mercredi 12 décembre 2007

Le langage des fleurs

Toujours en usage dans les cours Seelie et Unseelie, le langage des fleurs se doit d'être parfaitement maîtrisé quand on souhaite courtiser une jolie dryade ou bien si un faune charmant nous conte fleurette !

"Aimez-moi comme je vous aime" : Myosotis.

"Aimons-nous jusqu'à la fin des temps" : Primevère
"Amis pour toute la vie" : Pervenche
"Comptez sur moi" : Mouron des Oiseaux
"Connaissez-moi davantage" : Châtaignier
"Défendez-moi" : Houx commun
"Éclairez-moi" : Joncs épars
"En vous voyant, mon cœur est blessé" : Thym et Serpolet
"Fidélité à toute épreuve" : Calcédoine
"Fuyez cette beauté perfide" : Mancenillier
"Innocente victime de la jalousie" ; Anémone
"J'ai perdu tout repos" : Euphorbe
"J'ai tout perdu" : Scabieuse ou Fleur de veuve
"Je souhaite conquérir votre coeur" : Sycomore
"Je cherche la solitude" : Bruyère commune
"Je fais vœu mais redoute l'amour" : Belle de Nuit
"Je fuis l'amour" : Nyctage
"J'éloignerais de vous les méchants" : Absinthe citronnée
"Je m'attache à vous : Jasmin rouge
"Je me rendrais digne de vos soins" : Lierre
"Je ne puis vous quitter" : Lychnide compagnon
"Je ne vous survivrais pas" : Mûrier Noir
"J'en suis fâché" : Bouquet de basilic
"Je pense à vous" : Violette et pensée
"Je sais apprécier vos talents" : Genêt
"Je serais docile" : Jonc des champs
"Je t'aime malgré ta cruauté" : Épine double
"Je te suivrais partout" : Rue sauvage
"Je vous aime plus que moi-même" : Héliotrope
"Je vous estime" : Sauge
"J'y songerais" : Marguerite blanche

" Là ou tu vas je te suivrai ; là ou tu tournes je tournerai" : Tournesol (d'après Namous)
"Les bonnes actions survivent aux siècles" : Luzerne
"M'aimez-vous ?" : Chrysanthème des près
"Ma tendresse est pure" : Ornithogale
"M'est-il permis d'espérer le bonheur ?" : Trèfle
"Mes yeux ne voient que vous" : Hélianthe
"Ne m'oubliez pas" : Fleur de cerisier, Myosotis
"ne vous y fiez pas" : Tête de dragon
"On cherche à vous séduire" : Oreille d'ours
"Oublions le passé" : Millepertuis

"Plus je vous vois, plus je vous aime" : Miramis
"Pourquoi fuir ?" : Nyctage
"Rassurez mon âme affligée" : Verge d'or
"Rendez-moi justice" : Fussilage, Châtaignier
"Répondez-moi" : Lavande Aspic
"Rien ne pourra changer mon cœur" : Lavande
"Sauvez-moi" : Angélique
"Séchez vos larmes" : Marjolaine
"Tenez vos promesses" : Prunier
"Tout est soumis à votre Empire" : Frêne
"Unissons-nous" : Épilobe à épi
"Viens me voir" : Orme
"Vos yeux font de cruelles blessures" : Vipérine
"Votre beauté est noble et majestueuse : Rose trémière
"Votre présence a dissipé le trouble de mon âme" : Romarin
"Vous brillez de mille attraites" : Renoncule
"Vous êtes belle mais froide" : Hortensia
"Vous êtes un assemblage de perfections" : Oeillet des poètes
"Vous m'abreuvez d'amertume" : Absinthe
"Vous me donnez la mort" : Aconit, Vesperine
"Vous me fuyez" : Épine Vinette
"Vous me plaisez" : Groseilliers
"Vous me rendez le courage" : Basilic
"Vous m'inspirez" : Bourrache
"Vous perdez votre temps" : Dent de Loup
"Vous rendez le calme à mon âme" : Lupins


Harpie


Rarement isolées, les harpies préfèrent chasser en bandes de vingt à trente individus. Outre leurs serres acérées, elles possèdent deux armes redoutables : leurs cris suraigus et une odeur nauséabonde !


Mieux vaut éviter la rencontre avec cette étrange créature de la mythologie grecque. Vicieuse et méchante, elle cherche à faire souffrir autour d'elle.

Bien qu'on ait peu de détails sur les harpies, on sait qu'elles ressemblent à des oiseaux géants à tête de femme, portant un bec de rapace, des seins lourds et des serres griffues. Les harpies traînent derière elles une telle odeur de charogne que leur pestilence fait s'évanouir les plus courageux !

De nos jours, leur nom est passé à une variété d'aigle d'Amérique du Sud.
Peu aimablement, il désigne aussi une femme au caractère acariâtre.

Le brownie des Mc Culloch

Nombreux sont les petits êtres et esprits de la terre attachés à une famille noble, surtout dans les pays anglo-saxons. Très discrets, ils exercent une fonction protectrice sur les membres de ces familles. Quand ils se manifestent, c'est souvent qu'ils ont un motif de se plaindre...


Godfrey Mc Culloch, jeune et brave seigneur écossais, chevauchait à travers la lande.Tous ces beaux paysages recouverts de bruyère qu'il traversait tranquillement étaient ses propres terres. En Ecosse, on n'a que faire de domaines rabougris : les possessions des Mc Culloch étaient immenses et Godfrey aimait les parcourir, fièrement monté sur son cheval. Il vérifiait les frontières avec ses voisins, contrôlait le bon état des villages, localisait les troupeaux de moutons, jetait un coup d'oeil aux tourbières et aux murets de pierres sèches, puis rentrait au château. Bien au sec, il notait aussitôt ce qu'il était nécessaire d'améliorer.
Ce jour-là, sir Godfrey avait presque fini sa tournée. Comme le temps était humide et froid, il était fort pressé de rentrer chez lui et de s'installer au coin du feu avec un bon verre. Mais il était dit qu'il n'arriverait pas de sitôt....
A peine quelques miles le séparaient de son manoir quand un cheval et son cavalier se dressèrent soudain devant lui. Comment étaient-ils arrivés là ? Sir Godfrey se gratta le front. Pour une fois, la brume n'était pas de sortie. Le paysage était bien engagé à des lieues à la ronde et il ne les avait pas vus avancer. Néanmoins, il salua le cavalier.
- Eh bien moi, je ne vous salue pas ! répondit celui-ci du tac au tac.

"Allons bon", se dit Godfrey.
Il détailla d'un peu plus près son interlocuteur, qui était perché sur un petit cheval blanc hirsute. L'homme semblait vieux, le visage ridé et quelque peu maussade, des cheveux blancs, des membres noueux... Il portait un petit habit vert guère soigné et un drôle de bonnet de la même couleur.
- J'habite au-dessous de chez vous... commença l'étranger.
- Impossible, l'interrompit Mc Culloch, il n'y a personne au-dessous de chez moi ! Rien que mes caves, qui sont bien surveillées...
- N'insistez pas, continua l'autre d'un ton sévère. J'habite au-dessous de chez vous et le scanalisations de votre égout pleuvent chez moi. C'est fort désagréable !
- Comment...! s'écria le seigneur du lieu.
- Ah ! Vous feriez mieux de remettre tout votre système d'évacuation en état... grogna le petit être. J'en ai plus qu'assez de cette eau qui me coule sur le crâne et abîme mon intérieur.
Sir Godfrey, après un petit moment de stupeur bien compréhensible, avait fini par reconnaître un brownie. C'est ainsi qu'on appelle les petits êtres à figure humaine, un peu nains, un peu lutins, un peu gnomes, qui croisent parfois la route des hommes.
Les brownies savent vivre en bonne intelligence avec les humains, pourvu qu'on soit aimable avec eux et qu'on facilite leur vie. Dans ce cas, ils rendent la pareille et font même parfois davantage.
"Ainsi, il y a donc un brownie sous le château...", réalisa Godfrey. Voilà une surprise, jamais il n'aurait imaginé cela.
- Faites réparer ces maudites canalisations, insista le brownie sans amabilité. Ou vous pourriez le regretter.

Là-dessus il s'éloigna sur son poney et disparut. Evaporé ? Masqué par une écharpe de brume ? Nul ne le savait.
Mc Culloch se garda bien de désobéir au brownie. Il fit vérifier ses tuyaux, son système d'évacuation et répara sans tarder les canalisations qui fuyaient. Il supposa que le brownie satisfait des travaux, puisqu'il n'entendit plus parler de lui.
Quelques années plus tard, Mc Culloch eut maille à partir avec l'un de ses voisins. La querelle ne s'apaisant pas, il eut la mauvaise idée de le provoquer en duel. Idée funeste même, parce qu'ayant blessé son adversaire, il fut emprisonné à Edimbourg, jugé et condamné à mort.

Le jour de l'exécution arriva. Mains liées derrière le dos, le prisonnier devait être conduit en charrette jusqu'à l'échafaud où l'attendait la hache du bourreau. la foule était dense et se pressait contre le convoi. Sir Godfrey ne pouvait rien faire d'autre que murmurer quelques prières, bien certain que sa dernière heure était venue.
Tout à coup, un bruit de galopade se fit entendre et un petit poney blanc fendit la foule, monté par le brownie. En un tournemain, celui-ci fit sauter sir Godfrey en croupe derrière lui, s'élança au grand galop et disparut à une vitesse telle que les hommes d'armes ne purent esquisser un geste.
Pour une canalisation réparée, le brownie avait sauvé la vie de son seigneur, l'habitant des étages supérieurs. On dit que le condamné miraculé ne fut pas poursuivi par ses juges et put continuer à diriger ses terres.
On dit aussi que, depuis cette date, le clan prestigieux des Mc Culloch ne manque jamais une occasion d'honorer son brownie domestique, qui fait pour ainsi dire partie de la famille.

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