vendredi 28 décembre 2007

BONNE ANNE 2008 !



Mélusine vous présente ses meilleurs voeux pour 2008...
Que cette année soit plus belle et plus douce que la précédente
et vous apporte sérénité, joie et paix !
Qu'elle vous permette de réaliser tous vos rêves et vos espoirs...
Qu'elle vous soit riche en événements joyeux...
Avec toute mon amitié et ma tendresse.

Les douze nuits enchantées

En Wallonie, on croyait que les douze nuits qui séparent Noël de "Djou dèl trème" (Jour du treizième) ou Fête des Rois, sont des nuits enchantées. C'est une époque propice aux maléfices, où l'on peut découvrir nombre de "Signes" mystérieux. Au demeurant, ce ne sont que les anciennes Fêtes du Joul ou du Midwinter qui se continuaient jusqu'à la douzième nuit que nos ancêtres appelaient "Nuit de La Sainte Lumière" et qui était la dernière des douze nuits enchantées. Notons que le jour de La Ste Lumière, nous voyons réapparaître dans la légende, l'étoile que les Rois Mages suivirent.

D'autres textes wallons nous disent "qu'il n'est vraiment pas possible de sortir ainsi brusquementd'une fête comme Noël".

Aussi, les traditions, dans leur infinie sagesse, en ont-elle prévu une ample résonance. Ce sont les Douze Nuits Enchantées qui séparent Noël, naissance de l'Enfant, de l'Epiphanie, sa manifestation aux Rois de la Terre. La Douzième Nuit, la plus solennelle, est la Nuit de la Sainte Lumière, en mémoire de l'Etoile des Mages et de cet Enfant nommé "Lumière pour l'éclairement des Nations".

L'origine de ce cycle reste bien mystérieux mais c'est un temps de semi repos où les vigiles sont marquées, comme dans la vieille liturgie classique, d'un caractère sacré. Le cycle sert à prévoir le temps qu'il fera dans les douze mois à venir, chacune des douze nuits correspondant à un mois. 25-26 pour janvier ; 26-27 pour février et ainsi de suite jusqu'à la nuit du 5 au 6 janvier pour le mois de décembre. C'est l'Epiphanie qui clôt les présages et les ratifie. Si ce jour là est clair, les présages des douze nuits enchantées sont sûrs. S'il y a neige ou pluie, ils sont incertains.

Plus troublant encore, suivant les régions du Monde, ces jours qui séparent Noël de l'Epiphanie sont peuplés de croquemitaines et autres personnages insolites. Babouchka, Snegourotshka, Berchta, Bogey Man, Lucie, Dame Holle, Mélusine, Tante Arie, La Befana... sont autant d'êtres étranges qui se partagent Temps de l'Avent et Douze Nuits Magiques.

En France, le temps de Noël pouvait varier selon les régions et s'étendre du début du mois de décembre jusqu'à la Chandeleur. Le plus souvent, il désignait les douze jours qui vont de Noël aux Rois. Cette période pouvait porter des noms différents selon les régions : Calendo en Provence, Chalende en Dauphiné, Nadal en Languedoc, Nan en Anjou, Poitou, Charente, Nedelec en Bretagne,et le plus répandu de tous : Noël.

Tante Arie

Emmitouflée de châles, les pattes d'oie pelotonnées au fond des charentaises, assise près du poêle, Tante Arie sommeille au rythme des ronrons du chat. Son dentier de fer s'oxyde dans l'eau d'un verre, cela fait bien des solstices qu'il ne mord plus les vents de sa tenaille de verglas. Abandonnés aux araignées, le sac de grêle et le bâton à foudre s'empoussièrent. A force d'avancer dans l'âge, la meneuse de nuées sauvages, satellite de Berchta, n'a plus trop envie de bousculer la météo, de tirer la bordée solaire. Derrière la buée de ses lunettes, au fur et à mesure que la vue baisse, elle perçoit les agissements des hommes à travers le flou surexposé d'une vision de vieille Fée. Ses noires colères sont passées, endormies par de journalières infusions de tisanes philosophiques.
Les anciens se souviennent de ses frasques et colères, lorsque chevauchant les Hargnes elle frappait les campagnes de sa trique à foudre.
De la même façon que ses congénères et pour les mêmes raisons, elle s'est rapprochée des enfants dont les univers sont proches. Il n'y a guère plus qu'eux pour s'intéresser à elle, il n'y a guère plus qu'eux pour lire l'univers dans le givre des carreaux.
Tante Arie ou Fée Arie ne sort désormais qu'une fois l'an. A la Noël elle émerge de sa demeure perdue au fond des forêts franc-comtoises, enfourche son âne aérien et retrouve ses pouvoirs de jeunesse.Toute la nuit elle visite les maisons, passe par les cheminées, les trous de serrure, offre des cadeaux aux enfants sages qui ont laissé carottes et navets pour sa monture, menace les garnements,les coiffe de bonnets d'âne, vérifie la bonne tenue de la cuisine, inspecte les meubles et les nids de poussière.
Autrefois elle récompensait d'une bourse d'or les meilleures fileuses, aujourd'hui elle dépose aiguilles et pelotes de laine aux bonnes tricoteuses. On dit qu'elle peut encore se transformer en serpent, faire tomber la neige en secouant sa chemise, trouver un mari aux jeunes filles qui viennent lui apporter des présents. Elle apprécie les invitations aux veillées ; celui qui lui demande de réaliserun vœu avec suffisamment de ferveur entend un bruit de clochette tinter au loin, c'est signe qu'il se réalisera.
Lorsqu'elle rencontre un orphelin, elle l'emporte sur son dos et lui donne à téter ses mamelles jetées par-dessus ses épaules. Agaberte, Fée des neiges, fait aussi à l'occasion la nourrice.
Sa tournée terminée, Tante Arie repasse par le Jura chez son amie Berthe, la Fileuse qui ne voit plus personne et ne quitte plus sa grotte depuis que les femmes ont remisé leurs quenouilles.

La bûche

Un jour, ou plutôt une nuit, une femme crut distinguer, près du petit lit où dormait son dernier-né, une grande forme blanche.
- Qui est là ? cria-t-elle tout apeurée.
- Tu n'as pas besoin de le savoir, lui répondit une voix.
- Qui es-tu ? Que viens-tu faire ici ?
- Visiter ton enfant.

- Va-t-en !
- Sur l'heure, mais le petit mourra dès que la bûche qui est au feu sera brûlée.
En entendant ces mots, la pauvre mère se sentit prise d'étouffement. Elle eut pourtant le courage de regarder bien en face la personne qui lui parlait, et put ainsi remarquer qu'elle avait les doigts des mains attachés ensemble (palmés). A ce signe, elle reconnut qu'elle avait affaire à une fée. D'un bond, elle se précipite vers le foyer, enlève la bûche, l'éteint et la renferme, sous double tour de clé, dans une armoire.
L'enfant grandit, devint un homme et vécut cent ans. Si, par mégarde, la bûche n'avait été retirée un jour de l'armoire par des mains ignorantes et jetée au feu, cet homme vivrait encore probablement aujourd'hui.
***

La fée qu'on a mis vertement à la porte sans qu'on sache la raison de sa visite à l'enfant, se venge à sa manière, comme Dame Agaisse s'était vengée des chênes du Hennefête (et que je vous raconterai prochainement).
Hormis cette malédiction qui est l'apanage des mauvaises fées -ou tout au moins des plus susceptibles - la remarque des doigts des mains attachés ensemble est intéressante. En effet, ces mains palmées font penser à un palmipède bien connu : l'oie, qui représente symboliquement "La femme de l'Autre Monde", "La Messagère de l'Au-Delà", la femme fée. De ce fait, la légende de la bûche pourrait bien avoir son origine et sa place dans les croyances des pays celtes (France, Irlande, Pays de Galles), d'autant plus que nous savons, par César, que l'oie était tabou chez les Bretons qui l'élévaient sans la manger et que c'était donc un animal sacré (pour des raisons surtout oraculaires).
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