mercredi 23 janvier 2008

Repas des Dun-elfen

Une nourriture spirituelle
Si, comme les Elfes, les dun-elfen n'ont jamais aucun problème de ravitaillement, c'est parce que leurs nourritures ne sont pas strictement terrestres. On dit souvent qu'une goutte de rosée suffit à les désaltérer ou un peu de miel à les nourrir mais, en réalité, il leur faut infiniment moins que cela !
Les Elfes ne "mangent" pas, ils se nourrissent. Leur corps est si immatériel qu'ils ne font que sucer la subtilité des aliments ou des liquides qui pénètrent en eux comme de l'air. Si vous laissez aux Elfes une tasse de lait pendant la nuit, vous la retrouverez intacte au petit matin, tout simplement parce que ce qu'ils en auront pris ne sera pas perceptible à vos sens.
D'un autre côté, beaucoup de témoignages s'accordent sur le fait que les Elfes des collines enfournent à tour de bras pains et gâteaux au sein de leurs communautés.
Encore une fois, il est probable que ces frénétiques activités culinaires ne soient que des parodies des activités humaines que les Elfes aiment tant à singer.

Les gourmandises préférées des Elfes :
Le nectar qu'ils boivent directement dans les corolles des fleurs, le lait des vaches qu'ils aspirent à même leur pis, le miel qu'ils vont prélever dans les ruches et les grains de céréales.

Un plat elfique :
Les humains qui ont préparé pour les Elfes des bouillies à base de lait et parfumées de safran ont toujours emporté un franc succès.

Le cas du co-mangeur :
Certains Elfes s'adonnent à une pratique très particulière : ils s'installent invisiblement à côté d'un être humain pour manger en même temps que lui. Ce qu'ils absorbent est la "quintessence" des aliments, de sorte que l'être humain maigrit toujours plus, malgré son appétit insatiable. D'aucuns pensent que les co-mangeurs conduisent cette substance ailleurs par l'art de la magie de la "corde". Où et pour en faire quoi ? Nul ne connaît la réponse.

Magie de la "corde" :
Cette magie était fréquemment utilisée dans les campagnes. On faisait passer le lait des vaches de son voisin dans les siennes au moyen d'une corde magique fabriquée avec les cheveux et comportant des noeuds.

Une société elfique organisée : les dun-elfen ou Elfes des collines creuses

D'après le "livre de la vache brune", les Elfes des collines creuses sont issus du peuple elfique des Tuatha Dé Danaan (ce qui veut dire la tribu de Dana, du nom de la déesse de la fertilité). Cette tribu est connue comme celle des dieux et pères légendaires de l'Irlande.
On pense que ces Elfes pourraient être des créatures divines exilées du paradis. Leur règne sur terre fit bref. Chassés par la tribu des Milésiens, venus du royaume des morts, lors de la bataille qui eut lieu dans la plaine de Mag Tured, ils se réfugièrent dans les collines creuses. Les Tuatha furent alors nommés Sidhes, le peuple des collines.
Ces sociétés d'Elfes se déploient dans des éminences qu'ils vident passagèrement de leur substance. Ces collines creuses, appelées Daoine Sith, sont de véritables villes souterraines. Les Elfes y pénètrent par n'importe quelle crevasse où l'air peut passer. Où qu'elles soient, ces demeures sont toujours des paradis, baignant dans des clartés éblouissantes, même si seuls leurs habitants (et quelques initiés) peuvent lever le voile d'invisibilité qui les recouvre.


Une société utopique
Toute société humaine ou animale se constitue en raison de deux nécessités : se procurer de la nourriture et se défendre contre les agressions, internes et externes. La société elfique des collines s'est constituée sans aucune de ces deux nécessités !
Premièrement le problème de la rareté de la nourriture ne se pose pas pour ces Elfes : ils en ont toujours jusqu'à plus soif.
Deuxièmement, ils ne craignent personne, grâce à leur nature hautement magique.
Et troisièmement, ils ne se battent jamais entre eux, suite aux raisons précédemment citées.
Si les Elfes des collines se regroupent en communautés, c'est uniquement dans le but de faire la fête ensemble. Leur monde s'apparente à une espèce d'eldorado, y compris sur le plan matériel puisque les collines dans lesquelles ils élisent domicile regorgent d'or, d'argent et de pierres précieuses : trésors que les Elfes accumulent depuis des millénaires.

Un monde souterrain lumineux
Une garenne d'Elfes des collines se situera toujours près de la surface de la terre, à la différence des communautés formées par leurs cousins Elémentaux de la terre, les Nains.
L'intérieur des galeries d'une garenne d'Elfes est illuminé comme en plein jour, grâce au fluide astral que diffuse le corps des Elfes. En réalité, c'est tout ce que nous savons d'à peu près certain, car il semblerait que l'aménagement de ces garennes relève entièrement de l'art de la magie. Les humains qui se sont retrouvés au milieu des Elfes des collines ont tous décrits des palais, des lieux enchantés, de véritables paradis, difficiles à imaginer sous terre, il faut bien l'avouer.
Quoi qu'il en soit, ce spectacle féerique se dissipe toujours en un instant et l'on se retrouve assis sur la colline en se demandant si l'on a rêvé.

La manie du déménagement
Les essaims d'Elfes des collines se font et se défont continuellemnt au gré de l'humeur de ces entités qui vivent jusqu'au bout de leurs ailes leur tendance elfique de base : le besoin incessant de changement. C'est pourquoi, même s'ils sont organisés en communauté, les Elfes des collines déménagent tous les six mois : le 1er juin et le 1er novembre de chaque année.
Mais parfois, c'est encore plus souvent ! En effet, bien que les Elfes cherchent à attirer le shumains par tous les moyens, ils ne supportent pas qu'un mortel installe leur demeure sur la colline où ils ont élu domicile. On a vu des maisons, des églises, des châteaux transportés ailleurs ou même détruits.

Précaution : maintenir toujours ouverte la porte de sa maison pour laisser le passage aux Elfes. Certaines personnes prudentes dotent leur demeure d'une porte de sortie qui fait face à celle d'entrée.


La fileuse

Les fées rendent aussi, quelquefois, visite aux grandes personnes - principalement à celles qui semblent d'humble condition - et s'intéressent à ce qu'elles font. Heureuse la femme qui peut se mettre dans leurs bonnes grâces, mais aussi, malheur à celle qui le prend de haut avec elles et les blesse par une irrespectueuse curiosité !
Une femme filait près de son feu, une fée vint et lui dit :
- Oh ! Que tu files bien !
La fileuse trouva d'abord plaisir à ce langage, mais comme la fée répétait toujours la même chose, elle finit par s'en fatiguer et en montrer de l'ennui.
- Comment t'appelles-tu ? fit-elle, pour changer de conversation.
- Moi-Même, répondit la fée. Oh ! que tu files donc mal !
C'était vrai : le fil, si souple, si fin tout à l'heure, alors que la fileuse était calme et contente, devenait sec et inégal, depuis qu'elle s'agitait sur sa chaise, boudeuse et maussade.
- Tu dis ? reprit-elle.
- Moi-Même, répondit la fée. Oh ! que tu files donc mal !
- Répète....
- Moi-Même. Oh ! que tu files donc mal !
La fileuse irritée saisit sa quenouille pour la briser sur la tête de la fée, mais celle-ci eut tôt fait de la lui arracher des mains, de la jeter au feu et d'y pousser en même temps l'effrontée qui voulait la frapper.
- Crie tant que tu voudras, la belle, à pleine gorge, à plein poumons, tu resteras là jusqu'à ce qu'on t'en retire, et ce ne sera pas moi.
Un homme entre :
- Qui t'a jetée dans le feu ? dit-il en courant au secours de la fileuse.
- Moi-Même, répondit-elle
- Eh bien ! restes-y !
Peu après, la porte s'ouvre de nouveau ; cette fois, c'est le mari. Il était temps qu'il arrivât et heureux qu'il eût le coeur tendre : autrement, la fileuse grillait tout du long, condamnée à une mort certaine.

***
Léopold-François Sauvé se fait ici l'écho d'une légende qui n'est pas sans rappeler la ruse d'Ulysse qui, prisonnier du cyclope Polyphème prétend s'appeler "Personne" et ce disant, prive son geôlier de l'aide de ses semblables (Homère - l'Odyssée)
Charles Sadoul ("Le Sotret", le Pays Lorrain, 1930) rapporte à peu près la même histoire qu'il situe à Mortagne (près de Bruyères-en-Vosges) mais le héros est un sotré (lutin), qui a également pour nom "Moi-Même", et non une fée.

Il est donc des fées facilement irritables et susceptibles. Mais il en est aussi, qui, par nature et par jeu, aiment parfois tourmenter les humains. On peut citer à ce sujet les fées d'Ugny (Meurthe & Moselle) qui, sous l'apparence de grands chiens noirs ne cessent de jouer des mauvais tours aux habitants. Ces fées, dit la légende, avaient élu domicile en un lieu appelé "la Faïerie" mot qui désigne, comme le mot anglais "fayry" non seulement les fées mais aussi l'ensemble du petit Peuple de Féerie (lutins, elfes, gnômes, etc.)

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