jeudi 13 septembre 2007

Le cuveau des fées


Dans l'immense forêt de Darney , dans les Vosges, où naît la Saône, les légendes ont inventé des ermites dans les profondeurs de la grotte Saint-Martin, creusée de main d'homme dans le grès tendre, irriguée de puits à ablutions et de fontaines sacrées.

Elles se sont emparées du mystère du cuveau des fées, pierre circulaire de trois mètres de diamètre, d'une quarantaine de centimètres de profondeur, logé près de la source du Madon. Les fouilles n'ont pas percé le secret de cet octogone minéral, hôte de ces bois depuis plusieurs siècles.

Était-il une auge monumentale destinée à un aménagement de source ou à une place de village ? Une simple piscine baptismale ? Un prosaïque raté de carriers abandonné sur son socle rocheux ? Un outil sacrificiel des druides ? Ou les fées s'y sont-elles baignées ?

Doigts de fée à la violette




Ingrédients (pour 45-50 pièces environ)

- 200 g de blanc d'oeuf
- 200 g de sucre en poudre
- 200 g de sucre glace
- Colorant rouge
- Violettes cristallisées au sucre


Préparation

1- Faîtes légèrement monter les blancs au batteur. Ajoutez le sucre semoule et fouettez jusqu'à ce que le mélange devienne très billant (environ 5 mn). Ajoutez quelques gouttes de colorant rouge afin de leur donner un petit air rosé (attention ça va super vite 2 ou 3 gouttes devraient suffire !).


2- Ajoutez ensuite très délicatement le sucre glace et les violettes pilées (ou non selon ce que vous préférez).

3- A la poche à douille, formez des petits bâtons sur une plaque téflon ou un tapis siliconé ... attention ça colle !

Laissez cuire 1 h 30 dans un four entrouvert (afin de faire échapper l'humidité) à 120°C.

4- Débarrassez sur une grille dès la sortie du four. Laissez refroidir puis rangez les dans une boite en fer. Les violettes craqueront sous la dent au moment de la dégustation !

Fées méchantes

En Normandie, une fée bienfaisante, que plus d'un vieillard assure avoir vue assise sur des blocs escarpés, habitait la forêt d'Andaine ; mais celle de La Ferté-Macé était hantée par la fée du mal, dite la Grande Bique, probablement parce qu'elle se montrait parfois sous l'aspect d'une chèvre : elle se tenait au carrefour des Six Sentiers et se plaisait à égarer les voyageurs.

On voyait autrefois dans un bois au-dessous de Clarens, non loin du Four aux fées, des formes blanches et féminines qui couraient après les passants.

Des fées qui demeuraient dans le voisinage de deux dolmens dressaient des embûches aux gens qui s'aventuraient la nuit dans le bois de la Faye d'Epannes (Charente-Inférieure).

A Moulé de Fressines, des dames, c'est à dire des fées sans attributions bien déterminées, se promènent dans le bois, et leur apparition est très redoutée.

Un grand nombre de personnages fantastiques se montraient au pied d'un vieux chêne au bord d'un des chemins de la forêt de Rouvray : une dame s'y tenait souvent et semblait présenter une chaise aux voyageurs. Plusieurs, pour s'être imprudemment arrêtés en ce lieu, avaient été mis à mort par les fantômes qui y prenaient leurs ébats.

Les fées qui se moquent des hommes

Dans la forêt de L'Isle-Adam, les fées se montraient la nuit, sous l'apparence de feux follets qui étaient fort redoutés, et auxquels on donnait le nom de Fays ; lorsqu'on en approchait, on voyait que c'étaient des femmes.

Un fermier racontait, vers 1850, qu'une fois, à minuit, sa voiture fut tout à coup entourée de Fays qui dansaient en rond. L'une d'elles prit la bride de son cheval, et l'entraîna bien loin sous le couvert et toujours en tournant, si bien qu'au petit jour, il était complétement perdu.

Dans la forêt de Bruandeau, à la milite du pays chartrain et du Berry, est la demeure des Figots, ou feux follets ; chaque nuit ils y arrivent nombreux et dansent des rondes échevelées avec les fées, dont la résidence est au centre de la forêt(1).

La forêt de Montoie, dans le Jura bernois, est hantée par des esprits ou par des fées qui égarent les voyageurs assez téméraires pour s'approcher du lieu où elles tiennent leurs rondes. Beaucoup de personnes, même de nos jours, ne voudraient pas s'aventurer seules dans cette forêt.

Les seules légendes de fées sylvestres qui aient été recueillies en Haute-Bretagne, où pourtant les forêts sont assez nombreuses et présentent des particularités de nature à prêter au merveilleux, parlent des fées qui s'amusent à éprouver les hommes.

Une belle dame, vêtue de blanc, se montra dans une clairière de la forêt de La Nouée, à un bonhomme qui venait d'y faire des fagots. Comme il se plaignait de sa pauvreté, elle lui demanda s'il serait content d'avoir de l'or plein le petit pot qui lui servait à mettre sa soupe ; quand l'homme, ayant regardé dedans, l'eut vu plein de pièces jaunes, elle lui dit d'aller chercher un vase plus grand. Lorsqu'il revint, elle avait disparu ; son pot ne contenait plus qu'un reste de soupe, et il vit un peu de mousse jaunâtre sur la pointe d'un rocher qu'on a appelé depuis le Pertus doré.

Un autre homme, qui rencontra dans la forêt de Loudéac des fées qui étendaient leur argent sur des draps blancs, éprouva la même mésaventure.

(1)En Bourbonnais, Figot est le feu des Brandous allumé par le châtelain dans la cour de son château.

Similaires contemporaines des Dryades

Les habitants des forêts semblent croire encore de nos jours que les fées ne les ont point quittés à jamais ; toutefois, il est rare de rencontrer dans nos traditions des personnages qui puissent être assimilés aux dryades ou aux hamadryades de l'antiquité. Quelques récits montrent pourtant certaines fées en relation directe avec les arbres.

A Rouge-Vie, douze fées des Vosges, qui venaient parfois assister aux veillées, se retiraient à minuit, et ne souffraient pas que les jeunes gens les reconduisent à leurs mystérieuses demeures. L'un d'eux eut la curiosité de les suivre, et, arrivé sur le plateau de la montagne, il les vit se souhaiter la bonne nuit les unes aux autres et entrer chacune dans un arbre ; mais il porta la peine de sa curiosité ; car trois jours après, ayant monté sur un sapin pour recueillir de la poix, il fit une chute et se rompit le cou.
Les fées musiciennes de Cithers sortaient la nuit des arbres de ce bois. Des fées avaient fait leur salon dans la forêt de Grand-Mont où les branches enlacées leur servaient de hamac et les plus gros arbres de sièges.

Celles des Roches de Thenay aimaient à se promener la nuit ; on les rencontrait dans la forêt de Marey, au lieu-dit la coupe de Grand-Perche, à une demi-lieue de leurs grottes. Là, elles avaient choisi les plus gros arbres et enlaçant les branches, elles s'y reposaient. Tout bûcheron qui avait été assez hardi pour mettre la cognée au chêne ou au hêtre servant de fauteuil à la fée, a été puni de mort dans le courant de la même année.

Les danses des fées sylvestre

Au Moyen Âge, on parlait assez fréquemment des fées forestières qui se plaisaient à faire entrer dans leur ronde les hommes qui passaient, après le coucher du soleil, dans les clairières où elles avaient coutume de s'ébattre : la légende qui suit, parue vers 1500, était sans doute connue bien avant cette époque.
Au temps passé advint en Poictou que trois jouvenceaux, fils de seigneur de Luzignan, traversant une forêt pendant la nuit, rencontrèrent trois jeunes fées de la cour de Mélusine, belles, plaisantes et gracieuses à merveille. Voyant venir les jouvenceaux, elles les prièrent à danser avec elles quelques-unes des bonnes danses qu'elles souloient danser au royaume de féerie. Les jouvenceaux s'accordèrent volontiers à leur requeste, attirés par la beauté d'icelles fées. Par quoy, chaque fée prit son jouvencel en telle manière qu'ils dansèrent toute la nuit. Si que, en dansant, capricolant, saultant, s'appellant, se respondant, s'arrestant, se regardant amoureusement, se reposant, se cachant, voir même jouant à certain jeu dont les fées ne se lassent mie non plus que les femmes naturelles, le jour s'apparut dont furent moult esbayes les fées qui ne l'attendoint point sitost. Adonc, la plus ancienne print la parolle et dit aux jouvenceaux :
-O doux amis, mes soeurs et moi sommes contrainctes de retourner au royaume de féerie avant le jour, mais, ô beaux jouvenceaux ! ayant veu vostre libérale voulenté et la peine qu'avez prinse pour l'amour de nous, semblablement le plaisir que nous avez donné, nous vous octroyons à chascun pour sa récompense ung don, à sçavoir que le premier souhait que chascun fera luy adviendra certainement ; et pour tant, si vous estes sages, ne souhaitez chose qui ne vous soit proffitable ou à honneur. Aussi tost qu'icelle fée eust fini son dire, elle disparut et les autres aussi, et oncques depuis les trois jouvenceaux n'en entendirent parler.
Les fées des bois ont gardé le goût de la danse qui était habituel à leurs devancières. On montrait jadis près d'Orléans un arbre des Fées, ainsi nommé parce que les fées venaient y danser autour au clair de lune.
En Picardie, des fées appelées Soeurettes exécutaient chaque nuit des danses analogues à celles des bacchantes dans un bois appelé Bacchan-Soeurettes. C'est de là que lui serait venu son nom. Lorsque leur divertissement était terminé, elles s'envolaient laissant une coupe d'or destinée au propriétaire du lieu ; mais jusqu'ici on l'a vainement cherchée.
Les fayettes dansent encore dans les bois de Couroux en Beaujolais.
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