines en avaient à la main
mais on leur substitue aujourd'hui
des baguettes de bouleau ou de coudrier"
Pline
Histoire naturelle - Livre XVI

Comme souvent, les propriétés médicinales de la plante sont en étroite harmonie avec son passé légendaire : l'aubépine possède des facultés calmantes et sédatives, une décoction de ses fruits apaise les maux de gorge et les troubles cardiaques : palpitations, angoisse notamment.
La plante est aussi nutritive et régénérante, ses fruits peuvent être consommés frais ou séchés, ou encore en confiture.

Le bois de mai était aussi dans la Grèce antique l'attribut de la nymphe Carna et reste dans de nombreux textes anciens ou poèmes un symbole d'amour :

"Ce fut l'aventure première
que la nuit vint au chevalier.
S'amie le ceurt embracier,
Et il après a pié descend,
entre ses bras souëf le prend
par cent fois baisse la meschine
et puis l'asiet dessous l'espine."
Lais de l'Espine
Anonyme - XIIIe siècle

Parmi les créatures de l'Ombre, seuls les Matagots, ou chats sorciers supportent de s'allonger sous le feuillage de la noble épine sans dommage magique, aux côtés des Faëes qui viennent rechercher sa protection.
Il est fort possible que le cenellier les épargne en raison de leur nature foncièrement ambiguë et de leur aura très solaire....


Amzer zo


Amzer zo

Nous repousserons le temps dans un passé lointain,
laissant la place au renouveau présent.

Les aiguilles des horloges disloquées
dans les engrenages pendulaires
tourneront à l'envers,
savourant le moment de leur imprécision.

Les têtes roulent dans la bruyère ensanglantée,
le soleil rouge éteint ses chaleurs dans l'écume des mers.
L'or décore alors les mains des femmes guerroyantes,
sulfureuses, armées d'épées tranchantes,
défendant leurs petits, un territoire perdu, une histoire à venir.

Les vestiges restent ;
les petites pendules peuvent retrouver leur place,
un instant oubliée, ponctuant et rythmant de nouveau
le temps présent, avalant minutes et secondes...
et se moquant du temps passé.

Texte : Lionel Kerlidou
Illustration : Sophie Busson



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