mercredi 10 octobre 2007

Soupe de Troll


Ingrédients :


- 2 litres de vin d'Alsace
- 12 morceaux d'épaule d'agneau (2 par personne)
- 8 petites bouteilles de bière rousse (Georges Killian)
- 6 grosses pommes de terre
- 1 chou
- 4 carottes
- 1 gros navet
- 1 pincée de gros sel
- Huile d'olive
- Thym, Romarin, Laurier


Préparation :

Le premier jour :
Dans une grosse cocotte, versez le premier litre de vin d'Alsace, le sel et le bouquet garni, placez sur feu doux.
Epluchez les légumes et mettez les dans la cocotte.
Saisissez les morceaux de viande à la poêle sur un lit d'huile d'olive (pas plus de cinq minutes recto verso).
Mettez petit à petit les morceaux dans le liquide fumant.
Laissez mijoter le tout ajoutant peu à peu le reste du vin (1 litre).
Laissez cuire 4 heures, en remuant de temps en temps pour éviter à la potion d'attacher à la cocotte (primordial pour éviter un atroce goût de brûlé, certains Elfiriens ont déjà testé la soupe de troll cramée, même un troll n'en voudrait pas !)

Le deuxième jour :
Remettez la préparation sur le feu, en ajoutant cette fois-ci la bière.
Laissez mijoter à feu doux quelques heures, remuant de temps à autre.
Laissez reposer de nouveau.

Le troisième jour, enfin...
Faites remijoter le tout une heure avant de servir, en remuant et restez vigilant, c'est le moment le plus crucial où l'on risque de cramer sa soupe !
Servir bien chaud

Les ronds du sabbat

Dans plusieurs légendes, les fées viennent danser leur sabbat ce qui montre que sous l'influence de la malédiction chrétienne, on les considère comme à moitié sorcières ; d'autres récits les associent au monde infernal, ou en font de véritables sorcières.

Aux environs de Sémur (Côte-d'Or), on remarque, soit dans les prairies, soit sur la pente des collines, plusieurs disques, quelquefois d'une régularité surprenante dans lesquels l'herbe, verte au printemps, mais plus courte, est comme brûlée en automne. C'est là, disent les vieillards, que se tient le sabbat, où lutins et sorciers, fées et diables, se réunissent au clair de la lune et dansent des rondes qui forment ces cercles magiques où l'herbe se dessèche sous leurs pieds.

Cette croyance s'appliquait tout particulièrement à l'un des plus réguliers, que l'on voyait au Vic de Chassenay, non loin d'une voie romaine appelée Chemin des fées, d'un arbre légendaire, et d'un lieu dit la Grosse-Borne, ce qui semble indiquer la présence, au temps jadis, d'un menhir. On citait un habitant de Vic qui, passant auprès du cercle la nuit, y vit une nombreuse ronde d'hommes et de femmes ; il reconnut le musicien, le diable avec ses longues cornes, et s'étant approché, il y vit des gens de sa connaissance qui lui offrirent à boire dans un vase d'argent ; il versa la liqueur à terre, et l'un des assistants lui ayant dit de mettre la coupe dans sa poche, il se recommanda à Dieu en faisant le signe de la croix, et aussitôt tout disparut comme un éclair, avec un grand fracas ; à la place de la coupe, il ne retrouva plus qu'un caillou.

On raconte en Bas-Vivarais une légende semblable.

Dans la Creuse où ces danseuses, quoique désignées sous le nom de fades, étaient malfaisantes, les voyageurs attardés avaient grand soin d'éviter leurs cercles magiques, où ils étaient exposés à être déchirés en morceaux par les dames irritées.


La salamandre


Dans les bestiaires médiévaux, on vénère la salamandre comme un symbole de pureté, de permanence et de feu.
A la renaissance, le roi François 1er l'adopte comme emblème avec la devise : "Je nourris et j'éteins".

La salamandre n'est pas un animal à proprement parler fantastique, car elle existe bel et bien. C'est un batracien en forme de lézard, à la peau semée de taches jaunes sur fond noir.

La salamandre a eu pendant longtemps l'étrange réputation d'être totalement insensible aux effets du feu : elle pouvait traverser un brasier ou être jetée dans les flammes sans dommage, et avait la réputation d'avoir le sang tellement froid qu'elle éteignait tout feu dans lequel elle était jetée. D'ailleurs, chez les anciens Egyptiens, le hiéroglyphe "salamandre" signifiait "homme mort de froid". La peau de la salamandre sécrète en effet un venin corrosif qui peut, pendant quelques instants, la protéger réellement des effets de la chaleur, mais il semble que rien ne la prédispose à éteindre le feu.

La salamandre jouit d'une image ambiguë : si elle est censée traverser le feu et possède des vertus ignifuges, elle est aussi considérée comme un reptile répulsif et qui porte malheur.

Des légendes courent autour de ce pauvre animal : sa morsure peut tuer un homme ou le rendre chauve ; elle tue aussi la vache qui a l'infortune de la toucher avec son museau en paissant ; elle empoisonne les puits ou fait pourrir les fruits quand elle grimpe sur un pommier ; elle fait tourner le vin en vinaigre.

Jadis, on pensait s'éviter cent jours de purgatoire chaque fois qu'on tuait une salamandre...

Néanmoins, malgré cette mauvaise réputation, c'est la salamandre que le roi François 1er choisit comme emblème, lui donnant enfin une consécration. Il ne voulait voir en elle que la capacité à traverser les épreuves sans faiblir.

Lessive


Les fées font leur lessive dans une bulle de savon
et cuisent leur soupe sur un feu follet

Béatrix Beck
Extrait du numéro spécial Libération - A quoi pensez-vous ?
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Image : Joséphine Wall

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