lundi 5 novembre 2007

Merlin et Viviane ou l'enchanteur enchanté

Etait-ce un homme, ce Merlin ?
Il était mi-homme mi-diable, disait volontiers la rumeur. Dès son enfance, Merlin avait fait preuve d'une grande intelligence et d'une inextinguible soif d'en apprendre toujours plus sur la marche du monde. Un véritable magicien, un enchanteur qui connaissait mille secrets, mille sortilèges, mille recettes pour faire ployer la nature à ses désirs. Merlin avait favorisé les amours du roi Uther Pendragon et de la reine Ygraine, qui lui avaient confié l'éducation de leur fils Arthur.

Devenu roi, celui-ci avait bien sûr gardé auprès de lui cet homme aux qualités exceptionnelles. Au palais de Camelot, Merlin bénéficiait d'une pièce pour ses grimoires et ses expériences, mais il préférait par-dessus toute chose parcourir les forêts pour mieux en percer les mystères.
On dit que c'est dans la forêt de Brocéliande qu'il rencontra une jeune fille belle comme le jour. Une fée ? Une nymphe des bois ? Une simple mortelle ?
- Salut à toi, je m'appelle Viviane, se présenta la jeune fille.
L'enchanteur fut ébloui par sa grâce et son sourire.
- Je suis Merlin, le conseiller du roi Arthur, articula-t-il avec émotion.
Et aussitôt, il tomba à ses pieds, sur la mousse éclairée comme un tapis d'émeraude par les fins rais de soleil passant à travers les branches des arbres. Il était instantanément tombé amoureux d'elle.
Viviane se mit à rire de voir cet homme honorable s'agenouiller en face d'elle, et son rire remplit de joie et d'émotion le coeur de l'enchanteur. A vrai dire, elle aussi était émue. Merlin n'était pas le vieillard à barbe blanche quelle croyait rencontrer dans la forêt. Il était dans la force de l'âge, et portait sur le visage les marques conjuguées du courage, de la sagesse et de l'astuce.
Viviane l'invita à se relever.
- Je connais votre réputation, dit-elle. Vous ne devez pas vous agenouiller à mes pieds. Qui suis-je pour mériter de telles marques de respect ?
- Vous êtes la plus belle femme que je connaisse.
- Mais vous ne me connaissez pas !
- Alors, faisons connaissance, proposa Merlin.

Ils marchèrent longuement dans la forêt. Il lui montra des lieux mystérieux connus de lui seul, lui désigna les pouvoirs des plantes, fit naitre pour elle des tapis de fleurs.
Au soir de ce jour-là, elle aussi était conquise ! Il la prit dans ses bras, elle entoura son cou. Il l'embrassa, elle lui répondit par d'autres baisers.
- Je t'apprendrai des choses merveilleuses, lui promit-il.
- Je serai la meilleure de tes disciples, murmura-t-elle.

Merlin et Viviane vécurent une grande passion. Mais, à l'inverse de bien des amoureux, ils ne consacraient pas tout leur temps à cet amour. Viviane avait soif d'apprendre, Merlin brûlait de lui révéler tous les secrets de sa magie, qu'elle comprenait vite et exerçait déjà à la perfection.
- Existe-t-il un secret pour retenir indéfiniment un amant ? demanda-t-elle un jour, avec un petit éclat moqueur au fond des yeux, à celui qui était à la fois son maître et son amoureux.
- Bien sûr, répondit-il. On peut toujours dresser autour de lui les murs d'un château duquel il ne pourra sortir.
- Me l'enseigneras-tu ? demanda-t-elle encore.
Viviane avait une idée derrière la tête, et merlin ne fut pas dupe. Néanmoins, il répondit sans hésiter :
- Si tu le souhaites...
Ainsi, Viviane, amusée et fière de sa puissance nouvelle, eut désormais une totale emprise sur le mage qui lui confiait tout, y compris ce qui pourrait un jour lui être fatal.
Merlin lui enseigna l'art d'édifier d'une simple formule, un château aux murs d'illusion, plus transparents que le cristal le plus pur, un château aux neuf cercles enchantés qui ne laissaient plus jamais passer celui qui y était enfermé.

Vint le jour où Viviane voulut retourner avec merlin dans la forêt de Brocéliande, où ils partageaient tant de souvenirs merveilleux, éblouis. L'amour entre eux ne s'était pas afafdi.
- Je t'aime au point de me perdre pour toi, murmura Merlin.
- Vraiment ? Accepterais-tu d'être mon prisonnier par amour ?
- Sans hésiter, fit l'enchanteur, se livrant pieds et poings liés à la volonté de la belle.
Alors Viviane dit la formule à voix haute et, aussitôt, un château aux murs d'air se déploya autour d'eux.
- Te voilà mon prisonnier par amour, fit Viviane.
- Oui, mon cher coeur.
- Et j'espère que cela durera plus de cent ans...
Merlin opina. l'amour de Viviane était si doux, si innocent malgré cette habile manipulation, si délicieux quand ils étaient ensemble... Il acceptait sans arrière-pensée d'être son prisonnier.

Pendant cent ans, Merlin resta enfermé dans le château magique aux murailles d'air. Son amour pour Viviane ne cessa pas pour autant. Bien sûr, il aurait facilement pu lancer un contre-charme qui l'aurait délivré en un instant - ce secret qu'il n'avait jamais dit à sa tendre geôlière - mais il préféra rester par amour le prisonnier de Viviane. Que lui importait la liberté ? L'amour de son élève, la merveilleuse enchanteresse, n'était-il pas mille fois préférable ?



9 commentaires:

  1. Wow. Voilà une bien belle histoire!

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  2. Parler de Merlin, c'est toujours magique !!
    Amities sunnytyler001

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  3. j'ai un exposé a faire, ton texte va beaucoup m'aider ! merci !

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  4. Si cela peut t'aider, alors tant mieux... Bisous W35i
    Si tu as le temps, il y a aussi "la trilogie des elfes" de Jean-Louis Fetjaine à lire et où l'on te raconte tout sur Merlin...

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  5. Ce texte apprend beaucoup de chose !!!
    Il est très bien

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  6. ce texte est vraiment bien rediger moi aussi sa va bien m'aider pour mon expo
    merci boucoup

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  7. Mais de rien... je ne fais que transcrire certains textes pour apporter ici un peu de féerie...
    Bisous à vous tous

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  8. sepochoucroute17 janvier 2011 12:13

    je comprend pas pourkoi elle l'a enfermee

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  9. Pour qu'il reste à jamais son amant éternel !
    Une autre variante fait de Viviane la responsable de la mort de Merlin. En effet, voulant préserver sa virginité des assauts répétés du vieil Enchanteur, Viviane lui demande de l’initier à la magie. Dans le seul but de la conquérir Merlin accepte, tout en sachant (grâce à son don prophétique) qu’elle causera sa perte.
    Après la mort de sa mère Ygraine, Viviane eut soin de Morgane, faisant d’elle une magicienne, tandis que Merlin l’enchanteur prit soin de l’éducation de son demi-frère, le futur roi Arthur. Selon d’autres textes, Morgane n’est pas la demi-sœur d’Arthur mais sa sœur et celle-ci ne fut pas élevée par Viviane mais elle aurait appris, elle aussi, sa magie de Merlin. Bien au contraire, toute deux s’affrontent à l’aide de leur magie. Viviane protège Arthur, sa cour et l’idéal courtois et chevaleresque qu’il incarne, tandis que Morgane veut la perte de son frère et de sa belle-sœur, la reine Guenièvre.

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