mercredi 19 décembre 2007

Les champignons


Selon la mythologie scandinave, les champignons sont nés de l'écume sanglante tombée de la bouche du coursier d'Odin, Sleipnir, le terrible cheval à 8 pattes du maître des Runes.
Certains sages affirment ainsi que les champignons sont une des formes les plus pures de manifestation de Mana, cette énergie magique dont sont constituées les Fées et certains cristaux bruts : ce serait une des raisons de leur affinité ancestrale avec toutes sortes de pratiques magiques.
Les guerriers vikings ingéraient en effet des amanites tue-mouche (Amanita muscaria) pour montrer un courage surnaturel au combat (fureur berserk), tandis que les jeunes garçons de Laponie en suspendaient à leur ceinture comme talisman pour faire la cour aux demoiselles.
Chez les Celtes, il était interdit d'en consommer car on pensait que le champignon était trop proche des Dieux.
Les chamans de diverses régions les utilisent également depuis l'aube des temps, pour faciliter la transe et entrer en contact avec les esprits mais dans nos contrées, les champignons ont par contre acquis une réputation plus sulfureuse et maléfique, ils sont souvent associés au diable et à la sorcellerie, comme l'attestent nombre de leur appellations : œuf du diable, bolet de Satan, tête de feu et autres trompettes de la mort…
Mais n'oublions pas pour autant les selles de dryades, casquettes de nains ou bâtons jaunes des Fées ! Les champignons sont aussi les alliés intimes du Petit Peuple. Les "cercles des Fées", parfois vieux de plus de 600 ans, qui poussent dans les clairières ou autour de certains arbres, marquent les lieux où elles aiment venir danser sous la Lune.
On dit aussi qu'ils désignent l'emplacement de trésors que l'on peut découvrir qu'en faisant un pacte magique avec elles, tandis qu'une légende tyrolienne affirme que ces cercles surnaturels naissent de la queue enflammée d'un dragon.

Les fées bienveillantes à l'égard des filles et des gens du voisinage

Les récits populaires sont en général bienveillants pour les dames des cavernes et beaucoup parlent de services qu'elles se plaisaient à rendre aux hommes.
Les habitantes de la Grotte des Fées du Puy de Préchonnet comblaient de bienfaits les gens de la contrée ; elles présidaient aux naissances, aux alliances conjugales, et jamais on ne recourait en vain à leur baguette magique.
Tante Arie, la fée utopique de l'Elsgau (Jura bernois), qui est aussi connue en Franche-Comté, faisait son séjour dans une caverne de la Roche de Faira, d'un accès difficile. Elle protégeait les femmes laborieuses, mais elle emmêlait la quenouille des filles qui s'étaient oubliées.
Trois fées qui demeuraient dans la Grotte des Fées de Sancey-le-Grand faisaient prospérer les familles de ceux qui les en priaient ; elles donnaient de beaux et bons maris à toutes les jeunes filles qui leur apportaient quelque offrande, et qui surtout leur promettaient d'être bien sages. Malheureusement, l'une d'elles se conduisit mal ; les garçons s'en moquèrent, et comme on savait qu'elle était allée à la Grotte des Fées, on tourna en dérision le pouvoir des bonnes dames ; elles en éprouvèrent tant de chagrin qu'elles s'éloignèrent à jamais du pays.

Un passage de Noël du Fail semble montrer qu'au XVIe siècle, les fées de la Haute-Bretagne avaient aussi la réputation de veiller sur la vertu des paysannes. Des gens ayant effrayé par des lumières fantastiques les garçons et les filles qui se rendaient à une filerie, le bruit courut le lendemain qu'on avait vu le loup-garou, et les autres "affermoyent que c'estoient les Fées courroucées de ce que les filles alloient la nuit".

Parfois, les bonnes dames témoignaient plus d'indulgence pour les personnes de leur sexe. Une jeune fille qui, prise des douleurs de l'enfantement, allait se réfugier chez une de ses amies, passait un soir en pleurant près des grottes de Rinbanys ; les fées eurent pitié d'elle et la recueillirent dans leur caverne où elles aidèrent à sa délivrance.
La même compassion est attribuée en Haute-Bretagne à des fées qui cachent dans leur "houle" une pêcheuse enceinte qui voulait se noyer.

Au commencement du XIXe siècle, les fées de l'Ain étaient des vieilles filles sages et vertueuses qui demeuraient dans des grottes et apprenaient aux jeunes filles à coudre et à filer ; voulant récompenser leurs écolières les plus diligentes, elles leur donnèrent de petits papiers pliés pour acheter quelques parures ; elles y mirent comme condition que celles-ci ne les ouvriraient pas avant d'être rendues chez leurs parents. Les jeunes filles résistèrent d'abord à la tentation, mais la curiosité finit par l'emporter. Quand elles furent arrivées à un endroit qu'elles désignèrent, les paquets furent ouverts, et elles n'y trouvèrent que des feuilles de buis.

Les fées de la grotte des Arpales, dans le Valais, près du mont Brûlé, rendaient sevice aux hommes, et les habitants du voisinage allaient les trouver quand ils avaient besoin de quelque chose ; un jour d'hiver où il ne restait plus de feu dans le village de Comoire, on députa aux bonnes dames une vieille femme, et quand elle leur eut exposé sa demande, elles lui dirent de tendre son tablier, qu'elles allaient y mettre le feu, mais qu'elle devait n'y pas regarder ni y toucher jusqu'à ce qu'elle fût arrivée à sa demeure. La vieille résista à la curiosité, et quand elle eut jeté ce braiser sur son foyer, les charbons se changèrent en un beau lingot d'or.


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