lundi 28 janvier 2008

N'oubliez pas !


Les grimoires d'Abigail et le Pays de Mélusine sont un seul et même Merveilleux !

Chacun a sa terre, ses histoires, son peuple... et on les a séparés ici dans les blogs, pour que chacun ait son propre domaine, catalogue coloré et vivant des prodiges qui ont intrigué, effrayé ou enchanté nos ancêtres....

Venez ainsi rejoindre ces sortes de testaments autant du côté des sorciers et des démons que du côté des Fées et du Petit Peuple... car si les veillées ont cessé d'être l'instrument convivial de partage et de transmission du merveilleux, mort lentement empoisonné par la fée Electricité ou le lutin Ordinateur, il ne tient qu'à vous pour les maintenir en vie et ranimer ou conserver leur mémoire.


Les grimoires d'Abigail : http://grimoiresabigail.blogspot.com/



Les feux follets

Parmi les esprits, les plus connus, comme les plus redoutés, sont ceux qui manifestent leur présence par une flamme bleuâtre ou par une sorte de lumière. Elle est produite par les exhalaisons phosphorescentes des eaux ; mais les gens de la campagne n'admettent pas que ces lueurs auxquelles ils donnent souvent des noms significatifs, se promènent ainsi toutes seules dans la nuit ; elles sont portées par des êtres de petite taille qui appartiennent soit au monde des lutins, soit à celui des âmes en peine.

Si le feu follet appelé en Basse-Bretagne Letern noz (lanterne de nuit), Tan noz (Feu de nuit), Keleren (Follet) voit le premier un voyageur, il lui fait perdre son chemin, et le conduit dans un étang où il le noie. Pour le conjurer, il faut ouvrir son couteau, de manière à ce que la lame forme un angle aigu avec le manche, le planter en terre le plus près possible du feu, et avoir soin aussi de retourner son bonnet.
Paotrik he skod tan, le petit garçon qui porte le feu, tient à la main un tison enflammé et voltige comme un papillon de nuit au-dessus des prairies et des marais. Il a souvent égaré, et quelquefois noyé les gens ivres ou téméraires qui l'avaient poursuivi.

Dans les Vosges, si l'on passe près d'une mare, ou si l'on entre dans un de ces terrains marécageux connus sous le nom de feignes, d'où le voyageur a tant de peine à sortir, on a de grandes chances pour voir le lutin Cula se montrer à dix pas. Il prend mille formes, chandelle, cierge, lanterne, boule de feu, bouc aux yeux flamboyants, et il cause la perte de celui qui a l'imprudence de le suivre, donnant à l'eau l'apparence de la terre ferme, à la terre ferme, l'apparence de l'eau. Le seul moyen de se débarrasser de ses importunités est de jurer comme un charretier : Cula, qui a horreur des blasphèmes, se précipite dans la première flaque d'eau venue, et l'on voit s'allumer tout à l'entour de l'endroit où il a plongé une multitude de petites flammes vertes, jaunes, bleues et rouges, tout cela dansant et sautillant de manière à donner le vertige et à aveugler.

Les Annequins des Ardennes qu'on appelle aussi Lumerettes, se présentent la nuit, sous l'apparence des feux follets, aux voyageurs attardés ou égarés, surtout lorsqu'ils se trouvent proches d'un marais ou d'une rivière. Ils dansent devant eux, cherchant à les conduire peu à peu dans l'eau pour les y noyer. Pour n'être pas leur victime, il faut, dès qu'on les aperçoit, se cacher assez vivement pour qu'ils ne vous voient pas ou qu'ils perdent vos traces, ou bien se couvrir entièrement le corps ou la figure.
Dans la Marche, les Alléchous sont la personnification de feux follets qui voltigent sur les marais et y attirent les passants.
Les Ardis du Beaujolais les suivent parfois ou fuient devant eux, et ils font repentir de leur curiosité ceux qui s'aventurent à leur suite.
En Poitou, les feux follets des marécages courent après ceux qui les évitent, mais s'enfuient si on les poursuit.

Les Fifollets du Bessin se montrent près des eaux stagantes, se plaisent à égarer les gens et rient ensuite aux éclats.
En Picardie, les Fioles, comme d'autres esprits de la nuit, sont surtout dangereux pour ceux qui sifflent le soir ; ils se dirigent vers eux pour les entraîner dans l'eau. Ce feu follet y est aussi appelé Fofu, feu fou, ou Capieu rogné, à cause de la forme de son chapeau ; pour se débarrasser de lui, il faut avoir recours à un procédé qui rappelle celui qu'on emploie en Basse-Bretagne et à Guernesey ; on fiche en terre un bâton, un couteau ou une aiguille : le fofu essaie de passer par le trou et abandonne le voyageur.


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Galerie Françoise Pascals

Coquille


Dans la mythologie grecque, la coquille véhicule le symbolisme de l'eau et de la fécondité. C'est sur une coquille que l'on représente traditionnellement Aphrodite, déesse de l'amour, la perle née des eaux. Avec le bourdon ou bâton ferré, la calebasse et la besace, la coquille est l'attribut de saint Jacques le Majeur, devenu " le Pélerin".

La coquille saint Jacques
La coquille est un symbole fort et universel, lié aux rites funéraires comme aux rites de naissance ainsi qu'en témoigne la fréquence des coquilles sur les stèles funéraires romaines ou bien sur le tableau de Botticelli qui représente une somptueuse coquille d'où émerge une Vénus nue. La coquille signifie vie cachée et résurrection.
La coquille, devenue aussi l'emblème de saint Jacques, rappelle à la fois que le saint, disciple du Christ, était pêcheur, et que l'océan abonde en coquillages sur la côte de Galilée où aurait été découvert miraculeusement au IXe siècle, grâce à une étoile le tombeau de saint Jacques le Majeur, apôtre de l'Espagne. Selon une tradition, la coquille était la preuve que le voyageur avait bel et bien accompli son pélerinage jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle, ville de pélerinage fondée auprès du tombeau, puisque, une fois arrivé, il allait ramasser un coquillage sur la côte. Selon une autre coutume, depuis les débuts du pélerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle au XIIe siècle, des coquilles étaient aussi vendues au pélerin, qui les accrochait ensuite sur son manteau. Certains en achetaient une quantité telle qu'ils repartaient de Saint-Jacques-de-Compostelle le manteau alourdi d'innombrables coquilles.
On retrouve la coquille sur les sceaux ou dans le décor de nombreuses abbayes. Le saint lui-même est souvent représenté avec une coquille attachée à son chapeau ; des coquilles jalonnent encore aujourd'hui le camino, le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, dont elles sont l'emblème.

La coquille de Vénus
Par son dessin et par sa forme, la coquille rappelle aussi l'organe sexuel féminin. De Botticelli à Cabanel en passant par Raphaël ou le Titien, il n'est pas une vénus qui ne surgisse des flots portée par sa conque. Il est plus que probable que le fruit même contenu par le coquillage ait contribué à fonder cette connotation sexuelle, ainsi que le suggère ce vers d'un poème de Verlaine, intitulé les Coquillages : "Mais un, entre autres, me troubla".

Des vertus bienfaisantes
La coquille a parfois été désacralisée par l'usage qu'en faisaient de faux pélerins escrocs, appelés "coquillards". Pourtant, on lui prête des effets magiques, et de retour chez lui, le pélerin se hâte de l'accrocher au-dessus de la cheminée.
Plongée dans l'eau et le vin, elle donne une boisson qui rend la santé aux malades.
Promenée dans les champs, elle fait disparaitre les mauvaises herbes et la vermine.
On raconte qu'un chevalier ayant effectué le pélerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle faillit tomber dans une rivière et qu'il fut sauvé par un pont fait de coquilles Saint-Jacques.

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La naissance de Vénus
Sculpture de sable à Zeebrugges -Blankenberge, Belgique - année 2004
Photo : Mélusine

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