jeudi 25 juin 2009

En vacances !


A partir de ce jeudi 25 iuin et jusqu'au 20 juillet,
nos blogs tourneront au ralenti.
Vous vous en doutez, nous prenons quelques moments de repos :
d'abord à cause de la santé déclinante de ma maman, et puis les vacances !

Nous ne fermerons pas nos portes et il y aura parfois des messages
mais moins fréquents et moins réguliers.
Cela permettra à tous de pouvoir faire un petit break et,
de savourer à fond les beaux jours et les loisirs d'extérieur.

Nous vous souhaitons d'ores et déjà à tous,
de passer de merveilleuses vacances.
Profitez de ces deux mois d'été et de votre petite famille,
faites provision de lumière et de soleil en prévision du prochain hiver
et si vous vous partez sur les routes, soyez prudents,
ne vous pressez pas, vivez au ralenti !!...

Gros bisous à tous et amusez-vous surtout !

Aby et Mélusine

mercredi 24 juin 2009

Trésors des Margot-la-Fée et des farfadets

Les demeures souterraines des Margot-la-Fée des Côtes-du-Nord renfermaient aussi des trésors. L'une de ces dames donna une clé à un couturier fort pauvre en lui disant qu'elle ouvrait trois portes, et que derrière, se trouvaient des richesses dont il pourrait prendre ce qui lui plairait. L'homme pénétra dans le souterrain qui conduisait à une galerie où il y avait trois monceaux de diverses sortes de monnaies ; sur le premier tas composé de louis d'or, était couché un mouton blanc, sur le second formé de pièces d'argent, un mouton un peu moins blanc, sur le dernier un mouton gris était sur un tas de monnaies de cuivre. Le mouton blanc, après lui avoir demandé qui l'avait envoyé, lui dit de puiser dans le trésor. L'homme se chargea d'or comme un mulet et alors le mouton lui dit que s'il avait un sac, il en emporterait bien davantage. Le couturier jeta tout l'or qu'il avait dans ses poches pour courir plus vite, mais quand il revint, il ne retrouva plus les portes.

On voyait revenir aux environs d'une grotte presque inaccessible dans les gorges du Fier, une dame blanche ; lorsque grondait la tempête, son fantôme se montrait courbé sous un sac d'écus, et laissant des traces de son passage. C'est l'ombre d'une méchante châtelaine qui, au moment d'une peste, se réfugia dans cette grotte avec ses trésors, en mura l'entrée, et chargea les esprits des ténèbres d'en défendre l'approche.

Les farfadets vendéens avaient entassé beaucoup d'or et d'argent dans les cavernes impénétrables où ils demeuraient. La grotte du Trésor, dite aussi grotte du Diable, à Remonot (Doubs), renfermait, suivant une tradition qui remonte au XVIIe siècle, un trésor gardé par un dragon ailé, et des richesses incalculables étaient cachées dans la grotte de Vaux, près d'Amancey.

D'après la légende, les Vaudois, massacrés à la grotte de la Balme (Isère), faisaient par maléfice les pierres se changer en lingots d 'or ; en 1859, on y a creusé, à l'heure de minuit, pour y découvrir des trésors ; quelques années auparavant, un prêtre, accompagné de deux sacristains, avait réussi à détacher de la voûte enchantée une pierre qui, grâce à des incantations magiques, devait se transformer en bloc d'argent ; mais dès le lendemain, la pierre remonta, dit-on, par une impulsion soudaine, et elle se replaça à la voûte de la grotte.

mardi 23 juin 2009

La légende du sapin


Pour Olivier, Martine et Noémie, voici une autre légende du pin

Autrefois, tous les arbres de la forêt conservaient leurs feuilles à l'approche de l'hiver.
Aujourd'hui, seul le sapin reste vert à la mauvaise saison.

Aux alentours de Noël, un petit oiseau ne put s'envoler vers les pays chauds, car son aile était brisée.

Comment allait-il résister à la rigueur de l'hiver ?

Tremblant de froid, il s'abrite dans le feuillage d'un gros chêne.

Le chêne refuse de l'accueillir :

- Va-t-en, tu vas manger tous mes glands, dit-il.

Malgré la neige, il quitte le gros arbre pour se réfugier dans les branches du hêtre touffu.

- Ne reste pas là, tu vas picorer mes faines, dit-il.

Le petit oiseau terrifié s'échappe pour se cacher dans un bouleau qui le chasse sans tarder :

- Je ne veux pas de toi, tu vas salir mes branches.

Repoussé par tous les arbres, le petit oiseau se couche dans la neige pour mourir.

Il voit soudain à quelques pas de là un sapin qui lui fait signe.

Les ailes engourdies par le froid, il se traîne vers le sapin.

- Ici, tu ne crains rien, je te protègerai, lui dit-il.

La veille de Noël, un vent terrible souffla sur la forêt.

Tous les arbres perdirent leurs feuilles sous la force du vent.

Seul le sapin conserva son feuillage, car il avait accueilli le petit oiseau malade.

Voilà pourquoi le sapin est aujourd'hui l'arbre de Noël, généreux et protecteur, autour duquel nous nous réunissons.


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Hermann Joseph Troxler, Thierry Chapeau.
Éditions du Bastberg, 1996

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Image :
Bourgui







vendredi 19 juin 2009

Bonne Fête à tous les papas !

Nous sommes un peu en avance,
mais comme il est rare que nous soyons présentes durant le week-end,
nous ne voulions pas manquer cette occasion de saluer ici tous les papas du monde
et de leur dire combien on les aime...
Hélas, je ne peux dire ces mots à mon papa,
disparu depuis 12 ans déjà, mais je pense à lui très fort !

Douce et belle journée à vous tous
Aby et Mélusine



jeudi 18 juin 2009

La mort de la fée et la disparition du lac

Le sort d'un lac de la vallée d'Aoste, non loin des chalets de Prez, était en quelque sorte lié à celui d'une fée ; il était sous la protection de cette fée, ni bonne, ni méchante, qui ne se laissait voir à personne, se transformait en bête, et se manifestait surtout par son chant mélodieux.
Sa forme la plus habituelle était celle d'un reptile.

Un chasseur ayant aperçu sur une roche un grand serpent dont la robe brillante étincelait au soleil, et qui se mirait dans l'eau, le prit pour un dragon dévastateur, et tira sur lui. L'animal, blessé à mort, tomba dans le lac qui devint tout rouge de sang ; ses eaux diminuèrent depuis cet instant, si bien qu'au bout de quelques heures il était à sec. En mourant, la fée du lac l'avait épuisé.

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Illustration : Susan Seddon Boulet

Origines de la Brière


La Brière, vaste terrain tourbeux qui couvre plusieurs milliers d'hectares
aux environs de Guérande (Loire-Atlantique),
était autrefois occupée par un jardin et un château
dans lequel se cachait un immense trésor.

Un sorcier qui le convoitait suscita une tempête,
l'eau monta, et le château fut détruit et remplacé par un marécage ;
mais le trésor poursuivi par le sorcier s'enfuit
sous la forme d'un "Krapado" (nain)
pour se blottir sous le dolmen de Crugo où il existe encore.

Voilà pourquoi on retrouve sous la Brière
des troncs d'arbres qui attestent son origine première.

D'après une autre version,
la Brière était autrefois une grande forêt.
Un sorcier souleva une tempête et tout fut détruit,
sauf un endroit appelé encore le Bois de l'Île.
Les habitants furent noyés :
il n'échappa au déluge qu'un taureau et une bonne soeur
qui se réfugièrent sur la butte du Bois de l'Île.

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Pour en savoir plus sur La Brière
d'où est tirée la photo :


mardi 16 juin 2009

Les trésors cachés

Les "boisiers" racontent souvent que des bûcherons, en abattant de vieux arbres, ont mis à découvert des cassettes remplies de monnaies, qui avaient été déposées entre leurs racines, ou que des étrangers, guidés par d'anciens parchemins, ont déterré de l'or ou de l'argent qui avaient été cachés autrefois : il y a quelques années, le bruit courut que des gens qu'on ne connaissait point dans le pays, avaient creusé la nuit au pied d'un gros chêne de la forêt de Haute-Sève (Ille-et-Vilaine) et y avaient trouvé un coffre sans doute plein d'espèces monnayées, dont on vit le lendemain, au milieu de la terre fraîchement remuée, les planches à demi pourries.

Le trésor de l'abbaye de Lucelle avait été enfoui, lors des événements de 1789, sous un arbre d'une petite forêt du Jura bernois ; le moine qui l'y avait caché ne put le retrouver quelques années après, l'arbre ayant été coupé ainsi que ses voisins ; on dit que son âme erre souvent dans la forêt à la recherche du dépôt qu'il avait placé sous les racines. Cse richesses ne sont pas, comme beaucoup d'autres, sous la surveillance jalouse de personnages ou d'animaux fantastiques ; cependant on disait en Basse-Normandie, au milieu du XIXe siècle qu'un renard invulnérable était préposé à la garde d'un trésor caché dans la forêt de Gouffern.

Dans ma famille maternelle, on raconte qu'un arrière-arrière… grand père aurait épousé une princesse inca et vivaient leurs amours en Lorraine. Lorsque cette princesse mourut, le grand père, seul, l'enterra en forêt au pied d'un bel arbre. Il déposa dans son cercueil tous les bijoux qu'elle avait gardés et qui provenaient de son pays natal…
Comment se sont-ils rencontrés ? Je l'ignore…
Tout comme on ignore où elle est enterrée et d'ailleurs nul, jusqu'à ce jour, ne semble avoir découvert la tombe et le trésor. Pourtant, dernièrement, on a entendu parler d'une découverte semblable, mais la famille confirme que cela ne se rapporte pas à elle… A suivre ? Détentrice de ce secret, je suis la dernière à en garder la mémoire… et je ne dispose que peu de sources ! C'est que dans le temps, on se gardait bien de crier partout ce qui se passait dans les familles…

Une légende dit que le fushia serait les larmes d'une princesse inca déchue de son rang pour avoir aimé un homme d'un rang subalterne... S'agirait-il de cette aïeule ?

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Dons des esprits de la forêt

Plusieurs légendes racontent que des esprits de la forêt, pour secourir des personnes affligées ou pour être agréables à ceux qu'ils aiment, leur font présent de charbons ou de e divers objets qui se changent en or.

Un jeune charbonnier auquel ses deux aînés avaient confié la garde de leur fouée, s'endormit, et quand il se réveilla elle était éteinte ; il aperçut au-dessus des arbres des flammes qui s'élevaient à une hauteur prodigieuse ; il pensa que d'autres charbonniers avaient allumé un grand feu pour se préserver de la rosée, et il résolut d'aller leur demander quelques tisons.
En approchant, il vit que les flammes étaient de diverses couleurs, bleues, blanches, jaunes, rouges, etc. Minuit sonna à l'église de Paimpont, et il reconnut qu'il était tout près de la Crezée de Trécilien, où les divinités des bois se réunissaient chaque nuit.
Plusieurs nymphes le saisirent et l'entraînèrent dans la Crezée, en face d'un immense brasier devant lequel se chauffait le dieu des chênes. Le garçon lui raconta sa mésaventure, et le dieu lui dit :
- Pique dans le feu, prends une bûche, n'y reviens pas et fais-en bon usage
Le petit charbonnier retira du foyer une bûche enflammée, et arrivé à son fourneau, l'y plaça au milieu de charbons. Le feu reprit comme par enchantement. Le lendemain, il trouva sous les cendres un énorme lingot d'or, qu'il alla vendre à paris ; avec le produit, il acheta un château aux environs de Plélan, où il mena joyeuse vie. Mais un incendie dévora son château et le ruina.
Alors, il eut l'idée de revenir à la Crezée ; il raconta la même histoire au dieu des chênes, mais celui-ci se mit à rire, et lui dit :
- Nous verrons tout à l'heure si tu dis vrai ; enfonce ta pique et tâche d'en retirer une bûche.
Le charbonnier obéit, mais il essaya vainement de la retirer ; ses mains semblaient rivées à sa pique, les flammes montèrent tout le long, puis dévorèrent le malheureux ; le matin ce n'était plus qu'un monceau de cendres sur lequel poussa le petit chêne rabougri que l'on voit encore et qui s'appelle l'arbre du charbonnier.

Le soir où fut enterré un charbonnier qui demeurait dans un bois près de Lectoure, mort en laissant ses enfants sans ressources, les deux aînés partirent pour aller demander du secours ; comme ils tardaient à rentrer, le plus jeune sortit pour vois s'il ne les apercevait pas. À cent pas de la cabane, il vit une troupe d'hommes, vêtus en seigneurs, qui se chauffaient près d'un grand feu, sans rien dire. Il s'approcha de celui qui semblait être le maître, et lui demanda quelques charbons. L'homme baissa la tête pour dire oui, et l'enfant s'en alla avec ses tisons. Mais il ne fut pas plutôt de retour dans la cabane que les charbons s'amortirent. Il revint en chercher d'autres, qui s'amortirent comme les premiers.
Quand il se présenta pour la troisième fois, le maître le regarda de travers, et lui donna lui-même un gros tison, en lui faisant signe qu'il ne se hasarda pas à revenir. Ce tison s'amortit comme les autres. Aussitôt s'évanouirent le grand feu et les hommes qui se chauffaient. Lorsque le jour venu, l'enfant regarda au foyer les charbons de la veille, il se trouva que les charbons étaient de l'or.

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1ere image : Nymphe des bois , peinture d' Alexandre de Riquer

lundi 15 juin 2009

Le grand pin et le bouleau

Il y a bien longtemps, avant que les hommes n'arrivent dans le pays, les arbres étaient capables de parler. Le bruissement de leurs feuilles était leur langage calme et reposant. Lorsqu'ils agitaient leurs branches en tous sens dans le vent violent, leurs paroles étaient des discours pleins de courage ou remplis de peur.
La forêt était peuplée d'une multitude d'arbres de toutes sortes. L'érable laissait couler sa sève sucrée pour les oiseaux assoiffés. Un grand nombre d'oiseaux nichaient dans ses branches. Les merles venaient déposer leurs petits œufs bleus dans des nids bien installés. L'érable les protégeait du vent et de la pluie, toujours prêt à rendre service. Il était respecté aux alentours.
Pas bien loin de lui, un orme élevait ses longues branches vers le ciel. L'orme aimait le soleil et chacune de ses branches s'élançaient vers ses rayons. Les orioles, des oiseaux ressemblant aux rouges gorge mais en plus petit construisaient leurs nids balançoires dans sa ramure sachant qu'ils se trouvaient à l'abri dans les hauteurs.
Plus loin encore, le thuya offrait durant l'hiver l'hébergement à des familles entières d'oiseaux. Lorsque le froid faisait rage, le thuya refermait ses épaisses branches sur eux et les gardait bien au chaud. Les oiseaux étaient si confortablement installés qu'ils mettaient du temps, le printemps venu, à quitter leurs logis dans le thuya.
Le bouleau se tenait à peu de distance. Il était mince et élégant et son écorce douce et blanche le distinguait des autres. Ses bras souples et gracieux s'agitaient à la moindre brise. Au printemps, ses feuilles vert tendre étaient si fines qu'elles laissaient passer la lumière du soleil au travers.
Quand les hommes arrivèrent dans ces lieux, ils se servirent de l'écorce du bouleau pour fabriquer des canots, des maisons et même les récipients dans lesquels ils cuisaient leurs aliments.
Mais il arriva un jour que le bouleau, à cause de sa beauté, se mit à mépriser tout le monde.
Le grand pin était le roi de la forêt. C'est à lui que chaque arbre devait faire un salut en courbant la tête un peu comme on manifeste son obéissance au roi. Et ce roi était le plus grand, le plus majestueux, le plus droit de tous les arbres de la forêt. En plus de sa taille, sa magnifique vêture vert foncé assurait son autorité.
Un jour d'été, la forêt resplendissait des parfums et des couleurs de milliers de fleurs et un éclatant tapis de mousse recouvrait les coins ombragés du sol. Une quantité d'oiseaux, des gros, des petits, des bleus, des gris, des jaunes et des rouges, n'arrêtaient pas de chanter. Les arbres bougeaient doucement et agitaient leurs feuilles qui étaient des rires et des gais murmures de contentement. L'érable remarqua que le bouleau ne participait pas à cette réjouissance collective. - Es-tu malade, bouleau ? demanda le gentil érable.
- Pas du tout, répondit le bouleau en agitant ses branches de façon brusque. Je ne me suis jamais si bien senti. Mais pourquoi donc devrais-je me joindre à vous qui êtes si ordinaires ?
L'érable, surpris de cette réponse, se dit que le roi grand pin ne serait pas content d'entendre de telles paroles. Car la première tâche de Grand Pin était de faire respecter l'harmonie parmi ses sujets.
- Tais-toi ! dirent les arbres au bouleau. Si le grand pin t'entend...
Tous les arbres étaient très solidaires les uns des autres comme le sont les frères et les sœurs qui s'entraident. Seul, le bouleau refusait l'amitié de ses compagnons. Il se mit à agiter ses branches avec mépris et déclara :
- Je me fiche bien du roi. Je suis le plus beau de tous les arbres de la forêt et dorénavant je refuserai de courber la tête pour le saluer !
Le grand pin, qui s'était assoupi, s'éveilla tout d'un coup en entendant son nom. Il secoua ses fines aiguilles pour les remettre en place et s'étira, s'étira en redressant son long corps.
- Bouleau, que viens-tu de dire ? lança-t-il.
Tous les arbres se mirent à trembler car ils se doutaient bien que la colère grondait dans le cœur du grand pin. Mais le bouleau ne semblait nullement craindre sa colère. Il étala ses branches avec dédain, les agita dans un sens et dans l'autre et dit d'un ton hautain :
- Je ne vais plus vous saluer, grand pin. Je suis le plus bel arbre de la forêt, plus beau que tous les autres, plus beau même que vous !
Le grand pin se fâcha. Ses bras se mirent à s'agiter bruyamment. Et tous les arbres attendirent dans le plus grand silence la suite des événements.
- Bouleau, lança le roi pin, tu es devenu vaniteux ! Je vais t'apprendre une leçon que tu n'oublieras jamais.
Le grand pin se pencha en direction du bouleau et frappa sa tendre écorce de toutes ses forces. Ses aiguilles lacérèrent la douce peau blanche du bouleau.
Enfin, il dit :
- Que tous apprennent par toi, bouleau, que l'orgueil et la vanité sont mauvais.
Depuis ce jour, l'écorce de Bouleau est marquée de fines cicatrices noires. C'est le prix qu'il dut payer pour sa vanité. Tous les membres de sa famille, sans exception, ont gardé, marquée dans leur peau, la trace de la colère du roi grand pin.


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Conte du Québec - adapté d'un conte Ojiboué


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Huile sur toile d'Alix

jeudi 11 juin 2009

La nuit et le solstice d'été

Actuellement, la vertu des eaux de quelques fontaines semble subordonnée à une circonstance qui se produit juste à ce moment.

C'est ainsi que la fontaine de Moniès, près de Dourgues, dans une contrée montagneuse était surtout efficace le jour de la Saint-jean parce que, au matin, le soleil levant dansait et éclairait les eaux. On peut rapprocher cette croyance des bénédictions données par les saints, et surtout par le Précurseur, à la mer et à diverses sources.

Il est toutefois assez rare que ces sources guérissantes opèrent pendant que le soleil répand sa lumière ; plus habituellement on les visite pendant la nuit mystérieuse qui précède le solstice.
La vertu des eaux de la fontaine de N.D.–de-Bertharram n'était que temporaire ; elles ne produisaient leur effet que deux fois l'année, le 8 septembre et le 23 juin à minuit.

L'eau ferrugineuse de la fontaine Saint Jean Baptiste à Lussaguet (Landes) n'est puissante que le 24 juin ; les bains que l'on y prend ne sont salutaires que le jour même de la fête, qui s'étend il est vrai, de minuit à minuit, c'est-à-dire pendant 24 h.

Suivant la croyance populaire du Tarn-et-Garonne, la source de Saint-Jean à Saint-Quentin, à sec toute l'année, coule seulement le jour de la Saint-Jean depuis minuit jusqu'au lever du soleil ; c'est à ce moment qu'on y va pour les maladies des yeux.

Une autre fontaine de Saint-Quentin, près de ruines du prieuré de Cayrac, n'est guérissante que durant la même période.

Il en est de même de plusieurs sources du Poitou, et leurs eaux bouillonnent le matin.

À Pau, la Houn de las fadas, ou fontaine des fées, dans une prairie attenante au cimetière, était, la nuit qui précède la Saint-Jean, le rendez-vous d'une foule de malades.

Au commencement du XIX e siècle, une fontaine, à quelques kilomètres de Nogent-le-Rotrou, était célèbre par le pouvoir guérissant qu'elle avait pendant toute la nuit, veille de la Saint-Jean. Hommes et femmes entraient dans ses eaux, culottes et cottes retroussées, et se lavaient le plus haut qu'ils pouvaient. L'antiquité de l'usage, le motif religieux de l'action sanctifiaient ce mélange confus et nulle idée d'indécence ne venait troubler la cérémonie. Cette fontaine est celle de Saint Jean-Baptiste à Pierrefixte. Un pèlerinage y avait lieu vers 1860, aussi la veille de la Saint-Jean et l'eau possédait des vertus supérieures si on la puisait avant le lever du soleil. On ne se baignait plus dans la source même mais on se frictionnait la partie malade avec un linge mouillé ; lorsque l'organisme entier était affecté, le patient se plaçait tout nu derrière une haie, et un ami lui appliquait sur le corps une chemise trempée dans la fontaine.


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