jeudi 12 novembre 2009

Le départ des nains provoqué par les hommes





Si vous avez lu le billet précédent, vous savez donc que les nains prennent plaisir à réparer vos chaussures, vos fers à cheval ou les socs de charrue, et que pour les en remercier, vous devez prendre soin de les payer en nature, surtout avec un bon gâteau garni de beurre ou de confitures...

Malheureusement un mauvais plaisant apporta un jour un vieux fer à cheval avec un gâteau sur lequel en guise de confiture, il avait répandu de la bouse de vache. Cette grossièreté mécontenta les maréchaux de la Lutinière, et depuis ce temps, s'ils font encore entendre le bruit de leurs marteaux dans la forge souterraine, ce n'est plus pour rendre service aux gens d'Amancey qu'ils travaillent.

Les Lutons du Trou-Manteau, sorte de grotte près de Ben-Ahin-les-Huy, étaient en bons rapports avec un homme du pays ; ils venaient jusqu'au seuil de sa maison, à la nuit tombante, prendre les menus objets qui avaient besoin d'être raccommodés et les présents que le bonhomme y ajoutait de bon cœur. Mais sa femme qui était méchante, voulut le brouiller avec les petits hommes ; elle déposa en cachette sur le seuil du sel au lieu de farine, du tan moulu au lieu de café et des tartines moisies. Le lendemain à son lever, elle s'aperçut que sa cuisine avait été complétement dévalisée ; elle courut à la porte, et vit tous les objets qu'elle croyait perdus, transportées sur le toit et parfaitement rangés et quand le mari les descendit du toit, il découvrit dans un seau les ironiques présents que la mégère avait faits aux lutins ; il la châtia durement, mais il ne revit jamais ses amis les petits hommes.

Ceux qui, il y a bien des années, habitaient la Caverne aux Loups, en Alsace, cessèrent leurs relations amicales avec les paysans lorsque ceux-ci ayant découvert un secret qu'ils voulaient cacher, se furent moqués d'eux. Tout un peuple de nains habitait cette grotte, et ils y vivaient par couples tendrement unis ; ils ne vieillissaient pas et n'avaient point d'enfants ; ils rendaient maints services aux gens du voisinage, et se mêlaient à leurs travaux et à leurs cérémonies, où on leur donnait la place d'honneur. Une seule chose intriguait les paysans, c'est que les nains portaient de longues robes traînant à terre, qui leur cachaient les pieds. ; des jeunes filles curieuses allèrent avant le lever du soleil, répandre du sable fin sur les rochers plats qui formaient le seuil de leur demeure, et elles se cachèrent dans le bois pour voir le succès de leur ruse. Quand les petits hommes sortirent pour faire leur promenade habituelle, ils laissèrent sur le sable des traces de pieds de chèvre ; elles se mirent à rire, et les nains, voyant qu'on avait découvert leur secret, rentrèrent dans la caverne avec des mines tristes, et depuis, on ne les a plus revus.

Nains raccommodant les outils


A Houmont, dans le Luxembourg, on dit que les Lutins des cavernes faisaient jadis un commerce considérable de silex taillés, et que ce sont eux qui ont apporté ceux qu'on a trouvé en grand nombre dans un endroit appelé le Thier du Tirifin.
La Grotte de Michel à Frommelennes était habitée par des nains invisibles auxquels on portait le soir des outils ou des chaussures à raccommoder, qu'on allait reprendre le lendemain matin, en ayant soin de toujours payer ce travail en nature.
On ne voyait jamais de jour un sorcier qu'on appelait pour cela le Nuton, parce qu'il ne se montrait que la nuit ; il demeurait dans une des grottes de Montigny-sur-Meuse. On déposait le matin, à l'entrée, les chaussures qui avaient besoin d'être raccomodées, et on allait les chercher à la nuit, en lui laissant pour son salaire, des provisions de toutes sortes, jamais d'argent.
Quand on avait un fer à cheval ou un soc de charrue à réparer, il suffisait de le déposer le soir à l'entrée de la caverne appelée la Lutinière, près d'Amancey, avec un gâteau garni de beurre ou de confitures. Le lendemain matin, le gâteau avait disparu, mais le soc de la charrue ou le fer à cheval était réparé...
Plusieurs récits de l'est de la France rapportent que les nains se plurent à rendre service aux hommes jusqu'au jour où ils éprouvèrent leur ingratitude : comme les Korrigans de Bretagne, ils n'ont cessé leurs relations avec eux, et n'ont abandonné le pays qu'à la suite d'actes irrévérencieux ou méchants commis à leur égard, ce que nous verrons dans le billet suivant....

lundi 9 novembre 2009

En chacun de nous...


En chacun de nous existe un autre être
que nous ne connaissons pas.
Il nous parle à travers le rêve
et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent
de ce que nous croyons être.

***
Carl Gustav Jung

Il était une fois... un beau chêne


Il était une fois... Un beau chêne si grand et si robuste, qu'il faisait l'admiration de toute la forêt. Bruno l'écureuil y avait établi son refuge qu'il bourrait de glands provenant de l'arbre majestueux. Sur la plus haute branche, Madame Rossignol avait dressé fièrement son nid. Et entre les racines énormes, gîtait Pomponet le lapin.
En résumé, tous y trouvaient un logis confortable. Mais hélas, ce beau chêne était aussi convoité par des bûcherons. Ceux-ci étaient venus s'installer depuis peu dans le bois afin de commencer leurs travaux d'abattage. C'est ainsi qu'un beau jour, munis de leurs haches et scies, arrivèrent deux solides gaillards. Ils cernèrent le vieux chêne et se mirent à le marteler de leur cognée. L'arbre gémissait sous la douleur qu'on lui infligeait.
Mais que pouvait-il faire, le malheureux ? Il saignait sa sève un peu de partout et il sentait, impuissant, qu'il ne résisterait pas longtemps...
Réunissant ses dernières forces, il fit frémir branches et feuilles en un ultime appel de pitié. Ses amis Pomponet et Bruno folâtraient non loin de là. Ils entendirent l'appel de leur ami et accoururent à toute vitesse.
- Hô ! s'écrièrent-ils en chœur devant l'affreux spectacle.
Mais que faire ? Comment débarrasser leur ami de ces intrus malveillants ?
Tout à coup, Bruno eut une idée.
S'adressant à son compagnon, il lui dit :
- File à ton terrier sous les racines ! Hurle et grogne de toutes tes forces, sans te faire voir !
Sans chercher à comprendre, le lapin obéit. Profitant de quelques minutes de pause des bûcherons, il s'engouffra dans son refuge.
- Ah, mes amis, dit l'arbre dans un soupir, il va vous falloir trouver un autre logis car je vais mourir...
- Allons, ne dis pas de bêtises, lui répondit Pomponet. Nous allons t'aider.
Et puis, nous ferais-tu douter du proverbe : " Solide comme un chêne " ? Allez, un peu de patience...
- Bon, s'exclamèrent les bûcherons, au travail !
Ils s'avancèrent en direction du vieux chêne, déjà très mal en point.
Mais, à peine eurent-ils saisi leur cognée, que Pomponet exécuta les consignes.
- Houuu ! Hou... ! Grrrrrr... ! Et grrrrrrrr... ! grogna le lapin.
Au même instant, Bruno se mit à bondir de toutes ses forces, de branche en branche, surtout sur les plus garnies. Les glands se mirent aussitôt à pleuvoir sur les intrus. Les deux hommes, jetant des regards effarés de tous côtés, se mirent à courir, à courir... laissant là leurs outils.
- Merci mes bons amis ! dit le vieux chêne à l'adresse de Bruno et Pomponet. Vous m'avez sauvé la vie.
- Bah ! Ce n'est rien, répondirent ceux-ci. De toute façon, tu t'en serais bien tiré tout seul ! Tu es si énorme que ces deux bûcherons auraient bien fini par abandonner.
Ensemble, ils se mirent à panser les blessures du vieux chêne avec de la terre et des feuilles séchées. L'arbre, pour les remercier, écarta largement ses racines afin d'agrandir le terrier de Pomponet. Et il promit de donner, l'an prochain, encore plus de glands pour son ami Bruno.

***
Conte du Québec


L'oignon


L'oignon appartient à la famille des Liliacées. Il diffère des autres espèces du genre par son bulbe volumineux mais présente, comme les plantes apparentées, de longues feuilles tubulaires. En raison de ses nombreuses propriétés thérapeutiques, on le surnomme parfois le "roi des plantes médicinales". En coupant un oignon, chacun peut ressentir l'effet de ses huiles essentielles soufrées, qui font pleurer.

En usage interne, l'oignon exerce son action stimulante sur l'ensemble du tube digestif et sur les sucs digestifs. Il possède aussi un effet diurétique et fluidifie les sécrétions bronchiques. Il contribue par ailleurs à la dégradation du "mauvais" cholestérol, protégeant ainsi le cœur et les vaisseaux et prévenant l'artériosclérose et l'infarctus.

On l'utilise en outre avec succès contre la toux.

En usage externe, l'oignon est essentiellement utilisé contre les douleurs d'oreille, ainsi qu'en cas de piqûres d'insectes, d'abcès et de brûlures.

Action thérapeutique

L'oignon est un diurétique puissant, à consommer cru de préférence. Il a ainsi une action favorable sur les vaisseaux en diminuant la tension artérielle, mais aussi en abaissant le taux de cholestérol –LDL, le mauvais cholestérol qui a tendance à se déposer sur les artères. À ce titre, c'est un aliment recommandé pour prévenir l'artériosclérose.

Consommé cuit, l'oignon améliore la digestion des graisses et des féculents. Il a aussi un effet anti-inflammatoire, antibiotique naturel et expectorant, qui peut-être intéressant lors d'affections respiratoires.

Enfin, en usage externe, son pouvoir bactéricide aide à la cicatrisation

Composants

L'oignon, comme le poireau qui lui est apparenté, contient des composée soufrés (tels que le disulfure d'allyle), des vitamines A, B1, B2, C et E, de l'acide nicotinique, des sels minéraux (calcium, magnésium, manganèse, phosphore, fer et soufre), ainsi que des protéines et des flavonoïdes.

Dernier conseil :

Après avoir coupé des oignons, vous sentez souvent pendant longtemps leur odeur sur vos doigts. Pour remédier à cet inconvénient, frottez vos mains avec du jus de citron frais, qui neutralisera l'odeur persistante.

Conseils culinaires

- N'achetez que des oignons non germés et conservez-les dans un endroit sec, aéré et frais.

- Pour retarder la germination, flambez les racines à la flamme.

- Les oignons d'hiver sont plus doux au goût que le soignons d'été. Ils résistent au gel et peuvent passer l'hiver à l'extérieur.

- Un demi-oignon se conserve jusqu'à trois jours si on le pose face coupée vers le bas sur une petite assiette saupoudrée de sel.

- Choisissez toujours les petits oignons de préférence aux gros : ils ont des vertus stimulantes plus prononcées et sont souvent plus savoureux.

Vin d'oignon contre les refroidissements

Hachez menu 500 g d'oignons, réduisez-les en purée dans un mortier et filtrez à travers un linge. Ajoutez au jus obtenu, 100 g de miel et 25 cl de vin blanc. Conservez le vin d'oignon dans une bouteille, au frais. Buvez-en 1 cuillerée à soupe 3 fois par jour.

Le vin d'oignon est bactéricide, expectorant et mucolytique.


Cure diurétique

La médecine populaire connaît depuis fort longtemps l'action drainante et diurétique de l'oignon.

Pour une cure de 1 jour, préparez une salade en hachant finement 15 oignons moyens ; assaisonnez selon votre goût d'huile, de citron et de crème fraîche. Consommez la salade en plusieurs fois au cours de la journée, jusqu'à obtention de l'effet diurétique souhaité.

Cette cure d'oignons s'est révélée efficace pour lutter contre l'œdème en général.


Contre le rhume

Débitez environ 500 g d’oignons en rouelles et laissez-les toute la nuit sur la table de chevet à proximité de votre tête. Libère les voies respiratoires et décongestionne les muqueuses.

Alternative : hachez menu un oignon et cuisez-le brièvement dans de l’eau. Versez le tout dans un inhalateur et respirez la vapeur. Vous pouvez utiliser un bol. Couvrez votre tête et le bol d’un linge de bain et inhalez.


Contre les otalgies

Ils soulagent rapidement les douleurs d’oreilles. Hachez menu un oignon de taille moyenne et mettez-le dans un mouchoir.

Chauffez le tout à la température du corps.

Posez le sachet sur l’oreille douloureuse et maintenez-le avec une écharpe pendant une heure au moins.


mardi 27 octobre 2009

Joyeuse Halloween !

Mi fée, mi sorcière, notre association "Aby-Mélusine"
ne peut s'empêcher de venir vous souhaiter
une JOYEUSE HALLOWEEN,
et plus particulièrement

un moment de rencontre agréable avec votre famille,

en visite sur les tombes de vos chers disparus !

C'est le cas précis pour nous,

où vous vous doutez bien que cette période est assez pénible
par la perte récente de notre maman et mamy

C'est pourquoi je ne suis pas très assidue

dans mes rendez-vous avec vous et chez vous...
mais je vous promets de régler cela très bientôt


A bientôt
Gros bisous
Aby et Mélusine


Les amants de la forêt de Chiny

C'était il y a bien longtemps, quand il y avait encore des fées dans les forêts. Le comte de Chiny n'était pas bien riche, et il aimait la fille du duc de Lorraine. Il n'avait pas la moindre chance d'être reçu. Pensez ! Il n'avait qu'un vieux château tout humide, au milieu de forêts où on ne voyait guère que des charbonniers. La fille du duc méritait meilleur parti.
Un jour, le duc de Lorraine vint avec sa fille et sa suite visiter son vassal, le comte de Chiny. Le comte les reçut du mieux qu'il pouvait, et évidemment il ne pouvait s'empêcher de regarder la fille du duc. A un regard, il a compris que son amour était payé de retour. La fille l'aimait aussi ! mais ça n'arrangeait rien, c'était le duc qui décidait, pas la fille.
Ils se sont parlé, le comte et la fille, et ils se sont enfuis dans la forêt, au plus profond, aussi loin qu'ils pouvaient. Là, ils ont rencontré une fée. la fée le sa pris sous sa protection, elle leur a fait apparaître un magnifique château qui n'était visible que d'eux seuls. Alors, pendant des mois et des mois, les deux amoureux ont vécu dans le château. De temps en temps, la fée passait les voir. Elle se plaignait des évangélisateurs qui pénétraient son domaine, des forestiers qui commençaient à adorer ce qu'elle appelait un supplicié sur une croix... En disant cela, elle jetait toujours un œil méchant vers la petite croix d'or que la fille du duc portait autour du cou.
Les deux amoureux n'avaient qu'une distraction : la chasse. Un jour qu'ils poursuivaient un sanglier, ou un cerf, je ne sais plus, ils tombèrent au milieu d'une troupe de soldats du duc de Lorraine. Les soldats les reconnurent et les menèrent au duc.
La colère du duc était tombée. Puisque sa fille aimait le comte, et qu'elle vivait avec lui depuis des mois, il autorisa le mariage. Que pouvait-il faire d 'autre ?
Ils se sont mariés, et ils ont eu beaucoup d'enfants. Le comte a essayé de retrouver le château de la fée, mais il ne l'a jamais revu, pas plus que la fée d'ailleurs. Lui aussi avait trahi les anciennes croyances, puisque c'est un curé qui avait béni son union avec la fille du duc.
Ce récit recueilli auprès de Mme Maria Pierret, d'Alle-sur-Semois, née dans ce village, en 1906, connaît d'autres versions. Celle-ci, populaire, relie les fées aux croyances pré-chrétiennes, d'où son intérêt.

***
Tiré du livre : La Lorraine des légendes
de Roger Maudhuy
Éditions France-Empire

Les copeaux d'or

Il était une fois, dans un village, un menuisier sans fortune qui s'appelait Simonot. En manière de plaisanterie, les gens du voisinage l'avaient baptisé Sycomore, et le sobriquet lui était resté.
Tout le jour, Sycomore était penché devant son établi, mesurant, sciant, clouant, poussant le ciseau ou la varlope et façonnant avec adresse des bancs, des tables, des armoires, des commodes ou des bahuts.
Un jour où notre ébéniste était occupé à faire chauffer sa colle forte sur le petit poêle à trois pieds qui occupait un coin de l'atelier, une femme, pauvrement vêtue, s'en vint cogner à la porte et entra dans la boutique. Le menuisier ne se souvenait pas d'avoir jamais vu cette femme. Elle paraissait très âgée, elle avait un visage ridé comme le cou des poulets plumés. Elle se tenait toute bossue sous le fichu loqueteux qui lui couvrait les épaules. Elle portait une méchante robe qui ne valait pas quatre sous ; Sycomore se dit en lui-même :
- C'est sans doute quelque bohémienne, comme on en voit de temps à autre sur les chemins. Elle va me proposer de me dire la bonne aventure...
Cependant, la visiteuse n'avait pas la mine hardie de ces vendeuses de corbeilles. Elle se tenait là, sans bouger, pareille à une mendiante qui n'aurait pas osé tendre la main. L'ouvrier en eut pitié et demanda d'un ton cordial :
- Eh bien ! grand-mère, qu'y a-t-il pour votre service ?
- Monsieur le menuisier, dit poliment la femme, j'aurais besoin d'une armoire. La mienne est à bout d'usage. Les planches ne tiennent plus ensemble, et les souris se glissent par tous les trous...
- Ah ! je comprends, fit en riant le compagnon, vous avez peur que ces bestioles dévorent votre bas de laine !...
- Hélas ! non, mon bon monsieur. Je suis une pauvre veuve, sans fortune d'aucune sorte. Par les mauvais jours de l'hiver, je ramasse le bois mort dans les chemins, pour allumer mon feu. Au temps de la moisson, je vais glaner dans les champs. Je fais aussi la cueillette des mûres et des prunelles. Je vends le cresson de fontaine, l'aigremoine et la verveine.
- Ainsi, demanda-t-il, vous voulez une armoire ?
- Oui, monsieur le menuisier, une solide armoire de chêne, s'il vous plaît. Toutefois, je dois vous dire que vous devrez sans doute attendre assez longtemps le règlement de votre compte... Les écus sont rares chez moi.
- Bah ! répliqua Sycomore, je vous ferai le plus juste prix.
- Vous êtes un brave garçon, monsieur le menuisier. Ne tardez donc point, je vous prie, à vous mettre à ce meuble que je vous demande. J'en ai le plus pressant besoin. Pour bien faire, il faudrait que le travail fût achevé dans la huitaine. Songez-y.
Après qu'elle eut achevé ces mots, la vieille s'en alla clopinant, du même pas qu'elle était venue. Quand la femme eut disparu, le menuisier se gratta le menton.
- Eh bien ! voilà pour moi de belle besogne !... Une solide armoire de chêne que je dois livrer dans huit jours et qui ne me sera jamais payée ! Par ma foi, cette cliente aurait mieux fait de passer son chemin !
Et, tout en attisant le feu pour réchauffer son pot à colle, Sycomore se disait encore, tout mal gracieux :
- Vraiment, je serais bien sot de travailler dans de pareilles conditions. Ah ! mais non, mille fois non, je ne ferai pas cette armoire.
Au bout d'un petit moment, l'ouvrier se ravisa :
- Tout compte fait, cette quémandeuse a l'air d'une honnête personne... Cela m'ennuie de savoir que les souris entrent dans son placard, dévorent le peu de pain qu'elle a à manger... Allons, je ferai l'armoire, et même, je vais m'y mettre tout de suite ; mais je la ferai en sapin.
Et déjà, le menuisier commençait à choisir les planches qu'il voulait utiliser, quand il eut un remord au cœur. Il se prit à dire tout haut :
- Ah ! Simonot, mon ami, ce n'est pas beau, ce que tu fais là ! Du méchant sapin de deux sous pour cette pauvre grand'mère ! On croirait véritablement que tu veux lui fabriquer son cercueil !
Il posa la planche de sapin et déclara d'un ton décidé :
- Je façonnerai l'armoire dans du bois de merisier. C'est élégant, c'est solide ; la cliente sera contente...
Et, pour la seconde fois, Sycomore met de côté les planches dont il a besoin. De sa poche il tire son mètre et commence ses mesurages. Puis, la première lame de bois déjà serrée dans l'étau, prêt à pousser la varlope, le menuisier réfléchit :
- Eh bien, non ! Je me ferais honte ! Cette pauvre mère Carabosse m'a commandé une solide armoire de chêne, je dois faire le travail comme elle me l'a demandé.
Alors, il desserre son étau, il choisit dans sa boutique la plus belle planche de chêne et, cette fois, sans plus attendre, il entreprend son ouvrage. Et dzz, et dzzz, et dizizz... trois grands coups de rabot pour débuter.
La fine lame de l'outil écorche le bois tout vif. Les copeaux volent en sifflant, se recroquevillent sur eux-même et s'abattent au pied de l'établi. Sycomore ne s'arrête plus. Il a retroussé ses manches... Il pousse à grands élans son outil sur la planche... Il a chaud, son front ruisselle. L'homme veut rattraper le temps perdu. Il songe à cette infortunée glaneuse. Il s'est juré, cette fois, qu'il ne la ferait pas languir. Au bout d'une vingtaine de minutes, il sue à grosses gouttes.
Sycomore souffle un instant. Les poignets et les épaules lui brûlent d'avoir tant besogné. Il s'arrête quelques secondes et, d'un geste machinal, chasse du revers de la main, les copeaux demeurés sur l'établi... Mais, quelle est cette merveille ? Sycomore se frotte les yeux... Il ramasse au creux de sa paume quelques-unes de ces minces lamelles de bois échappées de sa varlope. Il les soupèse et les regarde avec des yeux égarés : les copeaux luisent comme de l'or ! L'artisan vient à sa fenêtre et les examine plus attentivement... C'est bien de l'or ! Des copeaux d'or ! Tout le sol en est couvert ! A la vue d'un tel miracle, notre homme est tout ébloui.
- Ah ! je comprends, s'écria-t-il. La pauvresse de tout à l'heure était une magicienne, une fée déguisée en mendiante. Elle est venue me mettre à l'épreuve. Elle a voulu savoir si j'aurais pitié de sa misère, et maintenant elle me remercie en me faisant cadeau de ces précieux copeaux dont chacun vaut un écu d'or. Ah ! me voilà riche à présent, plus riche que le roi en personne.
Tout en criant de la sorte, le bonhomme s'agite, gesticule comme un insensé. Il se remue tant et si bien que sa tête s'en vient cogner contre le couvercle du pot à colle...
Simonot se réveille en sursaut... Il regarde autour de lui... Rien n'est changé dans la boutique, et les copeaux qui jonchent le sol ne sont que d'honnêtes copeaux de hêtre et de noyer ! Aucune visiteuse n'est venue : tout cela n'était qu'un songe. L'ouvrier soupire un peu, et puis il rit tout de même :
- Bah ! fait-il sans amertume, peut-on être sot quand on rêve ! Des copeaux d'or, voyez-vous ça ! Allons, compagnon Simon, assez de songerie pour aujourd'hui. L'or ne donne pas le bonheur et les gens qui roulent carrosse ont leurs soucis tout comme nous !
Là-dessus, le menuisier frotte la bosse qu'il s'est faite au front, reprend son mètre pliant, sa scie au fin ruban d'acier et puis se remet à l'ouvrage en sifflotant.

***
Une légende de Georges Riguet

La fée du lac enlevant une jeune fille


En période d'Halloween, difficile de parler des fées... les sorcières sont plutôt les stars du moment . Si vous souhaitez en savoir plus sur leur monde, rendez-vous au grimoire d'Abigail

Et pour rester dans les jours de la "peur", voici une gracieuse légende de la vallée d'Aoste, où l'intervention du génie qui emporte une malheureuse au fond des eaux a été provoquée par une incantation imprudente. Trois jouvencelles qui venaient folâtrer sur les bords du joli lac de Forneil et se plaisaient à s'y baigner, chantaient parfois et disaient en s'adressant au lac : "Lèi, lèi, pren la piu bella de nu trè ! Lac, lac, prends la plus belle de nous trois ! Un jour d'été, vers le soleil couchant, lorsqu'elles répétaient ce refrain en se baignant les pieds, la plus jeune poussa un cri de détresse, et attirée par une force invincible jusqu'au milieu du lac, elle disparut.
La fée du lac avait pris la plus belle des trois filles et elle ne l'a jamais rendue.

lundi 26 octobre 2009

Collection de fées

Grâce à Isis et son groupe, j'ai pu agrandir ma collection de fées...
Bien sûr, j'ai fait des recherches
pour trouver d'autres petits personnages de ce style
et découvert ainsi sa créatrice : Lisa
Vous pouvez aller sur son site et enregistrer ses personnages...
En voici quelques uns pour vous...
uniquement des fées...
Ne sont-elles pas mignonnes ?
Cliquez sur les images pour les agrandir et les enregistrer

Rendez-vous sur les grimoires d'Abigail
pour retrouver leurs sœurs sorcières !!

mais aussi une jolie vampirette