vendredi 2 novembre 2007

Les dauphins en relations avec les hommes et les fées

L'antique tradition qui faisait du dauphin un ami de l'homme s'applique aux environs de Toulon à une famille apparentée : on n'y tue pas les marsouins parce que l'on assure que quand un homme est menacé par un requin, ils se placent entre lui et le terrible squale.

On prétendait au XVIe siècle que le veau marin aimait les hommes, comme le dauphin.

Pline, qui raconte nombre de fables sur l'affection des dauphins pour l'homme, dit que sur le littoral de Nîmes, ils pêchaient de concert avec lui, lorsqu'un nombre infini de muges se précipitaient dans la mer au moment du reflux par l'étroite ouverture qui mettait l'étang de Latera en communication avec elle, et ils arrivaient bientôt dans un endroit où il appelait à grands cris Simon (c'était le nom familier du dauphin), les dauphins accouraient, coupaient aux muges la route de la mer, les pêcheurs tendaient leurs filets, et les dauphins fondaient sur ceux qui s'échappaient, les tuaient et attendaient pour les dévorer que la pêche fût terminée.

Dans le Mentonnais, on attribue à ce cétacé des actes quasi humains, et on dit qu'il pleure quand on le frappe. C'est à cette idée que se rattache ce trait rapporté par Guillaume Bouchet : Croiriez-vous bien que si on trouve un Dauphin prins aux rets où il mange les poissons prins qu'on ne luy fait aucun mal, mais que seulement on le fesse et on le chastie comme on le feroit des petits enfants.

Il est rare que des êtres anthropomorphes se présentent sous l'apparence de cétacées. On racontait au Moyen Age sur les bords de la Méditerranée qu'un jeune homme ayant blessé un des dauphins qui entouraient en grand nombre le navire sur lequel il était monté, il s'éleva aussitôt une tempête et que, comme les marins ne savaient à quel saint se vouer, un cavalier dont le coursier marchait sur les eaux, s'approcha du navire et dit que l'orage s'apaiserait si on lui livrait le coupable. Celui-ci y consentit, et il fut transporté rapidement à un endroit où il vit, étendu sur un lit, un chevalier ; c'était le dauphin qu'il avait blessé ; quand il l'eut pansé, il fut ramené rapidement à son vaisseau.

Dans un conte de la Haute-Bretagne, un féetaud (fée mâle) qui a pris la forme d'un marsouin, sauve des pêcheurs en danger de se noyer, et quand il arrive à la côte, il redevient homme.

Les pêcheurs de la baie de Saint-Malo respectent les marsouins parce que dans chacun d'eux réside l'âme d'un pêcheur noyé.


Humains transformés en arbres

Les métamorphoses d'hommes en arbres ne sont pas nombreuses dans la tradition contemporaine, et elles figurent ordinairement dans les contes plutôt que dans les légendes.

Cependant, on raconte aux environs de Dinan qu'une fée ayant touché de sa baguette un amoureux infidèle, le transforma en un chêne majestueux que l'on montre encore.

Michelet qui composa son livre La Mer, au village de Saint-Georges-de-Didonne, analyse ainsi une ballade saintongeaise : la jolie fille d'un roi, qui s'amuse à laver son linge, comme la Nausicaa de l'Odyssée, a laissé tomber un anneau d'or à la mer ; le fils de la côte s'y jette pour l'y chercher, mais il se noie. Elle le pleure et est changée en romarin du rivage.

Dans "Prince Curieux", conte littéraire de la fin du XVIIe siècle, une fée transforme an arbre ses amants qui resteront ainsi jusqu'à ce qu'elle soit devenue amoureuse d'un mortel.

Le héros d'un récit breton traverse une forêt dont les arbres sont des gens métamorphosés par une magicienne et une avenue dont chaque tronc est un prince enchanté ; ils reprennent leur figure naturelle quand il a tué le géant Marcou Braz.

L'homme de pierre d'un conte flamand change en arbres à fleurs d'or un roi et le seigneurs de sa cour, en les arrosant avec l'eau de la fontaine d'or.

Gérard de Nerval a raconté, en disant qu'il ne faisait que la rédiger ,une légende du Valois, dont un trait, à supposer qu'il soit réellement populaire, se rattache aux métamorphoses en arbres : à un certain jour de la semaine un petit bûcheron qui n'était autre que le prince des forêts, se transformait en un beau chêne vert, et une pêcheuse, sa petite amie, devenait un poisson doré.


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