dimanche 6 janvier 2008

Voleurs d'enfants

En Ecosse, on les appelle "bonnets rouges" ou parfois même "bonnets sanglants". Occupant les châteaux, les tours, et les donjons en ruine, ils tuent sans pitié tous ceux qui s'aventurent dans ces lieux. Mais ils traitent avec une grande douceur les nouveau-nés qu'ils enlèvent dans les villages du voisinage.

Beaucoup de petits êtres plus ou moins hideux du royaume de Féerie ont la mauvaise réputation d'être des voleurs d'enfants.
Les trolls, les farfadets, les korrigans sont assez coutumier du fait, et ils enlèvent les enfants humains, uniquement par méchanceté. A la différence des fées, qui, elles aussi, enlèvent parfois un enfant, mais pour lui octroyer des dons et lui donner une éducation féerique.

Par exemple, une femme korrigane (ou autre : farfadette, trollette...) vole un enfant dans son berceau (surtout s'il n'est pas encore baptisé) pour le remplacer par l'un de ses affreux rejetons : un bébé noiraud et maigre qui hurle tout le temps et ne sourit jamais.
Mieux vaut ne pas maltraiter cet énervant petit être, sinon le bébé humain risquerait d'être victime de représailles dans le monde des korrigans.

Pour retrouver son bébé, la mère peut tenter de faire parler le petit korrigan. Elle doit s'y prendre ainsi : dans des moitiés de coquilles d'oeufs, elle place des éclats de bois ou des fétus de paille. Voyant cela, le bébé korrigan s'écrie : "J'ai 300 ans, et pourtant je n'ai jamais vu tant de petits pots comme ci et avec tant de petites cuillers comme ça ...". Alors, la korrigane vient rechercher son rejeton et rend le bébé à sa mère.
Le tout est d'arriver à faire parler le bébé de remplacement et à lui faire dire son âge, toujours très élevé : jamais on n'en a vu de moins de 100 ans. Selon d'autres traditions, il faut aussi lui faire dire son nom, ce qui est encore plus difficile, car la plupart de ces noms sont difficilement prononçables pour un humain.

Il arrive que la mère humaine ne puisse récupérer son enfant et élève l'enfant des trolls, ou des korrigans, qu'on finit par appeler le changelin (car il a été échangé dans son enfance).
Et que deviennent les enfants élevés par les fées ou autres membres du Petit Peuple ? Eux non plus ne sont jamais heureux dans leur monde d'adoption, bien qu'ils y soient toujours bien traités. Certains finissent par revenir parmi les hommes et les comblent de procédés magiques qu'ils ont appris "là-bas".

De temps à autre, une sage-femme est enlevée : c'est pour aider à l'accouchement d'une fée. On la récompense d'une poignée de paille, d'un sac de charbon ou de pelures d'oignons, qui se transformeront le lendemain en or. De même, on connaît des nourrices ou des mères enlevées pour nourrir des enfants du Petit Peuple. Cette captivité particulière peut durer des années ; à leur retour, elles ne reconnaissent rien de leur propre monde.

Les gnomes

Plus petits que les nains, les gnomes sont mieux proportionnés, ce qui les fait ressembler à des humains en miniature. Selon certaines sources, leurs femmes portent la barbe et leur bonnet rouge les rend parfois invisibles.

Les avis sont partagés sur les gnomes, mais tous les spécialistes s'accordent à voir en eux des petits êtres farceurs, voire carrément horripilants.

Les gnomes mesurent une trentaine de centimètres de haut et sont souvent laids et ridés. Ils habitent sous la terre, apparaissent et disparaissent à volonté.
Leurs femmes qui s'appellent gnomides, sont contrairement à eux plus jolies et agréables, bien habillées et proprettes. Mais les gnomes ne détestent pas épouser de belles femmes humaines.

Les gnomes sont, en quelque sorte, des lutins vieillis. Comme eux, ils peuvent être des aides efficaces au foyer si on pense à les récompenser d'un verre de lait ou d'une tranche de pain. Ils sont discrets et ne se montrent que le moins possible. Mais leurs farces sont souvent méchantes et empoisonnent la vie des gens aux champs ou dans les maisons.

Ils renversent les seaux de lait, défont les piles de linge, dispersent le foin mis en meules, font tomber les faux, les fourches et les râteaux, au risque de blesser quelqu'un. Ils cassent la vaisselle, empêchent le feu de prendre, égarent les outils, font claquer les portes, bref, ils sont insupportables.

Alors que les lutins font des farces juvéniles, et s'excusent dans un éclat de rire, les gnomes font des farces beaucoup moins drôles, dans le but bien précis de semer derrière eux le plus de désordre possible.

Les korrigans

Nains, gnomes, gobelins et korrigans ont bien du mal à vivre dans notre monde moderne. Effrayés par les villes, les champs cultivés, les routes et les usines, ils aiment se réunir autour des pierres dressées, symboles silencieux d'une époque révolue.

Les korrigans sont bretons et il est aisé de leur trouver quelques affinités et ressemblances avec les gobelins.

Leur nom vient du breton korig et signifie tout simplement "petit être nain". Par ailleurs, on les appelle aussi quelquefois poulpiquets.

Ils sont absolument hideux : d'une cinquantaine de centimètres, très poilus, ridés, maigrichons, ils portent le plus souvent une courte queue de bouc, des pattes de chèvre, voire parfois une paire de petites cornes sous leur grand chapeau. Une bourse d'or pend à leur ceinture. En dépit de leur aspect, les korrigans sont d'une force surhumaine et détiennent quelques pouvoirs magiques, qu'ils révèlent très rarement aux hommes.

Ils vivent dans des lieux particuliers : alignement de menhirs ou cercles de dolmens, toutes cités mégalithiques druidiques. Les korrigans consacrent une grande partie de leur temps à danser, la nuit, autour de ces édifices millénaires. L'humain qui passe à proximité n'a guère intérêt à participer à la danse si on l'invite, car il pourrait bien en mourrir d'épuisement : il serait incapable de s'arrêter.
Mais si un humain plaît aux korrigans, par exemple, pour avoir donné un nouveau refrain à une chanson korrigane, ils peuvent lui fournir en récompense un sac empli de feuilles mortes. Le lendemain matin, les feuilles se seront transformées en pièces d'or.
***
Extrait de " l'encyclopédie du fantastique" de Béatrice Bottet
selon un anonyme....

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...