lundi 8 février 2010

Une fée exorcisée par le curé de Saint-Suliac


À l'extrémité de la commune de Saint-Suliac est une grotte appelée l'antre de la Fée du Bec du Puy. A sa voix jadis, les vents soufflaient moins fort, les flots se calmaient, et la mer devenait tranquille et transparente comme un lac de cristal. Aussi voyait-on chaque marin, en partant pour la pêche, venir sur la grève sacrée, offrir ses hommages à la belle déesse, qui lui rendait le vent favorable et la pêche abondante. Les femmes, les  sœurs, les filles, les amantes des absents, venaient déposer de nombreuses guirlandes de fleurs sauvages, à l'entrée de son impénétrable grotte, gardée par une meute de chiens invisibles, toujours aboyants et prêts à dévorer l'imprudent qui se hasardait à en forcer l'entrée.
On dit qu'un jour des bergers revenant des pâturages trouvèrent à la tombée du jour, à l'entrée de la grotte, une jeune fille expirante : son fiancé n'avait encore jamais manqué au rendez-vous, quand, trois jours auparavant, elle avait vu la Fée. " Depuis, confia-t-elle, je l'attends vainement : le vent et la mer ont été contre nous, et cependant, je conserverais de l'espoir, si la Fée ne m'était de nouveau apparue".
La veille  au soir, elle se trouva face à la Dame du Puy ; voulant fuir, les forces lui manquèrent, et elle tomba anéantie à la place où l'on venait de la trouver. " Mes jours sont comptés, dit-elle ; allez me chercher un prêtre : la fée m'a dit des choses qui ne me laissent aucun doute sur ma fin prochaine. Mon fiancé n'est plus ! Que ferai-je ici-bas ? Allez, mes amis, hâtez-vous, le temps presse, et mes forces m'abandonnent".
Les bergers, ne doutant plus de la fatale rencontre, la portèrent sur leurs épaules jusqu'au bourg, où elle expira. Le curé de Saint-Suliac, suivi d'un nombreux cortège, croix et bannière en tête, se rendit à la grotte, où il somma la fée de comparaître, répétant trois fois sa sommation, sans résultat. Alors, il l'exorcisa et lui ordonna de la part de Dieu de ne plus apparaître en ces lieux. On ne vit rien, mais on entendit un cri de douleur sortir de la montagne, et des imprécations qui glacèrent tous les cœurs furent répétées par les échos des vallons de la Rance.
Depuis ce jour, on la voit bien quelquefois se promener au clair de lune, amis elle s'enfuit, dès que l'homme approche l'endroit où elle se trouve.
En revenant sur les galets des grèves, le cortège trouva un corps inanimé que les flots y avaient déposé depuis son passage. C'était le jeune marin disparu, le fiancé de la jeune fille qui, faisant chaque jour la traversée de la rance à la nage, avait péri dans le trajet, et que la Fée en fuyant, avait jeté comme une dernière vengeance sur les pas du clergé qui le fit enlever et transporter en terre bénite.

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D'après "Légendes locales de la Haute-Bretagne (T.1)", paru en 1899
La France Pittoresque, N° 24

mercredi 3 février 2010

L'hippocampe



L’hippocampe ou « cheval marin » est, dans la mythologie grecque, une créature fantastique (on ne parle pas ici des petits poissons à la nage verticale) dont la partie antérieure est celle d’un cheval, soit la tête, l’encolure et les deux jambes antérieures, et la partie postérieure celle d’un poisson, d’un serpent, ou d’un monstre marin. Ils sont vivipares et se reproduisent à la manière des dauphins.
Décrits comme les chevaux de la mer, où ils vivent habituellement, deux ou quatre d’entre eux tiraient le char de Poséidon et d’autres servaient de monture aux autres divinités marines, comme les tritons et les néréides. Ils sont assez souvent représentés sur les objets d’art de la période antique comme les mosaïques et les poteries en relation avec le milieu aquatique. Ils y ont généralement une longue queue couverte d’écailles vertes et des nageoires de poisson. Comme de nombreuses autres créatures mythologiques, la figure des hippocampes a été reprise dans quelques œuvres modernes. Ainsi dans les mille et une nuits, Sindbad le marin raconte comment il croisa le roi Maharajan Celui-ci faisait conduire les meilleures pouliches de son haras royal au bord de la mer, où des chevaux marins venaient les saillir et tentaient de les entraîner avec eux dans les flots. Les hommes du roi repoussaient alors les étalons marins et ramenaient les juments pleines au haras royal où, quelques temps plus tard, elles mettaient bas de fabuleux poulains.

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Photo : Fontaine art déco à l'hippocampe,Kansas City (1937).

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Autres renseignements : ICI

mardi 2 février 2010

La Chandeleur

Évoquant aujourd'hui la coutume des crêpes, la Chandeleur est d'origine religieuse et aurait été instituée par le futur pape Gélase en 472. Tandis que le paysan y voyait jadis une sorte d'hommage à la déesse des Moissons, on pouvait assister à d'étranges rituels en ce jour de la Purification propice aux idylles champêtres, le cierge de la Chandeleur constituant un précieux talisman contre les mauvais coups du sort et les caprices du ciel.

La Chandeleur, dont la célébration tombe le deuxième jour de février, fut jadis une des fêtes les plus chômées du beau pays de France. Comme la Saint-Jean d'Été, qui indiquait aux yeux des laboureurs la fin des journées torrides et l'achèvement des récoltes, la Chandeleur était dans l'esprit de nos pères une date respectable.
Pourquoi les fées vous parlent-elles aujourd'hui de la Chandeleur , Et bien, figurez-vous que l’enchanteur Merlin fut, d’après la mythologie celte, le premier à déguster une crêpe lorsque la fée Viviane renversa sur la pierre chaude du foyer la bouillie qui mijotait dans son chaudron. La première crêpe était née !

Des chandelles de cire que les assistants portent en procession
Nombreux étaient ceux qui, par ignorance ou par routine, préféraient régler leurs devoirs ou leurs intérêts sur les fêtes des saints et prenaient comme base de leur calendrier populaire soit l'Épiphanie, soit encore, et de prédilection, la Chandeleur. Cette tradition médiévale subsistait encore dans nos campagnes à la fin du XIXe siècle. Si la Chandeleur n'est plus jour férié en France, elle donne parfois lieu à ces coutumes où survivent quelques souvenirs de la vieille France.
Le mot chandeleur est d'origine religieuse. On disait au Moyen Age la "feste chandeleur" ou "festum candelorum", du nom des cierges ou chandelles de cire que les assistants portent en procession et font bénir à l'Église, afin de commémorer le souvenir de la présentation de l'Enfant Jésus au temple et de la purification de la Sainte Vierge. Selon Bède le Vénérable, moine et historien anglais du VIIe siècle, la fête des cierges aurait été créée par le futur pape Gélase en 472, se substituant aux antiques Lupercales ou, selon d'autres, aux fêtes de Proserpine et de Cérès, qui se célébraient à la même époque et où l'on portait aussi des torches allumées. Mais certains auteurs attribuent à la "Chandeleur" un caractère expiatoire : Justinien l'aurait-il instituée en l'an 552 à l'occasion d'un mal étrange qui décimait presque toute la ville de Constantinople ?

Des crêpes à ne rater sous aucun prétexte
À la Chandeleur se rattache la coutume des crêpes. Il n'est si pauvre maisonnette où l'on ne fasse des crêpes dans l'âtre du laboureur, et chacun, suivant la tradition, doit retourner la sienne. Malheur à celui qui ignore la joyeuse chanson de la pâte qui se lève dans la poêle !
Son blé de l'année sera carié. Et quant à celui qui retourne sa crêpe avec adresse, qui ne la laisse pas tomber dans les cendres, ou qui ne la rattrape point dans la poêle sous la forme navrante de quelque linge fripé, celui-là aura du bonheur. Devons-nous voir dans cette coutume du paysan de France, si attentif à retourner soigneusement de légères pâtes dorées, afin que son blé de la moisson prochaine soit de qualité excellente, une sorte d'hommage à Cérès la Blonde, déesse des moissons ?...
La coutume des crêpes évoque une légende singulière selon laquelle Napoléon, sur le point d'entreprendre la désastreuse campagne de Russie, faisait, un jour de Chandeleur, une partie de crêpes aux Tuileries, avec ses familiers. Arriva à son tour de "tenir la queue de la poêle". "Si je retourne celle-ci, dit-il, je gagnerai la première bataille !". Et la crêpe se retourna, ronde comme une lune. "Si je retourne cette autre, je gagnerai al seconde !". Et encore la crêpe tournoya comme un louis d'or. La troisième fit de même. Quant à la quatrième, comme un torchon boueux, elle roula dans la cendre. Celle-là, c'était la bérézina…

Des croyances et des rituels pour une année heureuse.
En maint hameau, on fait encore bénir, le jour de la Purification, un cierge neuf. On l'allume et on essaie de la rapporter "tout clairant" chez soi. Une croyance fort répandue veut que celui qui tient le cierge allumé jusqu'au seuil de sa demeure soit assuré de ne pas mourir dans l'année. Dans nos campagnes, le cierge de la Chandeleur passe pour le plus précieux des talismans contre les sortilèges et les maléfices. Quand un animal domestique était malade, on faisait jadis couler trois ou quatre gouttes de ce cierge dans sa boisson ; on l'allumait également pour conjurer la foudre, ou encore pour bénir les premiers communiants et les fiancés avant leur départ pour l'église ; on faisait de même quand le prêtre venait administrer les derniers sacrements à un mourant.
Une tradition veut que les jeunes gens désireux de connaître leur avenir fassent une neuvaine à la chapelle de la vierge lors de la Chandeleur. Le dernier jour écoulé, le jeune homme, une fois endormi verra en songe celle qui sera sa fiancée, et inversement. Dans le département de la Haute-Saône, les "promis" avaient coutume de se rendre, le 2 février, à la fontaine la plus voisine du hameau pour y échanger des gâteaux. Enfin, la Chandeleur inspira maints dictons populaires : l'un d'eux nous apprend qu'en cas de belle journée à la Chandeleur, l'hiver se passe pou prend de la vigueur, vigueur devant se maintenir pendant quarante jours…
 
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"La France Pittoresque" N°9
D'après un texte paru en 1906

samedi 23 janvier 2010

Sculptures féeriques

En me promenant au pays des fées,
j'ai soudain aperçu trois d'entre elles qui sculptaient les leurs...
C'est si joli que je n'ai pu m'empêcher de vous les présenter...
Jugez plutôt !





Ces trois premières sculptures viennent du blog  de Patricia  Cozzo :
elle utilise un mélange de pâte pour parvenir à un teint naturel 
et beaucoup de patience et d'amour pour les amener à la vie ...
Mais découvrez son blog où elle vous permet de suivre
les différentes étapes de sa création !

Les deux suivantes sont de Katleen Engelen
Elle réalise des sculptures féeriques extraordinaires depuis l'enfance.
 Ses fées sont empreintes d'une émotion,
d'une sérénité et d'une finesse douce et délicate...




Enfin, découvrez des poupées de porcelaine, faites main par Patricia Rose






vendredi 22 janvier 2010

Magicienne


Tel est le nom de ce dessert lorrain
que Mélusine, fée et magicienne vous dévoile aujourd'hui...

Pour le réaliser, il vous faut :
- 1/2 livre de biscuits à la cuillère
- 1/2 verre de rhum
- 1 pot de gelée de framboises
- 1 pot de confitures de fraises
- 1 douzaine de fruits confits

Trempez vivement les biscuits
dans un mélange de rhum et d'eau à parts égales.
Garnissez le fond et le tour d'un moule rond.
Mettez une couche de gelée, une de biscuits,
une de confiture, puis des biscuits
et ainsi de suite jusqu'à ce que le moule soit plein;
pressez légèrement.
Le lendemain, démoulez et décorez de fruits confits,
versez autour une crème à la vanille.

Bon appétit !

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Image : Gaëlle Boissonnard



mercredi 20 janvier 2010

Femme ou louve... la légende de la loba.

On la nomme aussi La Huesera (la Femme aux Os) La Trapera (la Ramasseuse), elle symbolise pour nous l’énergie "sauvage".
La loba archétype de la femme sauvage, appartenant à la seigneurie des loups, symbolise le ressourcement et la reconnaissance a pour tâche de ramasser des os en arpentant les montagnes et les lits de rivières asséchés, c’est pourquoi on raconte que si vous errez dans le désert au coucher du soleil, vous avez de la chance, car LA LOBA peut vous prendre en sympathie et vous montrer quelque chose...quelque chose qui appartient à l’ÂME.


C’est au moyen âge qu’un troubadour de haute et bonne réputation dans les cours de fine amour qu’il fréquentait assidûment s’est retrouvé piégé en commettant certaines folies dignes d’être rapportées. La gente dame qui avait percé son cœur était loin d’être n’importe qui, il s’agissait de la Louve de Pennautier dite Loba. Loba était de haut lignage, également célèbre pour les fêtes qu’elle donnait et la mélancolie paradoxale qu’elle affichait depuis que Trencavel de Carcassonne l’avait blessée, en ne faisant aucun cas des faveurs qu’elle lui promettait. Ce troubadour déguisé ainsi en loup tenta de se rapprocher incognito du château de Puivert dans lequel se trouvait Dame Louve et ou personne ne l’attendait. Bien entendu, on l’aperçut et il se fit donner la chasse par les paysans et les soldats de Jourdain de Cabaret mari de la Dame et pourtant connu pour sa tolérance. Le compte finit cette chasse sérieusement blessé et bastonné. Il ne se tira de l’affaire qu’en amadouant par son verbe ceux qui le frappaient. On dit, qu’il fut soigné avec tendresse par Loba dans le château. Cet épisode se déroula quelque temps avant que la belle ne devint la maîtresse du Comte de Foix et ne lui donna un fils issu de lui ou du trouvère qu’elle s’empressa d’appeler Loup.


La Loba a pour unique tâche de ramasser des os. Elle a la réputation de ramasser et de conserver surtout ce qui risque d'être perdu pour le monde. Sa caverne est pleine d'os de toutes sortes appartenant aux créatures du désert: cerfs, serpents à sonnettes, corbeaux. Mais on la dit spécialiste des loups.
Elle arpente les montanas, les montagnes, et les arroyos, le lit asséché des rivières, et les passe au crible, à la recherche d'os de loups. Lorsqu'elle est parvenue à reconstituer un squelette dans sa totalité, lorsque le dernier os est en place et que la belle architecture blanche de l'animal est au sol devant elle, elle s'assoit auprès du feu et réfléchit au chant qu'elle va chanter.
Quand elle a trouvé, elle se lève et, les mains tendues au-dessus de la criatura, elle chante. C'est alors que la cage thoracique et les os des pattes du loup se recouvrent de chair et que sa fourrure pousse.
La Loba chante encore et la bête s'incarne un peu plus; sa queue puissante et recourbée se dresse.
La Loba chante encore et la créature se met à respirer.
La Loba chante toujours, un chant si profond que le sol du désert tremble et pendant qu'elle chante, la bête ouvre les yeux, bondit sur ses pattes et détale dans le canyon.
Quelque part durant sa course, soit du fait de sa vitesse, soit parce elle traverse une rivière à la nage, qu'un rayon de lune ou de soleil vient se poser sur elle, elle se transforme soudain en une femme qui court avec de grands éclats de rire vers l'horizon, libre. "

Au fait, c'est une légende mexicaine

mardi 19 janvier 2010

Le squonk


Le squonk vit au nord de la Pennsylvanie. C'est une créature très laide, consciente de son physique. A cause de sa peau plissée, recouverte de verrues et autres marques peu ragoûtantes, il se cache afin de ne pas être aperçu, et passe son temps à pleurer douloureusement sur sa propre laideur. Les chasseurs ayant essayé d’attraper des squonks se sont bien vite aperçus que cette créature était capable de s’échapper par une dissolution complète impliquant une transformation en une mare de larmes et de bulles quand il devenait captif.
On raconte qu’un certain J.P Wentling aurait réussi à en amadouer un et à le mettre dans un sac. Il le ramena chez lui,  mais le trouva bien léger. En l’inspectant, il vit que le sac n’était plus rempli que d’un liquide, seul vestige de la mélancolique créature.
La légende du squonk tient son origine probablement à la fin du XIXe siècle, lors de l'industrie du bois.

Le nom scientifique du squonk est 'Lacrimacorpus dissolvens' (corpus, signifiant corps, lacrima, larmes, dissolvens, qui se dissout)"

L'image de cette pochette de disque dévoile un squonk pensif parmi les arbres. Elle a déjà inspiré Donald Fagen et Walter Becker de Steely Dan pour une chanson de Pretzel Logic (1974) mais aussi deux années plus tard Phil Collins pour une plage de A Trick the Trail dont

voici la traduction de leur texte :

Squonk (Squonk)

Tel père, tel fils
Ni chair, ni poisson, ni os
Un lambeau rouge pend d'une bouche béante.
Vivant aux deux extrémités mais un peu mort au milieu,
En un tourbillon et une virevolte il s'enfuira.
Tous les chevaux du Roi, et tous les hommes du Roi
Ne pourront jamais faire sourire ce visage.

C'est un rusé, c'est un timide
Ne le serais-tu pas toi aussi
Effrayé d'être livré à toi-même
Il n'a pas, il n'a pas d'ami pour jouer avec lui, le Vilain Petit Canard
La pression augmente, la bulle va éclater devant nos yeux.
Pendant ce temps, parfaitement synchrone
Ses larmes tombent sur le sol
Mais si tu ne te relèves pas, tu n'auras aucune chance.

Avance un peu plus vite maintenant, il se pourrait que tu l'attrape à temps.

Miroir, mon beau miroir,
Son cœur était brisé bien avant qu'il ne vienne à toi.
Cesse de pleurer,
Le sillage qu'ils ont laissé est très visible pour tout ceux qui voient la nuit
Pour tout ceux qui voient la nuit.

En pleine saison, hors saison
Qu'importe lorsque tu ne connais pas la raison.
Avec du pain dans une main, dans l'autre une pierre
Le chasseur pénètre dans la forêt.
Tous ne sont pas chasseurs qui peut souffler dans le cor de chasse
En jetant un coup d'œil sur celui-ci tu n'as pas grand-chose à craindre.

Je suis là, je suis très féroce et effrayant
Je viens confronter mon savoir au tien.
Maintenant écoute moi ici, écoute moi, ne t'enfuis pas
Je suis un ami, je voudrais vraiment jouer avec toi
Mon ami à fourrure poussera des couinements
Je lui jouerai un tour, ensuite je le flanquerai dans mon sac
Tu ferais mieux de faire attention... Tu ferais mieux de faire attention.

Je t'ai eu, je t'ai eu, jamais tu ne t'enfuiras.

Je rentrai chez moi cette nuit-là,
Avec mon sac sur le dos, le bruit de sanglots sur mon épaule.
Quand soudain il cessa,
J'ouvris le sac, et tout ce que j'avais
C'était une mare de bulles et de larmes ? Juste une mare de larmes.

Finalement tu es une espèce très menacée
Qui place sa confiance dans un monde cruel.
Tu n'as jamais eu les choses que tu pensais devoir obtenir
Et tu ne les auras pas maintenant,
Et pendant tout ce temps, parfaitement synchrone
Tes larmes tombent sur le sol


vendredi 15 janvier 2010

L'ange


"Chaque fois qu’un bon enfant meurt, un ange de Dieu descend sur la terre, prend l’enfant mort dans ses bras, ouvre ses larges ailes, parcourt tous les lieux que l’enfant a aimés, et cueille une poignée de fleurs. Ces fleurs, tous deux les portent au bon Dieu pour qu’il les fasse refleurir là-haut plus belles que sur la terre. Le bon Dieu presse les fleurs sur son cœur, et, celle qu’il préfère, il y dépose un baiser. Ce baiser lui donne une voix et la fait se mêler aux chœurs des bienheureux".
Voilà ce que racontait un ange de Dieu en emportant un enfant mort au ciel, et l’enfant l’écoutait comme en rêve. Et ils volaient au-dessus des lieux où le petit avait joué, sur des jardins parsemés de fleurs admirables.
- Lesquelles emporterons-nous pour les planter au ciel ? demanda l’ange.
Près d’eux se trouvait un rosier magnifique, mais une méchante main en avait brisé la tige de sorte que les branches chargées de boutons à peine éclos pendaient et se desséchaient de tous côtés.
- Pauvre arbre, dit l’enfant ; prends-le pour qu’il refleurisse là-haut près de Dieu.
Et l’ange prit le rosier. Il embrassa l’enfant ; le petit ouvrit ses yeux à moitié. Ils cueillirent partout de riches fleurs, sans mépriser la dent-de-lion si souvent dédaignée, ni la pensée sauvage.
- Nous avons assez de fleurs maintenant,  dit l’enfant et l’ange fit un signe d’assentiment, mais ils ne volèrent pas encore vers Dieu.
Déjà il faisait nuit, partout régnait un profond silence ; ils passaient au-dessus d’une petite rue sombre et étroite, remplie d’un amas de vieille paille, de cendres et de balayures. C’était le jour des déménagements ; toutes ces assiettes brisées, tous ces morceaux de statues en plâtre, tous ces haillons offraient un aspect peu agréable.
Et l’ange montra à l’enfant, au milieu de ces débris, quelques fragments d’un pot de fleurs ; une motte de terre s’en était détachée, à laquelle tenaient encore les racines d’une grande fleur des champs fanée et jetée au rebut.
- Emportons-la, dit l’ange ; en nous envolant je te dirai pourquoi.
Ils s’élevèrent dans l’air, et l’ange fit ce récit :
- Là-bas, dans cette rue sombre, dans une espèce de cave, demeurait un pauvre petit garçon malade. Dès sa plus tendre enfance, il était alité. Parfois, lorsqu’il se sentait mieux, il faisait le tour de la chambre à l’aide de béquilles, et c’était tout. En été, les rayons du soleil venaient de temps en temps éclairer cette misérable demeure, et alors le petit garçon se réchauffait au soleil regardait le sang rouge circuler dans ses doigts délicats et diaphanes en disant : "Aujourd’hui, Dieu merci, j’ai pu sortir. " Il ne connaissait la magnifique verdure de la forêt que par une branche de hêtre que le fils du voisin lui avait apportée. Il tenait cette branche au-dessus de sa tête, et il lui semblait ainsi se reposer sous les grands arbres, ayant le soleil en perspective, et pour musique le chant délicieux de mille petits oiseaux.
Un jour de printemps, le fils du voisin lui apporta aussi quelques fleurs des champs, dont l’une, par hasard, avait encore ses racines. Elle fut plantée dans un pot, et placée sur la fenêtre, près du lit. Plantée par une main heureuse, elle poussa des rejetons, et produisit chaque année de nouvelles fleurs. C’était le jardin de l’enfant malade, son seul trésor sur cette terre ; il l’arrosait, la cultivait avec soin, et la plaçait toujours de manière à ce qu’elle ne perdît pas un des rayons de soleil qui pénétraient à travers la lucarne. Aussi la fleur se développait et s’embellissait avec ses rêves ; elle fleurissait pour lui, pour lui elle répandait son parfum et prenait des airs coquets. Lorsque le bon Dieu rappela l’enfant à lui, il s’inclina vers elle avant de mourir. II y a maintenant une année que l’enfant est chez Dieu, et il y a une année que la fleur est restée oubliée sur la fenêtre et s’est desséchée. Le jour du déménagement, on l’a jetée parmi les immondices de la rue, et c’est cette pauvre fleur fanée que nous avons recueillie dans notre bouquet, car elle a causé plus de joie que la plus riche fleur du jardin d’une reine.
—Mais comment sais-tu tout cela ? demanda l’enfant.
— Je le sais, répondit l’ange, parce que j’étais moi-même ce petit garçon malade qui marchait avec des béquilles. Je reconnais bien ma fleur.
Et l’enfant, ouvrant tout à fait les yeux, regarda le visage éclatant et superbe de l’ange. Au même instant, ils entrèrent dans le ciel du Seigneur, où la joie et la félicité sont éternelles. Lorsque le bon Dieu eut pressé l’enfant mort sur son cœur, il poussa des ailes à l’enfant comme à l’autre ange, et se tenant par la main, tous deux s’envolèrent ensemble. Le bon Dieu serra aussi sur son cœur toutes les fleurs, mais il donna un baiser à la pauvre fleur des champs fanée, et aussitôt elle fut douée de la voix et chanta avec les anges qui flottent autour du Seigneur, formant des cercles jusqu’à l’infini, et tous également heureux. Oui, ils chantaient tous, grands et petits, le bon enfant béni, et la pauvre fleur des champs qui avait été jetée toute fanée parmi les ordures, dans la ruelle sombre et étroite.

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Conte de  Hans Christian Andersen



jeudi 14 janvier 2010

La Bête blanche

N'avez-vous jamais entendu, un soir ou tôt le matin, en revenant du village un bruit suspect dans le champ bordant le chemin emprunté ? N'avez-vous jamais cru voir ou réellement vu une ombre blanche se faufiler entre vos jambes ?

Alors que la nuit n'était pas encore tombée, un brave homme s'en revenait de la ville où il avait été voir quelque parent. Tout encore à ses pensées, aux joyeusetés échangées et au souvenir de la délicieuse tarte aux pommes goûtée cet après-midi, il marchait d'une allure vive et insouciante. Tout à coup il perçut un bruit dans le champs qui bordait la route. Sûrement un faisan ou un rat, se dit-il. Mais le bruit s'accentua. L'homme pensa à une bête plus grosse, un renard peut-être… Soudain le bruit se fit entendre de l'autre côté de la route. L'homme se senti encerclé, le bruit provenant en alternance de gauche puis de droite, encore et encore… C'est alors que surgit une grande bête blanche d'entre ses jambes ! Il ne l'avait point vu venir et ne savait si elle était venue de gauche ou de droite… Il accéléra sa marche pris d'une frayeur que l'on peut comprendre et se dirigea vers son village. Mais la bête allait et venait, se faufilant entre les pas de l'homme sans pour autant en gêner sa marche.
L'homme qui s'était muni d'un bâton pour s'aider dans son voyage se servit de celui-ci comme d'une masse et se mit à vouloir assommer la bête. Mais au plus vite il frappait, au plus rapide elle échappait ! Le manège continua ainsi jusqu'à l'entrée du village, où l'homme essoufflé de par sa marche forcée et ses tentatives échouées d'assommer la bête, vit avec une stupéfaction sans égale, l'étrange animal blanc se transformer sous ses yeux en un homme ! Aussitôt la transformation faite, l'homme disparu en moins de temps qu'il ne faut pour le dire à l'autre bout du village !
Tour de lutins ? Bête diabolique ? Le témoin de la scène s'en retourna très vite chez lui et du faire appel à quelque boisson de celle que l'on nomme " esprits " pour s'en remettre…

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Légende de Picardie

Hommes divers : le fouetteur

On connaissait autrefois dans la forêt de Lyons, en Normandie, un être mystérieux qui en voulait aux femmes et manifestait sa présence par des cris.
Voici en quels termes, en parle un voyageur du commencement du XVIIe siècle :
"L'on contoit que du temps de Charles IX, roi de France, il y avoit en cette forest un fantosme que l'on appeloit "Foitteur" par tant que les femmes qui passoient par cette forest, se trouvoient si bien foittées que les marques demeuroient au corps, sans que pourtant elles veissent personne. Et tout incontinent se faisoit par la forest ce cri : ha ! ha ! ha ! Charles IX, qui aimoit à chasser dans cette forest, s'estant fait sérieusement enquester de cela, trouva que c'estoit chose véritable".