vendredi 8 février 2008

Primevère


Floraison : Mars à Mai
Appelé aussi : Primula Veris, fleur de coucou, fleur du printemps, clé de Saint-Pierre, petite clé de Ciel

Les fées aiment et protègent tout particulièrement les coucous - une des premières fleurs à "ouvrir" le printemps - qui ont le pouvoir d'indiquer l'or caché des esprits. On dit que les primevères rendent visible l'invisible, et que le fait d'en manger est le moyen infaillible de voir des esprits. Lorsqu'on touche la pierre des fées avec un bouquet fait d'un certain nombre de primevères, on s'ouvre un chemin vers le pays des fées et ses richesses, mais celui qui se trompe de nombre provoque sa ruine car jadis cette pierre des fées passait pour éloigner le diable et les tentations. .

Il existe plus de 600 espèces de primevères et chacune possède certaines vertus subtiles, dont le souvenir s'est bien souvent perdu.

L'oreille d'ours, espèce délicate de primevère qui s'épanouit en montagne, est ainsi une puissante alliée pour les écrivains et les artistes. En garder près de soi favorise les rêves, l'inspiration et la création.
Les primevères sont aussi, bien souvent associées à l'amour sincère et aux unions : dans certaines régions les jeunes mariés du printemps sautaient au-dessus d'un ruisseau où on avait jeté une pluie de fleurs jaune d'or : si elles continuaient de flotter, le mariage avait toutes les chances d'être béni par les Faes !
Les mères anxieuses avaient aussi pour habitude de placer un sachet de primevères réduites en poudre sous l'oreiller de leurs fils, pour les préserver des charmes des filles trop futiles.
Placées à l'extérieur de la maison, près de la porte d'entrée, elles repousent les étrangers mais attirent la compagnie des fées.
Un bouquet de primevères est souvent offert à un 1er amour, symbole d'espoir et de pureté du coeur.

En herboristerie, le coucou des prés était utilisé comme plante médicinale au Moyen-Age, pour guérir les maux de têtes et aider à trouver le sommeil, et on utilisait le rhyzome broyé, contre les contusions.
Ses feuilles dégustées en salade font le délice des pixies, et servent aussi à aromatiser le thé.

"Cachés par une primevère,
Une caille ; un merle siffleur,
Buvaient tous deux au même verre
Dans une belladone en fleur. "
Victor HUGO - Chansons des rues et des bois

La Fée de l'étang de plaine


Il y avait au sommet du Parmont, à quelques kilomètres de Remiremont, un palais colossal et magnifique, habité par un peuple de géants servis par des nains.

Une fée plus belle que le jour, vint à passer dans la région et demanda audience au roi des géants dans son palais, dans l'espoir secret de se fiancer à celui qui, très redouté dans la chaîne des monts, était l'un des possesseurs des trésors enfermés dans les flancs du Parmont.
La fée se présenta avec toutes ses suivantes, dans l'éclat éblouissant de ses parures de choix. Mais, malgré sa beauté et ses charmes, elle ne plut pas au chef des géants et fut éconduite du palais somptueux dont les lambris étaient d'or et les portes de sardoine.
Désolée la fée quitta le Parmont et s'enfuit vers l'étang de la Plaine où, de désespoir, elle se noya.
On assure qu'elle revient parfois, en les nuits claires de nos hivers, et qu'elle tourmente le géant endormi. Celui-ci tressaille dans sa prison et ébranle le Parmont jusque dans ses fondations.

***
Un élément nouveau est introduit dans cette légende : les géants, dont le roi dédaigne, comme le chevalier Renaud, à la fois, la beauté et l'amour de la fée. Cela signifie peut-être que, ainsi qu'il en est généralement avec les humains, toute union entre les géants et les fées n'est pas, en principe, du domaine du possible.



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