vendredi 15 février 2008

Lutins bretons

Les lacs et les étangs à eau claire ne sont pas d'habitude, en France du moins, fréquentés par les lutins ou les nains ; on les voit, au contraire, assez souvent au bord des étangs marécageux, et surtout près des mares et des marais.

En Basse-Bretagne, on désigne par des noms particuliers, les esprits des eaux stagnantes : les nains qui se tenaient dans les lieux bas et humides s'appelaient Poulpicans, parce qu'ils avaient leurs terriers dans des lieux bas. Le Teuz ar Pouliet, ou l'espiègle de la mare, habitait les eaux et pouvait prendre toutes les formes qu'il voulait, à moins qu'il ne préférât se rendre invisible ; mais son apparence véritable était celle d'un petit nain, vêtu de vert et portant de belles guêtres.

Dans le même pays, le Doug-Speret ou Aëzraouant, est un esprit assez mal défini et protéiforme, qui se loge dans les puits et dans les étangs, où comme les anciens dracs du Rhône, il tâche d'attirer les femmes et les enfants en les trompant par l'apparence d'un collier, d'un bracelet, d'une bague, etc., qu'il leur fait voir au fond des eaux. Souvent, il les allèche par la vue d'un miroir qu'il fait flotter à fleur d'eau ; l'Aëzraouant, caché sous les herbes, entraîne dans son palais de cristal l'imprudent qui se baisse pour le saisir et il l'enchaîne à jamais en le soumettant aux plus durs travaux.

Fées et dames espiègles ou malfaisantes

Les esprits assez mal définis que l'on désignait en Berry sous le nom de Demoiselles, s'envolaient de mare en mare et d'étang en étang à mesure qu'on leur ôtait le brouillard dont elles se nourrissent. Elles passaient pour ne faire de mal à personne, alors que d'autres les accusaient de se plaire à jouer des mauvais tours aux voyageurs.
Un des endroits où elles se tenaient s'appelait la Gâgne-aux-Demoiselles ; c'était une fosse herbue et vaseuse qui avait bien un demi-quart de lieue de long.

Quelquefois les dames se contentaient de simples espiègleries : on voyait jadis autour de l'étang de Bèche, à la Chapelle Volant, trois demoiselles qui arrêtaient les voyageurs, les faisaient tourner, tourner puis disparaissaient.

Dans le Beaujolais des Dames Noires, noires et hideuses, frôlaient par des nuits obscures, ceux qui se trouvaient dans le voisinage des mares.
Les fées du lac d'Estoin, dans les Pyrénées, prenaient souvent des formes monstrueuses pour épouvanter les pêcheurs qui lançaient leurs filets dans les lacs d'Ovat et d'Omar et les empêcher de détruire le poisson.

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