jeudi 29 novembre 2007

Les lutins

Les pixies (ou piskies), lutins du Devon et des Cornouailles, au sud-ouest de l'Angleterre, prétendent avoir chassé les fées de la région. A l'origine, ils étaient de taille humaine, mais ils n'ont cessé de réduire avec le temps. Aujourd'hui, certains sont à peine plus gros qu'une souris.

Les lutins : Il existe des milliers de sortes de lutins dans le monde, dont les caractéristiques varient, bien sûr, mais dont on reconnait toujours les traits généraux.

Portrait du lutin
Le lutin mesure rarement plus d'un pied de haut, mais on en connait qui sont encore plus petits. Les géants du monde des lutins ne dépassent pas la taille d'un enfant de 5 ans !
Quel que soit son âge, le lutin a un petit air toujours jeune, presque adolescent. (Sinon, il est à craindre qu'il soit devenu un gnome). Certes, il ne bénéficie pas d'une stature d'athlète, mais il est svelte et souple. Son petit visage est large de front, pointu du menton. D'ailleurs, ses oreilles aussi sont pointues, légèrement décollées, ce qui lui va plutôt bien. Il a les yeux fendus en amande, pétillants et ironiques. Sa bouche est fine et rieuse, avec des petites dents poitues et une langue agile.

Preste et rapide, le lutin sait tout faire de ses dix doigts. Quelques lutins disposent de petites ailes légères et transparentes, ce qui leur permet de jouer, de folâtrer et de danser avec les fées des bois.
Les lutins portent des habits aux couleurs de la forêt, verts ou bruns, et un bonnet pointu sur leurs cheveux en broussaille. Ils se moquent totalement de savoir si leurs habits sont usés, troués, rapiécés... Si vous connaissez un gentil lutin à qui vous souhaitez faire plaisir, ne lui confectionnez jamais, ne lui offrez en aucun cas des vêtements neufs. Il les acceptera, bien sûr, mais vexé, ne reviendra jamais. (Par ailleurs, ce peut-être un moyen de se débarrasser d'un petit lmutin trop envahissant)


Activités des lutins
Certains lutins vivent tous ensemble dans des lutinières sous la terre. Ils ne font que s'y amuser et sortent rarement : ils sont trop heureux là où ils sont. Néanmoins, il arrive que l'un ou l'autre s'égare dans le monde. On peut ainsi en rencontrer près des grosses racines d'arbres, dans les bois sous les fougères, assis sur un talus parmi les fleurs, accroupis sur ou sous un champignon...
D'autres lutins sont de bons compagnons pour les fées. Ils font partie des esprits bienveillants de la nature et tiennent compagnie à ces demoiselles dans certaines de leurs activités. Et ils ne se privent pas pour leur jouer quelques tours de leur invention !
Cependant, la plupart des lutins sont domestiques. Ils vivent dans les maisons (ils aiment aussi beaucoup les écuries) et les habitants s'aperçoivent à mille petits signes qu'ils hébergent un de ces êtres du petit peuple.

Les complices de la maîtresse de maison
Les lutins peuvent aussi se montrer de précieux auxiliaires pour la maîtresse de maison. La nuit, ils effectuent une bonne partie du travail : ils rangent, étendent le linge, tirent de l'eau, astiquent les meubles, passent la serpillère, bêchent le potager, nourrissent le bétail, bref, aident au labeur des femmes qui savent les remercier d'une galette ou d'une tasse de caillé. Les lutins ont cette particularité de disposer d'une force sans rapport avec leur taille. Ainsi peuvent-ils transporter facilement des fardeaux qui semblent beaucoup trop lourds pour eux.
Les lutins ne se reposent jamais ! Quand ils ne travaillent pas, ils s'amusent, s'agitent, font des farces, se courent après, sautent, gigotent sans arrêt...
Les kabouters, les servans, les tomtes, les brownies, les nutons sont aussi de ces lutins qui n'hésitent pas à servir d'auxiliaires ménagers.

Origine
Selon une légende anglaise, les lutins sont des fantômes d'enfants morts avant le baptême. Ils ont fini par acquérir un corps, mais ils gardent pendant toute leur vie de lutin un esprit totalement immature. Leur attirance pour les farces, les petits jeux, les plaisanteries de mauvais goût tend à le prouver.

Les lutins et leurs amours

Bien souvent, les lutins s'amusent à séduire les demoiselles fées, dont ils apprécient le charme et la grâce. Ils cabriolent autour d'elles, les accompagnent dans leurs vols autour des arbres, imaginent de petites farces comme faire éclater une fleur sous leur nez, les font rire par leurs plaisanteries et leur bonne humeur est communicative. On dit alors, naturellement, qu'ils les lutinent. Les lutins n'ont pas les seules fées pour partenaires. Ils rencontrent aussi des lutines, qu'on appelle quelquefois lupronnes.
Quand un lutin et une lutine s'aiment vraiment, ils sont fidèles pour la vie et peuvent mourir de chagrin si leur partenaire disparaît. (Bien que les lutins puisssent vivre longtemps - au moins 300 ans - ils ne sont pas immortels pour autant).
On connait aussi quelques cas de lutins qui ont épousé des filles humaines.
La nuit, on peut les voir luire et clignoter dans l'obscurité, tels des feux follets.


Les rochers et les fées

Les noms de plusieurs blocs rocheux, isolés ou en groupe, rappellent leur relation avec des fées dont la légende est oubliée...

Trois pierres posées l'une à côté de l'autre au village de Kermovan en Maël-Pestivien s'appellent Ty ar Groac'h, la Maison de la fée.
Un gros amas de rocs à Châtel-Gérard (Yonne) est la Chaumière des fées.
Un terrain parsemé de grosses roches près du tumulus de Marcé-sur-Esves est le Cimetière des fées ou des Pucelles.
Parfois, avec le nom, on rencontre quelques traces des gestes des bonnes dames : lorsqu'il s'élève des vapeurs au-dessus du Châté de las Fadas, roche naturelle de la Creuse, on dit que les fées font la lessive.
Dans le Beaujolais, elles dansaient en silence, par les clairs de lune, près de la Maison des Fées, de la Cheminée des Fées et de la Table des Fayettes, qui se trouvent dans le bois de Courroux.
En Savoie, elles venaient la nuit faire des rondes sur la plate-forme de la Pierre des fées où l'on voyait le matin la trace de leurs pieds sur la mousse humide de rosée.

Des fées s'asseyaient souvent sur le Rocher des Fées, près de Saint-André-de-Valborgne (Gard), d'où l'on découvre la plus grande partie de la vallée.
Le bois de Néry, en Saint-Just-d'Avray, est parsemé de rochers bizarres, dont les cavités portent le nom de Marmites et Ecuelles des Fées ; il était vers le commencement du XIXe siècle, couvert d'un bois de chênes où les porcs allaient à la glandée. Un soir, le plus beau revint portant à son cou une bourse bien garnie. Le lendemain, les porcs furent envoyés au bois, mais celui qui avait apporté la bourse ne reparut pas. Les Fées l'avaient payé généreusement d'avance, et l'avaient pris pour leur cuisine. Cette légende est racontée en nombre d'endroits, et on l'attribue aussi à des fées qui habitaient l'amas des grosses pierres appelé Pierre Scellée.

Une pierre plate, dans un pré vers Chazeuls, est toujours propre, parce qu'une fée vient en secret l'essuyer tous les jours. Elle recouvre le palais souterrrain des fées de la Roche. Un jour, un bonhomme sentit l'odeur de la galette, il en demanda aux fées qui lui en donnèrent sur une nappe blanche avec un couteau d'argent. Le valet s'empara du couteau, et à chaque tour de roue de la charrue, elle criait : "Rends ce que dois".

Une roche informe près de Courgenay, dans le Jura bernois, appelée la Pierre des Fées, rcouvrait la boulangerie des bonnes dames ; durant la nuit, on les entendait battre la pâte dans le pétrin et l'on voyait même souvent la flamme du four.

Parfois les fées sont, comme aux rochers de Gravot (Côte-d'Or), associées à des personnages d'une nature quelque peu diabolique, sorciers ou génies malfaisants, qui s'y rendent la nuit pour le sabbat. Les dames blanches ou vertes rôdent dans les environs pour tâcher d'y amener des recrues.

Les fées du Gard maniaient autrefois les lourdes pierres de la montagne avec autant de facilité que si elles eussent été de la laine, et les réunissaient en tas ou clapiers qui existent encore. Pourtant, elles virent la vertu de leur baguette magique diminuer peu à peu ; alors les pierres ne leur parurent plus aussi légères, et elles disaient en les ramassant : "Hâtons-nous, car elles deviennent pesantes".

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Image Amy Brown
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