jeudi 27 septembre 2007

Rêver des Fées...


"Rêver des Fées,
c'est retourner aux rêves de l'enfance permanente,
aux beautés des images premières."

Pierre Dubois, la Grande Encyclopédie des Fées.

Nemrut Dag, trône céleste


En Asie Mineure, les "monts sacrés", étaient autrefois nombreux. L'un d'eux, le Nemrut Dag (prononcer Da-i), un géant de 2150 m d'altitude, se dresse dans la chaîne de l'Anti-Taurus, en Anatolie, cette presqu'île turque si riche en évenements historiques. A son sommet, les statues de dieux et de rois gréco-perses sont les témoins muets d'un royaume antique et d'une incroyable malédiction, ainsi que les gardiennes d'un secret mystérieux enfoui à l'intérieur de la montagne conique, si l'on en croit les inscriptions grecques dont elles sont ornées.

Le tombeau royal caché

Le royaume de Commagène aurait depuis longtemps sombré dans l'oubli si son roi, Antiochos 1er (milieu du 1er siècle av. J.C. - 34 apr. J.C.) n'avait pas fait transformer le sommet entier du Nemrut Dag en un gigantesque tombeau de pierre destiné à accueillir sa dépouille après sa mort.

Le roi fit graver l'inscription suivante sur de lourdes plaques de calcaire : "J'ai fait bâtir le temple funéraire à cet endroit sacré afin que ma dépouille mortelle y repose à jamais auprès du trône céleste que se partagent tous les dieux".

Auparavant, il fit tailler trois imposantes terrasses sur lesquelles il fit dresser de colossales statues de pierre lourdes de plusieurs tonnes. A l'arrière des statues, il fit recouvrir le sommet de la montagne par une pyramide de galets de 50 m de haut.

Son repos éternel, pensait-il, serait ainsi à l'abri des pilleurs de tombe. Son plan a d'ailleurs fonctionné à merveille. Qu'il s'agisse de pilleurs ou d'archéologues, tous ceux qui ont tenté de pénétrer le secret de la pyramide en ont été empêchés par l'éboulement incessant de ses pierres.

La colère des dieux

Par ailleurs, le monarque légua aux générations suivantes un "message immortel" qu'il confia au Nemrut Dag. Il intitula ce message la "loi immuable du temps".

Enfin, il formula une malédiction à l'intention de tous ceux qui chercheraient à retrouver son tombeau et à en percer le secret. "Pour tous [...] c'est une affaire sacrée que de la garder inviolé, sachant que la vengeance implacable des ancêtres divins s'abattra sur tous ceux qui commettront des actes d'impiété [...]. Celui qui chercherait à lever ou à violer l'autorité sacrée de cette disposition, celui-là et toute son engeance provoqueraient la colère des dieux qui ne s'éteindrait qu'une fois la vengeance accomplie".

Si le site n'a pas encoré été révélé ses secrets, cela n'est plus désormais qu'une question de temps : celui qu'il faudrait aux archéologues pour retrouver le tombeau et y pénétrer. On saura alors si la malédiction d'Antiochos, vieille de deux mille ans, a réussi à garder son pouvoir jusqu'au IIIe millénaire.

Détectives archéologiques

L'ingénieur allemand Karl Sester découvrit le site funéraire du Nemrut Dag en 1880. Il y revint en 1882, accompagné par l'archéologue berlinois Carl Humann (1839-1896), et dressa un premier inventaire. Il fallut toutefois attendre 1951 pour que les premières fouilles, de grande envergure, soient entreprises par un archéologue allemand, le Dr Friedrich Karl Dörner et sa collègue américaine, Theresa Goell.
Depuis 1989, les géophysiciens Tom Utrech et Volker Hagen de l'Institut de géophysique de Kiel en Allemagne, tentent d'élucider le mystère de la pyramide à l'aide de mesures sismographiques et de faisceaux radar. Ils ont ainsi décelé des anomalies en forme de cavités qui se succèdent le long d'une ligne ascendante. Le directeur turc des fouilles, le Dr Sencer Sahin de l'université de Cologne, pense que le tombeau d'Antiochos, se trouve dans la plus élevée de ces cavités, car c'est là qu'il est le plus proche des dieux.

Les spéculations vont bon train sur les raisons pour lesquelles Antiochos a fait construire les nombreuses statues divines sur le Nemrut Dag. Une chose est sûre : le monarque a tenté d'unir des visions du monde et des orientations religieuses différentes. En effet, l'une des stèles porte l'inscription suivante : "Je croyais que pour l'humanité, la piété était non seulement le plus sûr des biens, mais aussi la plus grande joie".

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