mardi 13 novembre 2007

Sept ans de malheur

La superstition qui veut que briser un miroir ou du verre provoque sept ans de malheur est une conséquence des pratiques de catoptromancie qui avaient lieu chez les Grecs anciens.

En effet, les devins avaient coutume d'utiliser du verre très fin pour leurs séances de divination. Lorsque le verre se brisait, on n'invoquait pas sa fragilité mais une manifestation du courroux des dieux, qui faisaient savoir de cette façon les épreuves et douleurs futures qu'ils réservaient au consultant.


La divination par le verre et les miroirs a disparu, mais la menace des sept ans d'infortune est demeurée. Le reflet dans le miroir étant considéré comme l'âme d'un individu, voire son double, le fait de casser un miroir est également un signe de mort prochaine ou, tout au moins, de maladie grave.

Le fait que l'ère annoncée de maladie ou de malchance soit fixée à sept ans remonte également à l'Antiquité, romaine cette fois. Les Romains du Ier siècle pensaient que la vie humaine obéit à des cycles de sept ans. Tout événement négatif, comme le bris d'un miroir, avait donc des répercussions durant un cycle complet de sept années.

Les Anglais ajoutent qu'autrefois les miroirs étaient si coûteux qu'il fallait économiser durant sept ans pour pouvoir remplacer celui qu'on avait brisé.

Le Manticore


En dépit de son visage aux traits vaguement humains, le manticore est à classer au rang des animaux fabuleux.

Extrêmement rapide, féroce, redoutable, son existence est évoquée depuis le Ve siècle avant J.C. Son cri rappelle celui d'une trompette. Créature sanguinaire, le manticore vit dans des régions désolées, désertiques, arides et solitaires.
Comme son nom vient de l'ancien persan (mardikhouran signifie "mangeur d'hommes"), on peut penser que son habitat de prédilection est l'actuelle Asie centrale.

Le manticore se nourrit donc volontiers de chair humaine. Il possède un corps de lion au pelage non pas fauve mais brun ou noir rougeâtre. Sa queue est celle d'un scorpion dont le dard mesurerait une bonne cinquntaine de centimètres !

Sa tête évoque celle d'un homme à cela près que sa mâchoire va d'une oreille à l'autre et comprend trois rangées de dents coupantes comme des rasoirs qui lui permettent de déchiqueter ses victimes.

Le manticore s'attaque avec férocité à toute proie qui passe à sa portée, et les humains sont pour lui un mets de choix, au point qu'il n'en laisse rien : ni os, ni crâne, nu même vétements. Le manticore broie et avale tout ; lorsqu'un voyageur disparait dans une contrée isolée et qu'on ne retrouve rien de lui, c'est probablement qu'il a été victime d'un manticore.

Les Farfarelli - la légende

Est-ce à Cybèle, à la brûlante vesta ou à Junon qu'il rêvait ? (Pilumnus)

Il était une fois un obscur dieu de l'Obscur qui rêvait. Il y a des écoliers qui, prostrés dans la pénombre des jours sans joie, oublient où ils sont et ce qu'ils font et, rêvent de rêves qui les emportent par la fenêtre. Bientôt les pupitres, les livres, les cahiers, le maitre disparaissent dans le puits sans fond du tableau noir, les vitres s'emplissent d'espace et ils n'ont plus qu'à tendre la main pour sentir sous leurs doigts ronronner les chimères... et lorsque sonne la cloche des récréations ou l'heure de la sortie, le Griffon ailé doucement les repose sans qu'ils aient eu besoin de bouger... Puis ils sortent sagement en rang deux par deux, et à la grille si leur mère leur demande ce qu'ils ont fait, ils gardent leurs secrets, mais ouvrant leur paume toute grande libèrent, éblouis, les mosaïques tourbillonnantes des rêves créés dans la journée.
Cet obscur dieu de l'Obscur rêvait de cette même façon que rêvent les écoliers enfouis dans la pénombre, abandonnés aux limbes du fond des classes.
Do ut des : je te donne pour que tu me donnes. Jupiter ne lui avait offert qu'une ombre à gérer, il n'en rendait pas plus. Il en va ainsi de tout fonctionnaire appuyé sur ses manches de lustrine... et comme l'ombre fait peur, personne ne venait jamais le visiter. Une ou deux fois par mois seulement une vieille Mâne grise et revêche descendait jusqu'à son sous-sol faire tamponner d'ombres quelques avis de décès, puis la poussière derrière elle retombait.
Il y a des employés oubliés parmi les combles, au fond des bureaux, derrière des guichets, dans des chrysalides de blouses grises, qui rêvent et attendent le dimanche pour peindre la flore voluptueuse des jungles et y lâcher toute une palette d'oiseaux que même les gardiens des musées ne rattraperont jamais ; qui espèrent au soir pour vivre, sur d'étroits cahiers, des aventures au-delà des lisières. Mais les dieux subalternes ne connaissent pas de dimanches, ni de jours fériés ! Que deviendrait l'ombre pâlotte parmi les pâlottes, si un dieu n'était pas là sept jours sur sept pour en cerner les contours ?
Ce dieu donc, ne bougeait pas de son trou, mais aux heures déclinantes, entre les dossiers d'ombres, de pénombres, de contre-jours, les chasseurs de clair-obscur et les demandes de ténèbres, il élaborait des images, des parfums et rêvait de lumière en secret.
En ces temps lointains, le destin des dieux s'envisageait sans limites. Non seulement Jupiter et les siens faisaient des plans sur la comète, mais encore, à foison, ils en créaient. C'était comme un début de vacances dont le flux insouciant et heureux semble ne jamais devoir s'arrêter... et puis, un matin, c'est une première feuille qui tombe, c'est l'herbe qui blanchit et un flocon de neige tombant à l'étourdi.
En haut, l'indestructible Panthéon gémissait, craquait, se fendillait de partout, les dieux, un à un, même les plus résitants, rongés par les virus, les miasmes des vents nouveaux, s'affaiblissaient et tombaient comme des mouches... tandis qu'en bas, le petit dieu obscur, à l'abri dans sa cave, demeurait à rêver sans rien savoir de tout cela....
Pourtant, un jour, un microbe esseulé, en mal de courant d'air, tomba dans un escalier et roula jusqu'à lui. Il éternua et mourut sur le coup.

Bien des années plus tard, alors qu'une entreprise de nettoyage des vieilles mythologies s'affairait activement à déblayer et balayer les vestiges ruinés de l'Antique Elysée, un employé, désigné au débarras du sous-sol, extirpa des toiles d'araignées la porte d'un cagibi, ou plutôt d'un caveau. L'ombre lui faisant peur, il ne s'y attarda guère ; auprès d'un tas de cendres, il ne trouva qu'un sac. Un vieux sac en toile de jute qu'il jeta par la fenêtre.
En tombant, il creva et libéra le merveilleux contenu... les rêves de lumière du petit dieu obscur.
C'était comme un feu d'artifice dont les étoiles, au lieu d'éclater, s'épanouissaient et naissaient au contact de l'air.
Il avait rêvé tant et tant d'inaccessibles fleurs, d'inaccessibles oiseaux, d'inaccessible snymphes aux ailes d'arc-en-ciel que jamais il ne connaitraît et qui jamais ne l'aimeraient.
Les Farfarelli longtemps, longtemps, volèrent en dansant... répondant sans fin aux voeux qui les happaient.

Pour une description détaillée des Farfarelli, rendez-vous au pied de leur Montagne :


Aby et Mélusine vous y conduiront en rêvant....



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