vendredi 16 novembre 2007

Demeures sous marines des sirènes. Leurs gestes.

La croyance à l'existence , même contemporaine, des sirènes, n'est pas complétement éteinte ; des gens prétendent les avoir vues ou plus souvent le savoir entendues

A Guernesey, où elles ne sont l'objet d'aucune légende, un vieillard de La Forest assurait qu'étant sur les falaises, il avait vu une compagnie de six Seirènes, qui se reposaient en bas sur la grève, et qui étaient moitié femmes et moitié poissons. Il se hâta de descendre pour les voir de plus près, mais à son approche, elles se jetèrent dans la mer et disparurent.

On disait naguère en Bretagne que plusieurs de ces sirènes avaient une demeure sous-marine non loin du rivage et qu'elles se montraient parfois à peu de distance de la côte ; quelques-unes semblaient affectionner un endroit déterminé. Il y a une quarantaine d'années, une de leurs familles, dont les pêcheurs trécorrois entendaient souvent le chant, se tenait entre Riouzic et Melban, deux des Sept-Iles.

La sirène de la Fresnaye se plaisait tout particulièrement dans la baie dont on lui avait donné le nom, et surtout à l'embouchure d'une petite rivière qui se jette dans une de ses anses. C'est là qu'on écoutait sa voix mélodieuse, lorsque, à mer montante, elle glissait sur les flots : partout où elle avait passé, elle laissait une traînée lumineuse.
Prise par un sabotier un jour que, bercée par les vagues, elle s'était endormie, elle le comble de ses dons, pour le remercier d'avoir consenti à la reporter dans son élément naturel, et quand elle quitte la Bretagne pour aller dans l'Inde, elle fait présent à ses enfants d'une bourse inépuisable ; une autre sirène donne une flûte à un petit pêcheur qui l'avait remise à l'eau, et elle vient à son secours toutes les fois qu'il en joue.



La ville de Chausey


Les pêcheurs de Cancale disent que lorsque la mer est belle et claire, on voit entre le Mont-Saint-Michel et les îles de Chausey, des débris de murailles, qui sont les restes d'une ville disparue. D'après les vieux marins de Saint-Malo, elle s'appelait Chausey et elle était bâtie sur trois cents collines, devenues trois cents récifs. Aux marées d'équinoxe on peut apercevoir les toits de ses maisons, et les clochers de ses églises.


Voici, suivant les Cancalais, comment elle fut submergée : autrefois la Manche n'était pas aussi grande que maintenant ; l'on pouvait aller à Jersey sans rencontrer d'autre obstacle qu'un ruisseau d'une faible largeur. Pourtant il y avait une anse qui s'avançait dans les terres du côté de Granville. Le roi de ce pays avait fait construire une digue qui en barrait le fond, et son château s'abritait derrière elle. Cette digue était fermée par une porte qui donnait dans le château même et le roi en gardait soigneusement la clé. Il avait une fille, mariée à un seigneur du voisinage et celui-ci voulait détrôner son beau-père. Il engagea sa femme à prendre les clés, afin que la mer noyât le château et le roi, et ils avaient préparé une barque pour s'échapper au moment de l'irruption des eaux. La princesse fit boire à son père une infusion d'herbes narcotiques, et à minuit, elle et son mari ouvrirent les portes. Alors les flots entrèrent, mais leur fureur était si grande qu'ils noyèrent le seigneur et sa femme et submergèrent le pays environnant.

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Photo : Philippe Girault

Légendes des petites îles : les fées, les lutins, le diable

S'il en fallait croire Victor Hugo, les rochers des environs de Guernesey auraient été le séjour d'êtres singuliers qui tenaient de la féerie et de la légende dorée

D'après Sir Edgar Mac Culloch, bailli de cette île , où il était né, et dont il avait bien étudié le folklore, on ne les y connaissait guère, et la parfaite symétrie du quadrille des dames de mer, suffit d'ailleurs pour faire penser que l'imagination du poète a considérablement transformé les fragments traditionnels dont il avait pu avoir connaissance.

Voici le passage du roman qui, en effet, est suspect d'embellissements.
La Dame Blanche habite le Tau de Pez d'Amont, la Dame grise habite le Tau de Pez d'Aval, la Dame Rouge habite la Silleuse, et la Dame Noire habite le Grand Etacré. La nuit, au clair de lune, ces dames sortent et quelquefois se rencontrent.

On a cru longtemps que saint Maclou habitait le gros rocher carré d'Ortach, entre Guernesey et les Casquets, et beaucoup de vieux marins d'autrefois affirmaient l'y avoir vu très souvent de loin, assis et lisant un livre. Aussi, les marins de passage faisaient-ils force génuflexions devant le rocher Ortach, jusqu'au jour où l'on découvrit que ce qui habite Ortach ce n'est pas un saint, c'est le diable. Ce diable, un nommé Jochmus, avait eu la malice de se faire passer pendant des siècles pour saint Maclou(1).

Le diable qui fut maître autrefois de l'ïle Saint Honorat (Var) essaie parfois de la reprendre ; c'est pour cela, qu'on entend à certains jours des bruits terrifiants, produits par la lutte entre le démon et le saint qui défend son île.
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