mercredi 6 février 2008

La coquecigrue

Cette créature étrange évoque un croisement entre une couleuvre et une fillette.

Elle est si timide et se dissimuile tant qu'on la connait fort peu. Cette fille serpentine mince et délicate possède une peau qui porte toutes les nuances de rouge, de rose et d'orange.

Pour le reste, on sait fort peu de chose d'elle. Habituée des endroits retirés, délaissés par les hommes, en ruine, oubliés, elle se glisse prestement dans les hautes berbes quand elle craint qu'on la surprenne. De temps à autre, elle s'attarde avec plaisir près d'un lieu où les enfants jouent, mais ne se montre pas à eux.

Rare, discrète et inoffensive, la coquecigrue porte chance à celui qui l'aperçoit.

Qui sont les vraies sirènes ?

Les scientifiques se sont posé d'innombrables questions à propos des sirènes.
Beaucoup de voyageurs, et des plus sérieux, pensaient en avoir vu, et même parfois capturé.
Au XIXe siècle, le cirque Barnum exhibait une dépouille de "sirène" empaillée, d'une soixantaine de centimètres de haut. En fait, c'était un montage réalisé avec un torse de petit singe et une queue de poisson.

Aujourd'hui, on pense que certains marins, les lamantins et les dugongs, dont les femelles ont le haut du corps qui évoque celui d'une femme, pouvaient avoir induit en erreur, ceux qui les apercevaient d'un peu loin. Ces animaux émergent presque verticalement, comme un être humain qui aurait le torse hors de l'eau. De plus, les femelles nourrissent leurs petits en les tenant entre leurs nageoires, un peu comme une mère humaine tient son enfant.

Quelques algues accrochées faisant penser à une chevelure verte, de gros yeux "presque humain"... on tenait là une explication zoologique cohérente, sinon romantique.

Les sirènes, créatures aquatiques

Dans l'Antiquité, la sirène est une femme-oiseau qui vole mais ne nage pas. C'est à partir de l'ère chrétienne qu'apparaisent les premières légendes et représentations qui font d'elle une créature aquatique.
Toujours belles et séduisantes, symboles de tentation, les sirènes se sentent pourtant parfois bien seules. On dit que les beaux rochers sur lesquels elles s'installent au crépuscule sont faits de leurs larmes séchées.


Les sirènes sont des êtres du fond des océans. On les connait dans presque toutes les traditions des civilisations dotées d'une façade maritime.

Elles sont évidemment célèbres, ces femmes d'une grande beauté jusqu'à la taille et dont le corps se transforme ensuite en queue de poisson brillante et écailleuse. Quelquefois, elles ont des cheveux verts ou des cheveux d'algues. Gracieuses nageuses, elles vivent généralement dans des palais merveilleux cachés sous les flots, mais viennent parfois en surface pour chanter mélodieusement à l'attention des marins. Ceux-ci les écoutent avec une telle fascination qu'ils finisent par plonger pour les rejoindre et se noient. Ou bien, les sirènes dirigent les bateaux sur les récifs, telles des naufrageuses, à moins qu'elles ne les égarent en les conduisant sur des mers inconnues où les repères n'existent plus.

On les considère généralement comme maléfiques, ou du moins privées de tout sens moral. Dans l'Antiquité, elles sont sanguinaires et cruelles. Plus tard, en Europe, dans la tradition médiévale, elles sont plutôt émouvantes et toujours porteuses d'une séduction incomparable. La sirène semble, à ceux qui l'ont vue, la plus belle créature du monde. Mais dépourvue d'âme, elle cherche à voler celle des imprudents qui l'écoutent chanter.

On a longtemps été persuadé de l'existence réelle des sirènes (et de leurs compagnons masculins, les tritons), et de nombreux textes du Moyen Âge témoignent qu'on en voyait souvent sur les côtes anglaises ou néerlandaises qui chantaient, mais ne savaient pas parler. Christophe Colomb lui-même prétend en avoir aperçu alors qu'il faisait route vers l'Amérique :
"Nous avons vu trois sirènes qui se sont dressées très au-dessus de l'eau, mais elles n'étaient pas aussi belles qu'on les décrit. Leur visage ressemblait à celui d'un humain".

En fait, quand elles ne cherchent pas à le sentraîner au fond des mers, les sirènes sont plutôt bienveillantes pour les navigateurs. Elles peuvent le sprévenir des dangers, récifs, côtes déchiquetées ou tempêtes, savent les distraire par leurs gracieuses évolutions et, quelquefois, leur montrent l'emplacement de trésors.
En Bretagne, on sait que si l'on voit une sirène nue, il va y avoir de la tempête. Tout comme si on lui donne, même involontairement, un coup de rame.

D'autres noms pour les sirènes
Les sirènes sont peut-être les descendantes de celles que la mythologie grecque appelle les néréides, les cinquante filles - toutes plus jolies et joyeuses les unes que les autres - de Nérée, l'un des dieux de la mer.
Les océanides, pour leur part, étaient des nymphes de la mer et des eaux, filles d'Okeanos (l'océan) et de Téthys.
Quant aux naïades, elels vivent dans l'eau douce : rivières, fontaines, étangs et ruisseaux.
Tandis que les hommes marins ou le shommes-poissons sont appelés tritons ou nixes, on voit d'autres femmes des eaux qui s'appellent les ondines.
En Bretagne, les sirènes sont appelées des Morganes ou des Mary Morganes et leurs compagnons des Morgans. On les dit très préoccupées de séduire les jeunes gens pour en faire leurs époux. Elles entraînent les malheureux (mais sont-ils vraiment malheureux ?) au fond des mers et on ne les revoit jamais. De même, les garçons-sirènes, les Morgans, enlèvent et épousent les jeunes filles qui se promènent sur les grèves.
En Cornouailles, ce sont des merrymaids ("Joyeuses filles"), et dans les pays anglo-saxons en général des mermaids.
Au nord des îles Britanniques existent, paraît-il, des selkies. On peut les prendre pour des phoques, mais ce sont de belles femmes qui, de temps à autre, se débarrassent de leur peau d'animal aquatique pour venir marcher sur la terre ferme.

Une autre sirène
Au bord du Rhin, une belle fille aux longs cheveux d'or se peigne en chantant, assise sur un haut rocher qui domine les berges. C'est la Lorelei. Il ne faut pas l'écouter, car vous risquez d'être tellement fasciné par sa beauté et le cristal de sa voix que, perdant le contrôle de votre bateau, vous irez vous écraser sur les rochers qui bordent les rives du fleuve.


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