mercredi 12 septembre 2007

Ce que disent les fleurs - George Sand

Quand j'étais enfant, ma chère Aurore, j'étais très tourmentée de ne pouvoir saisir ce que les fleurs se disaient entre elles. Mon professeur de botanique m'assurait qu'elles ne disaient rien ; soit qu'il fût sourd, soit qu'il ne voulût pas me dire la vérité, il jurait qu'elles ne disaient rien du tout.
Je savais bien le contraire. Je les entendais babiller confusément, surtout à la rosée du soir ; mais elles parlaient trop bas pour que je pusse distinguer leurs paroles ; et puis elles étaient méfiantes, et, quand je passais près des plates-bandes du jardin ou sur le sentier du pré, elles s'avertissaient par une espèce de psitt, qui courait de l'une à l'autre. C'était comme si l'on eût dit sur toute la ligne : " Attention, taisons-nous ! voilà l'enfant curieux qui nous écoute ".
Je m'y obstinai. Je m'exerçai à marcher si doucement, sans frôler le plus petit brin d'herbe, qu'elles ne m'entendirent plus et que je pus m'avancer tout près, tout près ; alors, en me baissant sous l'ombre des arbres pour qu'elles ne vissent pas la mienne, je saisis enfin des paroles articulées.
Il fallait beaucoup d'attention ; c'était de si petites voix, si douces, si fines, que la moindre brise les emportait et que le bourdonnement des sphinx et des noctuelles les couvrait absolument.
Je ne sais pas quelle langue elles parlaient. Ce n'était ni le français, ni le latin qu'on m'apprenait alors ; mais il se trouva que je comprenais fort bien. Il me sembla même que je comprenais mieux ce langage que tout ce que j'avais entendu jusqu'alors.
Un soir, je réussis à me coucher sur le sable et à ne plus rien perdre de ce qui se disait auprès de moi dans un coin bien abrité du parterre. Comme tout le monde parlait dans tout le jardin, il ne fallait pas s'amuser à vouloir surprendre plus d'un secret en une fois. Je me tins donc là bien tranquille, et voici ce que j'entendis dans les coquelicots :
– Mesdames et messieurs, il est temps d'en finir avec cette platitude. Toutes les plantes sont également nobles ; notre famille ne le cède à aucune autre, et, accepte qui voudra la royauté de la rose, je déclare que j'en ai assez et que je ne reconnais à personne le droit de se dire mieux né et plus titré que moi.
A quoi les marguerites répondirent toutes ensemble que l'orateur coquelicot avait raison. Une d'elles, qui était plus grande que les autres et fort belle, demanda la parole et dit :
– Je n'ai jamais compris les grands airs que prend la famille des roses. En quoi, je vous le demande, une rose est-elle plus jolie et mieux faite que moi ? La nature et l'art se sont entendus pour multiplier le nombre de nos pétales et l'éclat de nos couleurs. Nous sommes même beaucoup plus riches, car la plus belle rose n'a guère plus de deux cents pétales et nous en avons jusqu'à cinq cents. Quant aux couleurs, nous avons le violet et presque le bleu pur que la rose ne trouvera jamais.
– Moi, dit un grand pied d'alouette vivace, moi le prince Delphinium, j'ai l'azur des cieux dans ma corolle, et mes nombreux parents ont toutes les nuances du rose. La prétendue reine des fleurs a donc beaucoup à nous envier, et, quant à son parfum si vanté...
– Ne parlez pas de cela, reprit vivement le coquelicot. Les hâbleries du parfum me portent sur les nerfs. Qu'est-ce, je vous prie, que le parfum ? Une convention établie par les jardiniers et les papillons. Moi, je trouve que la rose sent mauvais et que c'est moi qui embaume.
– Nous ne sentons rien, dit la marguerite, et je crois que par là nous faisons preuve de tenue et de bon goût. Les odeurs sont des indiscrétions ou des vanteries. Une plante qui se respecte ne s'annonce point par des émanations. Sa beauté doit lui suffire.
– Je ne suis pas de votre avis, s'écria un gros pavot qui sentait très fort. Les odeurs annoncent l'esprit et la santé.
Les rires couvrirent la voix du gros pavot. Les oeillets s'en tenaient les côtes et les résédas se pâmaient. Mais, au lieu de se fâcher, il se remit à critiquer la forme et la couleur de la rose qui ne pouvait répondre ; tous les rosiers venaient d'être taillés et les pousses remontantes n'avaient encore que de petits boutons bien serrés dans leurs langes verts. Une pensée fort richement vêtue critiqua amèrement les fleurs doubles, et, comme celles-ci étaient en majorité dans le parterre, on commença à se fâcher. Mais il y avait tant de jalousie contre la rose, qu'on se réconcilia pour la railler et la dénigrer. La pensée eut même du succès quand elle compara la rose à un gros chou pommé, donnant la préférence à celui-ci à cause de sa taille et de son utilité. Les sottises que j'entendais m'exaspérèrent et, tout à coup, parlant leur langue :
– Taisez-vous, m'écriai-je en donnant un coup de pied à ces sottes fleurs. Vous ne dites rien qui vaille. Moi qui m'imaginais entendre ici des merveilles de poésie, quelle déception vous me causez avec vos rivalités, vos vanités et votre basse envie !
Il se fit un profond silence et je sortis du parterre.
– Voyons donc, me disais-je, si les plantes rustiques ont plus de bon sens que ces péronnelles cultivées, qui en recevant de nous une beauté d'emprunt, semblent avoir pris nos préjugés et nos travers.
Je me glissai dans l'ombre de la haie touffue, me dirigeant vers la prairie ; je voulais savoir si les spirées qu'on appelle reine des prés avaient aussi de l'orgueil et de l'envie. Mais je m'arrêtai auprès d'un grand églantier dont toutes les fleurs parlaient ensemble.
– Tâchons de savoir, pensai-je, si la rose sauvage dénigre la rose à cent feuilles et méprise la rose pompon.
Il faut vous dire que, dans mon enfance, on n'avait pas créé toutes ces variétés de roses que les jardiniers savants ont réussi à produire depuis, par la greffe et les semis. La nature n'en était pas plus pauvre pour cela. Nos buissons étaient remplis de variétés nombreuses de roses à l'état rustique : la canina, ainsi nommée parce qu'on la croyait un remède contre la morsure des chiens enragés ; la rose canelle, la musquée, la rubiginosa ou rouillée, qui est une des plus jolies ; la rose pimprenelle, la tomentosa ou cotonneuse, la rose alpine, etc., etc. Puis, dans les jardins nous avions des espèces charmantes à peu près perdues aujourd'hui, une panachée rouge et blanc qui n'était pas très fournie en pétales, mais qui montrait sa couronne d'étamines d'un beau jaune vif et qui avait le parfum de la bergamotte. Elle était rustique au possible, ne craignant ni les étés secs ni les hivers rudes ; la rose pompon, grand et petit modèle, qui est devenue excessivement rare ; la petite rose de mai, la plus précoce et peut-être la plus parfumée de toutes, qu'on demanderait en vain aujourd'hui dans le commerce, la rose de Damas ou de Provins que nous savions utiliser et qu'on est obligé, à présent, de demander au midi de la France ; enfin, la rose à cent feuilles ou, pour mieux dire, à cent pétales, dont la patrie est inconnue et que l'on attribue généralement à la culture.
C'est cette rose centifolia qui était alors, pour moi comme pour tout le monde, l'idéal de la rose, et je n'étais pas persuadée, comme l'était mon précepteur, qu'elle fût un monstre dû à la science des jardiniers. Je lisais dans mes poètes que la rose était de toute antiquité le type de la beauté et du parfum. A coup sûr, ils ne connaissaient pas nos roses thé qui ne sentent plus la rose, et toutes ces variétés charmantes qui, de nos jours, ont diversifié à l'infini, mais en l'altérant essentiellement, le vrai type de la rose. On m'enseignait alors la botanique. Je n'y mordais qu'à ma façon. J'avais l'odorat fin et je voulais que le parfum fût un des caractères essentiels de la plante ; mon professeur, qui prenait du tabac, ne m'accordait pas ce critérium de classification. Il ne sentait plus que le tabac, et, quand il flairait une autre plante, il lui communiquait des propriétés sternutatoires tout à fait avilissantes. J'écoutai donc de toutes mes oreilles ce que disaient les églantiers au-dessus de ma tête, car, dès les premiers mots que je pus saisir, je vis qu'ils parlaient des origines de la rose.
– Reste ici, doux zéphyr, disaient-ils, nous sommes fleuris. Les belles roses du parterre dorment encore dans leurs boutons verts. Vois, nous sommes fraîches et riantes, et, si tu nous berces un peu, nous allons répandre des parfums aussi suaves que ceux de notre illustre reine.
J'entendis alors le zéphyr qui disait :
– Taisez-vous, vous n'êtes que des enfants du Nord. Je veux bien causer un instant avec vous, mais n'ayez pas l'orgueil de vous égaler à la reine des fleurs.
– Cher zéphyr, nous la respectons et nous l'adorons, répondirent les fleurs de l'églantier ; nous savons comme les autres fleurs du jardin en sont jalouses. Elles prétendent qu'elle n'est rien de plus que nous, qu'elle est fille de l'églantier et ne doit sa beauté qu'à la greffe et à la culture. Nous sommes des ignorantes et ne savons pas répondre. Dis-nous, toi qui es plus ancien que nous sur la terre, si tu connais la véritable origine de la rose.
– Je vous la dirai, car c'est ma propre histoire ; écoutez-la, et ne l'oubliez jamais.
Et le zéphyr raconta ceci :
– Au temps où les êtres et les choses de l'univers parlaient encore la langue des dieux, j'étais le fils aîné du roi des orages. Mes ailes noires touchaient les deux extrémités des plus vastes horizons, ma chevelure immense s'emmêlait aux nuages. Mon aspect était épouvantable et sublime, j'avais le pouvoir de rassembler les nuées du couchant et de les étendre comme un voile impénétrable entre la terre et le soleil.
Longtemps je régnai avec mon père et mes frères sur la planète inféconde. Notre mission était de détruire et de bouleverser. Mes frères et moi, déchaînés sur tous les points de ce misérable petit monde, nous semblions ne devoir jamais permettre à la vie de paraître sur cette scorie informe que nous appelons aujourd'hui la terre des vivants. J'étais le plus robuste et le plus furieux de tous. Quand le roi mon père était las, il s'étendait sur le sommet des nuées et se reposait sur moi du soin de continuer l'oeuvre de l'implacable destruction. Mais, au sein de cette terre, inerte encore, s'agitait un esprit, une divinité puissante, l'esprit de la vie, qui voulait être, et qui, brisant les montagnes, comblant les mers, entassant les poussières, se mit un jour à surgir de toutes parts. Nos efforts redoublèrent et ne servirent qu'à hâter l'éclosion d'une foule d'êtres qui nous échappaient par leur petitesse ou nous résistaient par leur faiblesse même ; d'humbles plantes flexibles, de minces coquillages flottants prenaient place sur la croûte encore tiède de l'écorce terrestre, dans les limons, dans les eaux, dans les détritus de tout genre. Nous roulions en vain les flots furieux sur ces créations ébauchées. La vie naissait et apparaissait sans cesse sous des formes nouvelles, comme si le génie patient et inventif de la création eût résolu d'adapter les organes et les besoins de tous les êtres au milieu tourmenté que nous leur faisions.
Nous commencions à nous lasser de cette résistance passive en apparence, irréductible en réalité. Nous détruisons des races entières d'êtres vivants, d'autres apparaissaient organisés pour nous subir sans mourir. Nous étions épuisés de rage. Nous nous retirâmes sur le sommet des nuées pour délibérer et demander à notre père des forces nouvelles.
Pendant qu'il nous donnait de nouveaux ordres, la terre un instant délivrée de nos fureurs se couvrit de plantes innombrables où des myriades d'animaux, ingénieusement conformés dans leurs différents types, cherchèrent leur abri et leur nourriture dans d'immenses forêts ou sur les flancs de puissantes montagnes, ainsi que dans les eaux épurées de lacs immenses.
– Allez, nous dit mon père, le roi des orages, voici la terre qui s'est parée comme une fiancée pour épouser le soleil. Mettez-vous entre eux. Entassez les nuées énormes, mugissez, et que votre souffle renverse les forêts, aplanisse les monts et déchaîne les mers. Allez, et ne revenez pas, tant qu'il y aura encore un être vivant, une plante debout sur cette arène maudite où la vie prétend s'établir en dépit de nous.
Nous nous dispersâmes comme une semence de mort sur les deux hémisphères, et moi, fendant comme un aigle le rideau des nuages, je m'abattis sur les antiques contrées de l'extrême Orient, là où de profondes dépressions du haut plateau asiatique s'abaissant vers la mer sous un ciel de feu, font éclore, au sein d'une humidité énergique, les plantes gigantesques et les animaux redoutables. J'étais reposé des fatigues subies, je me sentais doué d'une force incommensurable, j'étais fier d'apporter le désordre et la mort à tous ces faibles qui semblaient me braver. D'un coup d'aile, je rasais toute une contrée ; d'un souffle, j'abattais toute une forêt, et je sentais en moi une joie aveugle, enivrée, la joie d'être plus fort que toutes les forces de la nature.
Tout à coup un parfum passa en moi comme par une aspiration inconnue à mes organes, et, surpris d'une sensation si nouvelle, je m'arrêtai pour m'en rendre compte. Je vis alors pour la première fois un être qui était apparu sur la terre en mon absence, un être frais, délicat, imperceptible, la rose !
Je fondis sur elle pour l'écraser. Elle plia, se coucha sur l'herbe et me dit :
– Prends pitié ! je suis si belle et si douce ! respire-moi, tu m'épargneras.
Je la respirai et une ivresse soudaine abattit ma fureur. Je me couchai sur l'herbe et je m'endormis auprès d'elle.
Quand je m'éveillai, la rose s'était relevée et se balançait mollement, bercée par mon haleine apaisée.
– Sois mon ami, me dit-elle. Ne me quitte plus. Quand tes ailes terribles sont pliées, je t'aime et te trouve beau. Sans doute tu es le roi de la forêt. Ton souffle adouci est un chant délicieux. Reste avec moi, ou prends-moi avec toi, afin que j'aille voir de plus près le soleil et les nuages.Je mis la rose dans mon sein et je m'envolai avec elle. Mais bientôt il me sembla qu'elle se flétrissait ; alanguie, elle ne pouvait plus me parler ; son parfum, cependant, continuait à me charmer, et moi, craignant de l'anéantir, je volais doucement, je caressais la cime des arbres, j'évitais le moindre choc. Je remontai ainsi avec précaution jusqu'au palais de nuées sombres où m'attendait mon père.
– Que veux-tu ? me dit-il, et pourquoi as-tu laissé debout cette forêt que je vois encore sur les rivages de l'Inde ? Retourne l'exterminer au plus vite.
– Oui, répondis-je en lui montrant la rose, mais laisse-moi te confier ce trésor que je veux sauver.
– Sauver ! s'écria-t-il en rugissant de colère ; tu veux sauver quelque chose ?
Et, d'un souffle, il arracha de ma main la rose, qui disparut dans l'espace en semant ses pétales flétries.
Je m'élançai pour ressaisir au moins un vestige ; mais le roi, irrité et implacable, me saisit à mon tour, me coucha, la poitrine sur mon genou, et, avec violence, m'arracha mes ailes, dont les plumes allèrent dans l'espace rejoindre les feuilles dispersées de la rose.
– Misérable enfant, me dit-il, tu as connu la pitié, tu n'es plus mon fils. Va-t'en rejoindre sur la terre le funeste esprit de la vie qui me brave, nous verrons s'il fera de toi quelque chose, à présent que, grâce à moi, tu n'es plus rien.
Et, me lançant dans les abîmes du vide, il m'oublia à jamais.Je roulai jusqu'à la clairière et me trouvai anéanti à côté de la rose, plus riante et plus embaumée que jamais.
– Quel est ce prodige ? Je te croyais morte et je te pleurais. As-tu le don de renaître après la mort ?
– Oui, répondit-elle, comme toutes les créatures que l'esprit de vie féconde. Vois ces boutons qui m'environnent. Ce soir, j'aurai perdu mon éclat et je travaillerai à mon renouvellement, tandis que mes soeurs te charmeront de leur beauté et te verseront les parfums de leur journée de fête. Reste avec nous ; n'es-tu pas notre compagnon et notre ami ?
J'étais si humilié de ma déchéance, que j'arrosais de mes larmes cette terre à laquelle je me sentais à jamais rivé. L'esprit de la vie sentit mes pleurs et s'en émut. Il m'apparut sous la forme d'un ange radieux et me dit :
– Tu as connu la pitié, tu as eu pitié de la rose, je veux avoir pitié de toi. Ton père est puissant, mais je le suis plus que lui, car il peut détruire et, moi, je peux créer.
En parlant ainsi, l'être brillant me toucha et mon corps devint celui d'un bel enfant avec un visage semblable au coloris de la rose. Des ailes de papillon sortirent de mes épaules et je me mis à voltiger avec délices.
– Reste avec les fleurs, sous le frais abri des forêts, me dit la fée. A présent, ces dômes de verdure te cacheront et te protégeront. Plus tard, quand j'aurai vaincu la rage des éléments, tu pourras parcourir la terre, où tu seras béni par les hommes et chanté par les poètes.
- Quant à toi, rose charmante qui, la première as su désarmer la fureur par la beauté, sois le signe de la future réconciliation des forces aujourd'hui ennemies de la nature. Tu seras aussi l'enseignement des races futures, car ces races civilisées voudront faire servir toutes choses à leurs besoins. Mes dons les plus précieux, la grâce, la douceur et la beauté risqueront de leur sembler d'une moindre valeur que la richesse et la force. Apprends-leur, aimable rose, que la plus grande et la plus légitime puissance est celle qui charme et réconcilie. Je te donne ici un titre que les siècles futurs n'oseront pas t'ôter. Je te proclame reine des fleurs ; les royautés que j'institue sont divines et n'ont qu'un moyen d'action, le charme.
Depuis ce jour, j'ai vécu en paix avec le ciel, chéri des hommes, des animaux et des plantes ; ma libre et divine origine me laisse le choix de résider où il me plaît mais je suis trop l'ami de la terre et le serviteur de la vie à laquelle mon souffle bienfaisant contribue, pour quitter cette terre chérie où mon premier et éternel amour me retient. Oui mes chères petites, je suis le fidèle amant de la rose et par conséquent votre frère et votre ami".
– En ce cas, s'écrièrent toutes les petites roses de l'églantier, donne-nous le bal et réjouissons-nous en chantant les louanges de madame la reine, la rose à cent feuilles de l'Orient.
Le zéphyr agita ses jolies ailes et ce fut au-dessus de ma tête une danse effrénée, accompagnée de frôlements de branches et de claquement de feuilles en guise de timbales et de castagnettes : il arriva bien à quelques petites folles de déchirer leur robe de bal et de semer leurs pétales dans mes cheveux ; mais elles n'y firent pas attention et dansèrent de plus belle en chantant :
– Vive la belle rose dont la douceur a vaincu le fils des orages ! vive le bon zéphyr qui est resté l'ami des fleurs !
Quand je racontai à mon précepteur ce que j'avais entendu, il déclara que j'étais malade et qu'il fallait m'administrer un purgatif. Mais ma grand'mère m'en préserva en lui disant :
– Je vous plains si vous n'avez jamais entendu ce que disent les roses. Quant à moi, je regrette le temps où je l'entendais. C'est une faculté de l'enfance. Prenez garde de confondre les facultés avec les maladies !

GATEAU DES FEES

Désolée ! Je n'ai pas de photo pour enrichir cette recette ! Je commence aujourd'hui même ce blog et ne suis pas encore pourvue de tout mon attirail... Mais promis, je vais y songer...

Ingrédients :
- 250 g de chocolat

- 1 verre de lait
- 75g de beurre
- 3 œufs
- 125 g de sucre en poudre
- 2 sachets de sucre vanillé (facultatif)
- 75g de farine

Temps de préparation : 25 min.
Temps de cuisson : 25 min.


Préparation :
Coupez le chocolat.

Faites-le fondre à feu doux dans une casserole avec le lait et le sucre vanillé. Vous devez obtenir une crème épaisse.
Ajoutez hors du feu :- le beurre- le sucre- les 3 jaunes d’œufs- la farine.
Puis incorporez les blancs d’œufs battus à fourchette.
Beurrez et farinez un moule à manqué.
Préchauffez votre four à 150°C (th 3 ou 4).Cuisson : 25 minutes en surveillant régulièrement.
Quand le gâteau est cuit, saupoudrez de sucre glace.

Limonade aux fleurs de sureau



Cueillez 12 ombelles sur Dame Sureau.

Mettez-les dans une grande jatte en terre cuite avec 7 litres d'eau, 2 petits verres de vinaigre de cidre, un citron coupé en rondelles fines et un kilo de sucre non raffiné.

Remuez avec une grande cuillère en bois et laissez 5 jours au Soleil.

Puis filtrez et mettez en bouteilles, fermez bien.

Laissez encore 3 jours au Soleil, puis conservez au frais et à l'ombre.

Attention, cette limonade ne se conserve pas plus de 15 jours au frais, grand maximum.

C'est une boisson délicieuse, délicate et très raffraichissante.
On peut également faire de la limonade avec des fleurs de tilleul, délicieuse aussi.

LE SUREAU

Le sureau était autrefois connu comme l'arbre à fées, les anciens pensaient que la Reine des Fées vivait dans les racines du Sureau. C'est probablement une des plantes les plus abondamment utilisées car tout est bon et utile chez lui : ses fruits, son bois, ses fleurs. Ses vertus son nombreuses et son goût délicieux.

Le confit de fleurs de sureau des Vents Sauvages est préparé avec des fleurs issues de l'agriculture biologique. A teneur en sucre est peu élevée et sa cuisson rapide afin de préserver toutes les qualités gustatives de cette fleur fragile.

Il peut être utilisé pour cuire les compotes, la rhubarbe, les abricots… le goût du muscat lui est complémentaire. On peut également le déguster tout simplement sur des tartines ou des crêpes.

Idée recette : Crème glacée aux fleurs de sureau
Mélanger dans ces proportions : 1/4 l de crème fermière, 4 cuillères à soupe de confit de fleurs de sureau, et le jus d'un demi citron.

Fouetter la crème jusqu'à ce qu'elle soit épaisse, ajouter doucement le jus et le sirop, et verser avec une cuillère dans un bac avec couvercle, et laisser congeler.

Forêt

Sauvage et dangereuse, ou enchantée et bienveillante, la forêt est toujours profonde et étendue, car elle symbolise l'espace non civilisé. C'est l'antithèse du champ qui figure l'espace humanisé par sa clôture, l'inconscient par opposition à la conscience.

Un lieu inconnu et inquiétant
La forêt figure en bonne place dans les contes et légendes de toutes les cultures sédentaires. C'est l'inconnu près de chez soi, la demeure du loup, de l'ogre ou de Babayaga, la sorcière des contes russes, dont la maison repose sur des pattes de poulet.
Cette popularité s'explique aisément : dans leur dynamique de défrichement, les cultivateurs sont des éradicateurs d'arbres, ils s'en sont fait des ennemis et craignent les racines et les branches qui agrippent et étouffent, ainsi que les voix qui murmurent dans le bruissement des feuilles. Or, pour le bois de chauffe ou la récolte des glands, il a été nécessaire de conserver des espaces forestiers et de les fréquenter. Ces derniers sont situés loin du village, à la périphérie des circonscriptions seigneuriales, si bien que les franges nomades de la population (par exemple, les muletiers des Maîtres Sonneurs de George Sand) peuvent voyager au loin en suivant ces lisières forestières, sans jamais se rapprocher des habitations. Le porcher ou la petite ramasseuse de bois courent donc vraiment grand risque d'une rencontre avec l'inconnu. C'est alors vers la forêt que la société sédentaire rejette ses membres nécessaires mais inquiétants, tels les rebouteux, si bien que ce lieu finit par concentrer tout ce qui est rejeté : c'est la poubelle de l'âme.


Un monde d'aventures

Cet inconscient n'est pas entièrement noir, mais il est immaîtrisable : la forêt peut être rayonnante, traversée de sentes ombragées menant à des châteaux magiques et égayée de chants d'oiseaux. Mais voici que le ciel s'obscurcit et que les oiseaux se taisent. Et tout à coup les chemins ne mènent plus nulle part, ou bien semblent tous se diriger vers cette inquiétante chaumière dont la cheminée vomit une fumée lourde et noire.

Dans les romans du Moyen Âge, la forêt est indissociable de l'aventure solitaire du chevalier. En chassant dans la forêt, "antimonde" sauvage, livré aux puissances magiques, le chevalier y fait son apprentissage du courage et de la vertu. Pénétrer dans la forêt n'est pas un acte gratuit, mais un rite d'initiation qui peut s'achever en une quête mystique.


La forêt magique

C'est parce qu'il est de culture urbaine que Ronsard peut faire de la forêt le refuge d'une magie antique et agonisante :

Ecoute bûcheron, arrête un peu le bras ;
Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;
Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force
Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?

Quand la forêt recule, c'est un monde désenchanté qui lui succède . Même Baudelaire, grand laudateur des masques et de l'artificialité, voit dans les troncs d'arbres les piliers d'un temple infini :

La Nature est un temple où des vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers

Quand la nature devient temple, le poète rejoint la tradition antique, selon laquelle la fréquentation des forêts sacrées étaient interdites aux non-initiés. même les initiés devaient respecter les dates d'ouverture précises, comme lors de la réunion des druides gaulois dans la forêt des Carnutes. Nous ne sommes pas loin des traditions japonaises, qui font de la forêt l'espace sacré par excellence, le lieu où l'on adore moins le créateur que sa création.


Fée

Les fées, créatures féminines, dotées de pouvoirs surnaturels, interviennent pour le bien ou le mal dans la vie des hommes.

Des êtres surnaturels
On rencontre chez la plupart des peuples la croyance en des êtres magiques, qui se mêlent à la vie des hommes, président à leur naissance pour leur attribuer des dons bénéfiques ou maléfiques, et leur font sentir au cours de l'existence l'action de leur bienfaisance ou de leur malfaisance.
Ce sont les Moires grecques ou les Parques romaines, qui dévident et coupent le fil de la vie humaine. Leur nom (fatae en latin) évoque le destin et la mort. On les appelle aussi trolls, elfes, kobolds, dames, bonnes dames, dames blanches ou filandières ; elles sont, comme les génies, tantôt bonnes et tantôt mauvaises.( Si vous restez assez longtemps avec moi sur ce blog, je vous apprendrai à les reconnaitre.... )


Bonnes fées, mauvaises fées

Auprès de Cendrillon, la marraine-fée représente la bonne mère qui vient rétablir l'équilibre face à la cruauté de la marâtre. Dans la légende arthurienne, les fées Viviane et Morgane, élèves de Merlin, sont à l'origine de sombres histoires d'amour et de vengeance, tandis que Mélusine, victime elle-même d'un enchantement (un jour par semaine, le bas de son corps se transforme en queue de serpent), est une bâtisseuse, une bonne mère, une épouse aimante, bref, elle accomplit une grande oeuvre, jusqu'au jour où, trahie par son époux, elle est condamnée à revenir à sa nature surnaturelle et à hanter les lieux où elle avait jadis fait le bien. Contrariées, les fées deviennent parfois d'une cruauté incontrôlable, symboles de l'image néfaste de la femme depuis la création d'Eve.

(Euh... je vous rassure... je n'ai ni queue de poisson et je n'ai pas été trahie par mon époux... Ma grande oeuvre ? ce blog... et d'autres si jamais ça fonctionne comme je le souhaite...)

Fées païennes, fées chrétiennes

Sous l'influence des croyances chrétiennes, elles se christianisent plus ou moins, en dépit de leur origine païenne : on les voit recommander aux chevaliers le respect des observances de l'Eglise. Les croyances se rapportant à elles ont duré de longs siècles : il y est fait des allusions très précises dans le procès de Jeanne d'Arc. Les légendes relatives aux fées sont devenues ensuite des thèmes littéraires. Elles connaissent un vif succès au XVIIe siècle (sous l'influence des Contes de Charles Perrault), ainsi qu'au XIXe siècle.

Les dames blanches (3)

A part l'histoire d'Erasme, de nombreuses autres légendes relatives à la Dame Blanche fourmillent en France et dans le monde.

Des témoignages sont effectivement troublants comme par exemple à Palavas dans l'Hérault. Ainsi quatre jeunes automobilistes aperçoivent une femme d'une cinquantaine d'années le 20 mai 1981 vers minuit trente. Elle est vêtue de blanc et monte à l'arrière du véhicule direction Montpellier. Très silencieuse, elle s'écrit soudain « Attention au virage ! ». Le conducteur évite de peu l'accident et ses passagères à l'arrière poussent alors un cri : la Dame Blanche a subitement disparu alors que la voiture roule encore et que les portières sont fermées ! La police ne trouvera absolument rien sur les lieux, pourtant les quatre témoignages concordent tout à fait...

Toujours en France, à Caen, la Dame Blanche apparaît toujours au même endroit : sur la route de Luc-sur-mer près d'un abribus, à proximité du centre hospitalier. Cette fois, toujours de blanc vêtue, elle semble avoir une trentaine d'années. Des automobilistes qui la prennent en charge ne l'entendent pas dire un mot sauf à l'approche du petit village de Mathieu. Arrivant au village de Luc-sur-Mer, même cri : « Attention au virage ! ». Même cri, même disparition soudaine.

Autre fait troublant : en Isère cette fois, à Chapareillan. Cela se passe en 1977, un soir de tempête, durant laquelle un médecin prend en autostop une jeune femme sur la Nationale 90. Silencieuse, elle se contracte fébrilement au Pont-du-Furet, sa frayeur passe et elle demande à descendre pour rejoindre à pied le domicile de ses parents. Le conducteur, galant, lui prête un parapluie et attend quelques instants. Ne la voyant pas revenir avec son parapluie, il va sonner à la porte. Le couple d'une cinquantaine d'années lui explique que malheureusement, leur fille est décédée dans un accident de moto au... Pont-du-Furet. Pourtant, le signalement donné par le conducteur correspond très exactement au portrait de la jeune fille décédée.

Une autre Dame Blanche est également vue de temps à autre au château de Trecesson dans l'Ille et Vilaine.

Une autre encore hanterait le château de Pouancé en Maine et Loire. La légende veut que ce soit la femme d'un mari jaloux qui l'aurait emmurée ou encore il s'agirait de Marie Delorme qui, par amour pour un chevalier, fit prendre Pouancé par les troupes bretonnes et qui fut emmurée ou pendue.

Ailleurs, dans le monde, la Dame Blanche apparaît aux chutes Montmorency à Québec : il s'agirait d'une jeune femme dont le fiancé aurait été tué en 1759. De chagrin, elle aurait enfilé sa robe de mariée et se serait jetée dans les chutes.

Enfin, au château de Setin en Allemagne, roderait une Dame Blanche, fantôme de Sidonie von Bork qui fut brûlée pour sorcellerie.

Alors bien sûr... On peut parler d'hallucinations ou de canulars, reste que ces apparitions mystérieuses se produisent toujours aux mêmes endroits et que toutes les jeunes filles ou les femmes dont il est fait référence sont toutes décédées de mort violente ou ont été tuées dans des circonstances sordides. Les apparitions, hormis dans l'histoire d'Erasme, se produisent toujours aux alentours de minuit...

Les dames blanches (2)

Selon la tradition, la fée Mélusine, lorsque doit mourir quelqu'un de sa lignée, qu'il s'agisse de celle de Lusignan ou de celle de Sassenage, apaprait trois jours auparavant sur les tours du château, en criant ou en sifflant lugubrement. On trouve, citées par Erasme et par Cardan, des légendes analogues en Allemagne et en Italie.

Selon Erasme, dans son livre Des Prodiges : "En Allemagne, l'un des faits les plus connus demeure l'apparition de la "dame blanche" qui se fait voir quand la mort va frapper aux portes de quelque prince ; cet avertissement est aussi célèbre en Bohême qu'en Allemagne. Ce spectre est apparu, en effet, dès les premiers temps de l'histoire des nobles maisons de Neuhaus et de Rosenberg et il s'y montre encore aujourd'hui.Guillaume Slavata, chancelier du royaume, déclare que la "dame blanche" ne peut être retirée du purgatoire tant que le château de Neuhaus sera encore debout. Elle apparaît, non seulement quand quelqu'un de cette lignée doit mourir, mais aussi quand on doit célébrer un mariage ou la naissance d'un enfant, avec cette différence, toutefois, que, si elle porte des gants noirs, c'est un signe de mort ; si, au contraire, ses gants sont blancs, c'est signe de joie.Le seigneur de Rosenberg s'étant allié aux quatre maisons souveraines de Brunswick, de Brandebourg, de Bade et de Perstein, l'une après l'autre, cette dame blanche s'est rendue familière à ces quatre maisons et à leurs alliés.A l'égard de ses manières d'agir, elle passe, parfois, très vite, de chambre en chambre, comme une personne qui a beaucoup de travail, ayant à sa ceinture un trousseau de clés, dont elle ouvre et ferme les portes, aussi bien en plein jour qu'au milieu de la nuit. S'il arrive qu'on la salue, elle fait une honnête révérence de la tête et s'en va. Son maintien est celui d'une personne noble et sa gravité, celle d'une veuve. Parfois, cependant, si elle est mécontente, elle jette des pierres à la tête de ceux qui ont tenu des discours qui lui ont semblé déplaisants. On assure qu'elle aurait, la première, institué le repas des pauvres dans ce château et qu'elle veille à ce que cette coutume soit toujours respectée. Lorsque les Suédois s'emparèrent du château, ils oublièrent ce repas. La dame blanche fit alors un tel charivari que les soldats ne savaient où se cacher. Elle s'attaqua même aux généraux, jusqu'à ce que l'un d'eux fit souvenir aux autres qu'il fallait observer cette coutume. Dés lors, tout fut tranquille".

Cardan rapporte qu'une famille noble de Parme savait toujours que quelqu'un de la lignée devait mourir quand, au coin de la cheminée, on voyait assise une vieille femme. Elle fut aperçue aalors qu'une demoiselle de cette maison était malade ; on en conclut qu'elle mourrait ; contre toute attente, elle guérit, mais un autre membre de la famille mourut subitement.

Selon Delrio, "il y a une sorte de spectres peu dangereux, qui apparaissent en femmes toutes blanches dans les bois et dans les prairies ; parfois, on les voit dans les écuries, tenant des chandelles allumées dont elles laissent tomber des gouttes sur le toupet et le crin des chevaux, qu'elles peignent et qu'elles tressent ensuite fort proprement". Ce même auteur semble les confondre avec les sibylles et les fées.

Collin de Plancy, dans son Dictionnaire infernal, dit qu'en Bretagne "on appelle lavandières ou chanteuses de nuit" des femmes blanches qui lavent leur linge en chantant, au clair de lune, dans les fontaines écartées ; elles réclament l'aide des passants pour tordre leur linge et cassent le bras à qui les aide de mauvaise grâce.

Les dames blanches (1)

On peut rattacher aux fées les dames blanches et les dames vertes qui, surtout dans le Nord, apparaissent dans certaines forêts ; leurs gestes sont assez semblables, mais parfois elles paraissent tenir au monde des revenants.

Des dames blanches dansent jusqu'à deux heures du matin, un flambeau à la main, au bois Boudier, à Montbarey.

Quelquefois, à l'endroit où se croisent les sentiers des bois, aux environs de Saint-Germain-en-Bresse, on voit danser trois demoiselles qui, victimes de la déloyauté d'un seigneur, ont oublié après la mort les malheurs de leur vie.

On attribue plusieurs actes charitables aux fées franc-comtoises. Un enfant envoyé par ses parents au bois de Poligny s'y égara. On le chercha et on l'appela en vain pendant deux jours mais on finit par le retrouver le troisième jour, tranquillement assis sur une pelouse, dans une clairière, frais, riant, se portant à merveille. L'enfant dit que, pendant ce temps, une belle dame était venue lui donner à manger.

Une bergère s'étant égarée, dans le bois des Ecorchats, on ne la retrouva qu'au bout de trois jours ; comme on lui demandait si elle avait faim, elle répondit qu'une belle dame blanche lui avait apporté de la nourriture.

En Bourgogne, des dames blanches qui habitent un ravin profond dont les parois sont couvertes de forêts, guident les voyageurs, en les prenant par la main, dans le dédale des chemins qui y serpentent.

A Saint-Georges-de-Rouellay, on voit dans un petit bois une forme blanche qui, à l'approche des gens, s'évanouit au milieu des branches ; tantôt elle semble vive, pleine de joie et fait entendre un doux chant, tantôt triste et abattue, elle pleure amèrement.

Dans les bois de la Fau, près de Dôle, des dames blanches, qui semblent avoir des passions amoureuses, vont à la rencontre des voyageurs.

Les dames vertes

  • Dans les Vosges, des dames vertes se voyaient dans les profondeurs des bois.

En Franche-Comté, la Dame verte de Relans a des compagnes, vêtues comme elle de superbes tuniques vertes, que l'on rencontre de temps en temps dans un sentier de la forêt. Elles viennent au-devant des hommes qui la traversent, et elles en ont parfois entraîné par d'invincibles agaceries en des endroits écartés et secrets. Le charme, assure-t-on, ne durait pas ; ces beautés si aimables, si gracieuses, se transformaient bientôt en mégères impitoyables et pourchassaient leurs dupes avec furie. Le réduit de ces nymphes s'illuminait parfois de la lueur des feux qu'elles allumaient dans la solitude. Alors, on les entendait crier, rire et chanter.

En Basse-Normandie, les Milloraines, femmes aux proportions gigantesques, s'évanouissaient quelquefois dans les arbres avec un bruit d'ouragan, quand on s'approchait d'elles. D'autres fois, elles se tenaient sur les branches et s'élançaient sur les passants qui sentaient un poids intolérable sur leurs épaules, mais ne voyaient plus rien.

On désigne sous le nom de Femmes de mousse dans le département du Nord, des espèces de fées qui apparaissent quelquefois aux gens qui travaillent dans les forêts.
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